Chronique boursière : Mois de juillet positif pour les bourses américaines portées par les résultats des entreprises

 

Indice 31.07.2017 Perf. YTD
S&P 500 (US) 2’476.35 10.6%
Dow Jones (US) 21’963.92 11.1%
Nasdaq (US) 5’895.17 21.1%
Euro Stoxx 50 3’477.39 5.7%
DAX (ALL) 12’251.29 6.7%
FTSE 100 (UK) 7’423.66 3.9%
Nikkei 225 (JP) 20’082.09 4.6%
SMI (CH) 9’055 10.2%
Hang Seng (HK) 27’5430.23 25.2%
Gold 1’267.25 10.2%
Oil (WTI) 48.83 -8.9%

                                               Source : FUW

 

Le mois de juillet a été haussier pour les bourses américaines, soutenu par des résultats d’entreprises généralement satisfaisants :  deux tiers des sociétés ayant déjà publiés leurs résultats ont dépassé les attentes des analystes. Le Dow Jones a établi un nouveau record et flirte avec les 22’000 points tout en affichant une solide performance de plus de 11% depuis le début de l’année. En revanche, le mois de Juillet a été légèrement négatifs en Europe. Le VIX – la jauge de la volatilité – s’est maintenue très basse durant le mois de juillet, touchant même les 9%.

Parmi les sociétés financières américaines, les résultats trimestriels présentés étaient mixtes. Citigroup a dépassé les attentes mais n’a pas satisfait les investisseurs. Il en va de même pour Bank of America et Goldman Sachs dont les activités de courtage ont déçu.

Les deux grandes banques suisse, UBS et Crédit Suisse, ont publié des solides résultats. UBS a vu ses activités de gestion de fortune croître ; elle enregistre un afflux net de capitaux à hauteur de 32 milliards. Chez Crédit Suisse, le bon résultat est principalement dû à son programme de réduction des coûts. En Angleterre, HSBC a publié de bons résultats grâce à une bonne maitrise des coûts malgré la menace du Brexit.

Parmi les perdants du secteur bancaire, on relève surtout les établissements dont le trimestre a été pénalisé par des démêlés judiciaires divers… Barclays a annoncé une perte suite à une provision de 700 millions de livres pour la commercialisation litigieuse de produits d’assurances de prêt. Wells Fargo et Lloyds sont chacune empêtrées dans des scandales d’assurances crédit. Société Générale a eu un mauvais trimestre impacté par le litige libyen. Les chiffres de Deutsche Bank étaient mauvais suite à des affaires judiciaires. Enfin, JP Morgan, qui a déçu les investisseurs, va devoir verser 71 millions de dollars pour des manipulations de taux d’intérêts.

Beaucoup de banques ont été pénalisées par la faible volatilité qui s’est répercuté sur les activités de trading. Néanmoins, elles devraient bénéficier de l’environnement de hausse de taux actuel ainsi que, pour les banques américaines, de la nouvelle possibilité d’effectuer des buybacks et d’augmenter les dividendes.

Dans le secteur de la consommation courante, les chiffres publiés sont généralement encourageants. Aux Etats-Unis,   Procter & Gamble et Mac Donald ont sorti de bons résultats. En Europe, Adidas a augmenté ses prévisions. Nestlé et Danone ont tous deux excédés les attentes. Inbev dépasse aussi les attentes après son acquisition de SABmiller. Malgré ces bons résultats, ce secteur est devenu relativement cher et affiche des P/E (Price on Earnings) au-dessus de la moyenne.

Dans le secteur du luxe, LVMH (Dior, Louis Vuitton, Hublot), Hugo Boss et Richemont (Cartier, MontBlanc) excédent les attentes. LVMH émet des prévisions prudentes. Kering (Gucci, YSL) et Swatch, dont les résultats n’ont pas été en ligne avec les attentes émettent des prévisions optimistes pour 2017.

Les compagnies pétrolières américaines n’ont pas brillé. Les activités d’exploration et d’extraction d’Exxon ont déçu (Upstream business), mais sa croissance des bénéfices reste bonne. Chevron a raté les attentes en termes de bénéfice par actions. Les pétrolière européennes ont mieux performé et elles ont présenté des résultats au-dessus des attentes : Total a renforcé sa position financière et Royal Dutch Shell a amélioré son cash-flow. Elles ont bénéficié d’un prix du baril moyen légèrement plus cher pour le deuxième trimestre. 

Avec plus de 21% de hausse depuis le débit de l’année, le secteur de la Technologie, malgré sa récente correction, affiche la meilleure performance sectorielle. Dans les gagnant, Microsoft a présenté de bons chiffres grâce à ses activités de « cloud ». Netflix et Verizon ont aussi publié des chiffres supérieurs aux attentes.  Ceux d’Apple sont sorti meilleurs que prévu grâce à un accroissement des ventes. Parmi les perdants ; Twitter accuse une perte et souffre d’une stagnation du nombre d’utilisateurs. Google (Alphabet) a été pénalisé par une amende record de 2.4 milliards de dollars en Europe. Ebay et Amazon ont publiés des chiffres décevants.

 INDICATEUR MACRO-ECONOMIQUES

Les derniers indicateurs économiques publiés furent bon. Aux USA, le GDP va continuer a cru de 2.6%. L’IFO  en Allemagne est sorti très bon à 116. En Angleterre le PMI a augmenté à 55.4

Le FOMC (Federal Open Market Committee) maintient sa position face à un ralentissement de l’inflation qui reste en-dessous de son objectif de 2% mais n’a pas précisé de date quant à la réduction de son bilan. Ces commentaires, qui ont été perçu comme « dovish » (complaisant) par les marchés ont fait baisser le rendement du 10 ans ainsi que le dollar qui se traite à 1.18 contre EUR. Cette faiblesse persistante du  billet vert a aidé non seulement le pétrole à toucher la barre des 50 dollars et mais a aussi aider l’or à se reprendre quelque peu durant le mois de juillet.

La modification de la loi sur la santé s’est soldée par un échec. Ce revers remet en doute la capacité de Donald Trump à respecter son agenda économique sur la loi fiscale. Une réforme fiscale promises attendue par les marchés attendaient…

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Chronique boursière du 10 au 14 juillet

Cette semaine, nous avons assisté à une avalanche de chiffres macro-économiques positifs aux Etats-Unis et en Europe. Le Dow Jones et le S&P 500 ont atteint des niveaux records.

PERFORMANCE DES INDICES DEPUIS LE 01.01.2017

Euro Stoxx 50 3’525.94 7.2%
DAX (ALL) 12’631.72 10 %
FTSE 100 (UK) 7’378.39 3.3%
SMI (CH) 9’034.57 9.9%
Dow Jones (US) 21’637.74 9.5%
S&P 500 (US) 2’459.27 9.8%
Nasdaq (US) 5’838.08 20 %
Nikkei 225 (JP) 20’118.86 5.3%
Hang Seng (HK) 26’389.23 19.9%
Gold 1’226.68 6.7%
Oil (WTI) 46.54 -7.11%

Source : FUW

ETATS-UNIS

Les chiffres de l’emploi américain sont sortis au-dessus des attentes avec la création de 220’000 nouveaux postes au lieu des 173’000 attendus. Les indicateurs macro-économiques pour le mois de juin sont sortis en amélioration comparé au mois de mai : l ’indice ISM (57.4), l’indice des nouvelles commandes (60,7) ainsi que le PMI Markit des services sont en augmentation, signe d’une économie en pleine forme.

Le taux de chômage a néanmoins légèrement augmenté à cause d’une hausse du taux de participation. Seul bémol : les salaires horaires moyens stagnent ce qui empêche le niveau de l’inflation d’atteindre l’objectif des 2% fixées par la Fed.

Janet Yellen, la Présidente de la Fed, s’était montrée précédemment inquiète par le niveau elevé du marché des actions. Cette semaine, elle a tenu devant le Congrès un discours complaisant et sans surprise. Convaincue que l’économie américaine est assez robuste pour absorber un nouveau resserrement monétaire, elle a déclaré que la Fed sera prudente dans ses décisions. Les hausses des taux ainsi que la diminution du portefeuille obligataire de la Fed vont être effectué de manière graduelle. Elle a précisé que la Fed commencerait à réduire son bilan probablement avant la fin de l’année. Enfin, elle a ajouté que le taux d’intérêt ne devrait pas beaucoup augmenter à terme.

Ses propos ont rassuré les intervenants du marché qui ont interprété cela comme un ralentissement de la hausse des taux. Le marché des actions ainsi que le marché obligataire ont donc bénéficié de ces propos. Le Dow Jones et le S&P 500 ont touché de nouveaux records historiques. Le rendement du 10 ans américain a baissé à 2.34 et le dollar,  aussi lié au taux d’intérêt,  à également baissé contre le panier de devises étrangères.

Le Nasdaq, quant à lui, avait été pénalisé par la correction des « FAANGS » mais affiche tout de même une belle performance de 20% depuis le début de l’année.

Le secteur de l’énergie a été poussé par un pétrole qui s’est repris : dans la semaine le prix du WTI (West Texas Intermediate) a augmenté de 5.3% et le Brent de 4.5%.

 

EUROPE

Les chiffre sortis en Europe ont aussi été encourageants tels la production industrielle en Allemagne, en France et en Espagne. Le PMI de la zone Euro a augmenté à 57.4 bien en-dessus du seuil des 50 caractérisant une économie en expansion. Suite à ces chiffres positifs, l’euro s’est raffermi contre franc suisse. Une faiblesse du CHF contre EUR démontre une pause de l’aversion au risque de la part des investisseurs.

 

Publication de résultats trimestriels des entreprises…

Nous sommes en début de saison des publications trimestrielles des résultats des entreprises. Vendredi, les financières américaines ont publié des résultats au-dessus des attentes. Cette semaine, des publications de poids lourds de l’économie devraient donner une orientation au marché. En attendant ces résultats, je vous souhaite une excellente semaine.

GLOSSAIRE :

ISM Manufacturing Index : Index basé sur 300 compagnies du secteur manufacturier par l’institut ISM

Chronique boursière du 26 au 30 juin : Premier semestre 2017 positif sur les actions et l’or.

 

PERFORMANCES DES INDICES DEPUIS LE 01.01.2017

 

S&P 500 (US) 2’423 8.2%
Dow Jones (US) 21’349 8.0%
Nasdaq (US) 5’646 16.1%
Euro Stoxx 50 3’441 4.6%
DAX (ALL) 12’325 7.4%
FTSE 100 (UK) 7’312 2.4%
Nikkei 225 (JP) 20’033 4.8%
SMI (CH) 8’906 8.4%
Hang Seng (HK) 25’764 17.1%
MSI World Index 1’916 9.3%
Gold 1’241.68 7.8%
Oil (WTI) 45.87 -16.4%

                                   Source : FUW

 Vers la fin de divergences de politiques monétaires ?

Mario Dragui, le Président de la Banque Centrale Européenne (BCE), a donné cette semaine un discours optimiste. Il a annoncé qu’il ne voyait plus de risques déflationnistes pour la zone Euro. Bien que son discours ait été sujet à des spéculations quant à la direction future de la politique monétaire de le BCE, cela a envoyé l’Euro au plus haut depuis un an. La devise européenne a terminé le semestre à 1.14 contre dollar. Elle a pris 8.78 % depuis le début de l’année.

Après une augmentation ce mois-ci du taux directeur américain de 25 points de bases de la part de la Reserve Fédérale Américaine (FED), La Banque Centrale Européenne (BCE), Bank Of England (BOE) et Bank of Canada (BOC) semblent envoyer elles aussi des signaux moins dovish (complaisants) aux marchés. Ces signaux inattendus ont fait baisser le dollar contre les autres devises car dans ces conditions, le billet vert perd de son attractivité ; son rendement devient relativement moins intéressant. En revanche, cela à fait augmenter le rendement du bon du trésor américain à 10 ans à 2.29%.

Ce premier semestre a été caractérisé par une volatilité basse malgré le lot d’incertitudes politiques dont nous avons discuté dans nos précédentes chroniques. Mais à fur et à mesure que les banques centrales retireront leurs liquidités des marchés, cette volatilité devrait augmenter.

Au niveau macroéconomique, l’inflation peine toujours à décoller. L’inflation sous-jacente pour la zone Euro (l’inflation exemptée des éléments volatils tels que l’énergie et l’alimentation) est sortie à 1.3% pour le mois de juin (contre 1.4% pour mai). Pour les Etats-Unis, le PCE (l’indice suivis de près par la Fed) a également ralenti et est sorti à 1.4% pour mai.

Rotation sectorielle : Des performances disparates

Affichant une généreux 16% depuis le début de l’année, le secteur de la technologie conserve la meilleure performance semestrielle du S&P 500 malgré les faiblesses des FAANG (Facebook-Amazon-Apple- Netflix- Google) qui lui ont couté -3% de baisse cette semaine.

Le secteur de la santé affiche la deuxième meilleure performance du S&P 500 avec 15% bien que le report du vote sur la réforme de la santé au 4 juillet l’ait fait faiblir cette semaine de -1.7%.

Le secteur de la finance a bien performé cette semaine suites aux bonnes nouvelles parues. La FED va autoriser l’augmentation des dividendes et des rachats d’action à 35 banques. De plus, toutes les banques américaines ont passé les stress tests avec succès (ce sont des tests de résistance bancaire face à des situations de crises). Enfin, les valeurs bancaires ont aussi été aidées par la hausse du taux américain car cela accroit leurs marges. Le secteur a pris 4.1% dans le mois.

Le secteur de l’énergie a été le gros perdant du semestre ( -14.7%). Il a été entraîné par la chute du pétrole. Uniquement sur le mois de juin, il a perdu 10 USD à cause d’une offre de brut excédentaire. Cela dit, la faiblesse récente du dollar américain a limité quelque peu la casse.

LES PRINCIPAUX INDICES AMERICAINS DEPUIS LE 01.01.2017

 

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Source : Swissquote

Fortement influencée par les marchés américains, la bourse européenne (Stoxx 600) a eu des performances sectorielles pour le semestre très similaire. Les secteurs de la technologie et de la santé (respectivement 12.4% et 13.7% de performance) sont en tête et la plus mauvaise performance a été attribuée au secteur de l’énergie (-11%). L’Euro sera à surveiller car sa hausse récente pourrait pénaliser les entreprises européennes exportatrices.

Cette semaine, nous serons en attente du rapport mensuel des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis et des enquêtes PMI (Purchasing Managers Index). Nous serons aussi en attente de la saison des publications trimestrielles des entreprises.

 

Un marché de divergences…

Secousses sur le Nasdaq

Le Nasdaq ( l’indice phare des valeurs technologiques) ne s’est pas totalement remis des turbulences récentes qu’il a subi suite au mini crash des « FAANG » (Facebook-Apple- Amazon-Netflix- Google). Ces valeurs avaient emporté dans leur sillage les autres valeurs technologiques de l’indice. Les FAANG ont vite remonté ; des traders ayant profité d’acheter ces titres sur faiblesse. Cela dit, elles accusent tout de même des pertes de l’ordre de 4% depuis leur plus hauts.

Pendant ce temps, le Dow Jones – un indice plus défensif regroupant 30 majors américaines – continuait son ascension à des records historiques . Nous avons assisté à une divergence entre le Nasdaq et le Dow Jones. Ces 5 dernières années, le Nasdaq a pris 135% alors que le Dow Jones a augmenté de 69%. Depuis le début de l’année, le Nasdaq affiche une performance de près de 19% alors que le Dow Jones affiche une performance plus modérée de 8.27 %.

Au niveau sectoriel c’est le secteur de la santé – qui inclue les grands groupes pharmaceutiques, les « medtechs », des assureurs ainsi que la « biotech » – qui a le mieux performé cette semaine. Cette performance est due à la proposition de réforme sur la loi de la santé proposée par les Républicains,

Les valeurs pétrolières en chute libre

Les valeurs pétrolières ont poursuivi leur chute libre à cause d’un excès d’offre de pétrole sur le marché. Elles sont pénalisées par un pétrole qui est également en chute libre depuis le début de l’année (environ 20%). L’indice DJ US Oil and Gas (indice sur les valeurs pétrolières américaines) a perdu près de 16% depuis son pic en mi-décembre. De plus, une pléthore de titres pétroliers ont été revu à la baisse (downgrade) par des analystes ce qui ne devrait pas jouer en leur faveur.

Réunion de la Banque Centrale Américaine ..

La dernière réunion de la Banque centrale Américaine (la Fed) s’est achevée par un relèvement du taux directeur de 25 point de bases déjà largement anticipé par le marché. De plus, elle a annoncé qu’elle commencera cette année à réduire la taille de son bilan. C’est le deuxième outil de normalisation que la Fed a à sa disposition. L’on attend également dans l’année une hausse de taux supplémentaire de 0.25 % ainsi que 3 hausses de taux pour 2018. Mais le rendement du 10 ans américain est tombé à 2.15. La courbe des taux s’aplatit. Cette divergence s’explique par le fait que les investisseurs n’anticipent pas d’inflation. D’ailleurs, l’inflation n’a pas encore atteint le chiffre de 2 % qui est l’objectif de la FED. Cette inflation est aussi pénalisée par un prix du pétrole en chute libre.

…Puis décision de la BOE (Bank of England)

En Angleterre, Theresa May perd la majorité. Ce qui augure un « Brexit » moins « smooth » que prévu. Du coup, la Livre Sterling continue de chuter. Elle se traite à 1.27 contre USD . La BOE a adopté un « Statu Quo » : malgré les dernières données inflationnistes, elle n’a pas augmenté ses taux pour ne pas risquer d’entraver une croissance jugée faible.

Chronique boursière du 29 au 4 juin : les marchés continuent leur ascension au sommet malgré des préoccupations géopolitiques

Malgré des tensions géopolitiques, les marchés semblent insensibles et continuent paisiblement leur ascension au sommet…du moins pour l’instant.

Cette semaine, dans les événements géopolitiques notables, on relèvera une réunion tendue entre le Président américain et la chancelière allemande sur les excédents commerciaux de l’Allemagne. De plus, M. Trump a décidé de quitter les accords de Paris sur le climat, ce qui va accroitre les tensions entre les Etats-Unis et la communauté internationale. De plus, ce retrait a provoqué le mécontentement de compagnies américaines concernées par la problématique du réchauffement climatique. En Europe, la possibilité d’élection anticipé en Italie a été évoquée. Un nouvel attentat islamiste – que je qualifierai de « barbare » - a eu lieu à Londres faisant sept morts et des dizaines de blessés.

Au niveau macro, les indicateurs des dépenses américaines ont augmenté pour le mois d’avril mais l’inflation ne semble pas décoller d’après les derniers indicateurs tel que le PCE (personal consumption expenditure), l’indicateur préféré de Mme Yellen. La semaine passée, les chiffres de l’emplois pour le mois de Mai sont sortis décevants. Le salaire moyen n’a non plus pas décollé. 138'000 emplois ont été créés au lieu des 185'000 nouveaux emplois attendus. Le chômage recule de façon imperceptible de 4.4% à 4.3%

Malgré ces éléments peu motivant, les marchés américains continuent leur ascension : Dow Jones à 21'182, S&P 500 à 2'436 et le NASDAQ à 6'300. Des hauteurs qui donnent le vertige.

Au niveau obligataire, le rendement du 10 ans allemand est à 27 points de base, celui de l’OAT (obligation assimilable du trésor français) à 71 points de base, le rendement des obligations suisse est négatif à -27 points de base (cela signifie que l’on paie pour parquer de l’argent dans les obligations de la confédération), le 10 ans anglais est à 1%. Le rendement du 10 ans américain a baissé à 2.15% et il est en divergence avec les indices boursiers américains qui pulvérisent des records. Les divergences ne sont jamais bon signe.

Lors de la réunion de la Reserve Fédérale, l’on a pu lire dans ses minutes qu’elle compte bientôt relever les taux et qu’elle va commencer à réduire les réinvestissements des dividendes. Ces nouvelles étaient déjà escomptées par les marchés qui n’ont pas sourcillé. La prochaine réunion a lieu le 13 et 14 juin, et les marchés s’attendent à une hausse de taux de 25 points de base. Une seconde hausse de 25 point de base est également escomptée pour septembre.

De son côté, la BCE (Banque Centrale Européenne) est en retard sur le cycle monétaire de la Fed. Elle va garder sa politique expansionniste car elle cible une inflation durable de 2%. D’après monsieur Dragui, « les pressions inflationnistes sous-jacentes sont demeurées modérées ». Le QE (Quantitative Easing) sera maintenu à l’ordre de 60 milliards par mois pour soutenir l’activité économique. Cette complaisance de la BCE, devrait continuer de favoriser les marchés européens au détriment des marchés américains.

Cette semaine, nous serons à l’affut du début des élections législative en France ainsi que des élections britanniques. Je vous souhaite une très bonne semaine.

Chronique boursière de 1 au 5 mai : En attendant dimanche.

 Cette semaine nous ne pouvions pas échapper au thème de l’élection présidentielle française qui aura lieu dimanche.

Comme évoqué lors de notre dernière chronique, les marchés se comportent sereinement car ils escomptent une victoire du centriste Macron. Cela se reflète aussi dans le mouvement de hausse de l’Euro qui a fait un pic contre dollar (aujourd’hui il se traite à 1.097). Mais cela ce reflète aussi dans une volatilité – qui est la jauge du niveau de panique des investisseurs – au plus bas.

Une victoire de Le Pen, dont la ligne politique est anti-euro, aurait des  conséquences catastrophiques pour l’Euro et les marchés boursiers.  L’euro chuterai contre le dollar. De plus, le franc suisse s’en trouverait aussi renforcé au désespoir de la Banque Nationale Suisse.

Leur unique débat télévisé de mercredi soir fut des plus violents. La véhémente Le Pen, dont la moins bonne connaissance des dossiers économiques a été flagrante, a très vite pris une position agressive cherchant à mettre KO son adversaire. M Macron – plus pragmatique- a été plus convaincant selon 63% de téléspectateurs sondés.

Lors de la réunion de mercredi, la banque fédérale américaine (Fed) a laissé ses taux inchangés. Elle a argumenté que le ralentissement économique révélé par les derniers chiffres PMI (Purchase Manager Index) est jugé temporaire. Les prévisions de la Fed tablent toujours sur deux hausses de taux d’ici la fin de l’année.

Les chiffre de l’emploi d’avril aux USA sont sortis aujourd’hui bien au-dessus des attentes avec une création de 211’000 emplois ce qui rabaisse le taux de chômage à 4.4%.

Les résultats trimestriels de Apple n’ont pas été à la hauteur des attentes. Bien que le revenu soit en hausse, les vente d ’iPhones ont décliné. L’augmentation de leur revenu s’explique par les ventes de iWatch (les montres connectées). Le CEO, Tom Cook, a justifié cette performance due à un dollar trop fort.  De plus, la compagnie est confortablement assise sur 250 milliards de dollars en cash détenus à l’étranger. Le problème pour Apple est d’éviter un prélèvement fiscal (actuellement de 35%) si elle rapatrie ce cash aux USA. Facebook, dont le bénéfice est nettement en hausse, va atteindre 2 milliards d’amis !

Trump a réussi à faire accepter l’abrogation de l’Obamacare à la Chambre des Représentants. Mais l’acceptation de cette réforme au Sénat risque d’être plus ardue…affaire à suivre…

Je vous souhaite une excellent week-end et vous donne rendez-vous la semaine prochaine afin de découvrir si les marchés ont eu raison de tant de sérénité. Ou si nous allons assister à un retournement de situation dimanche.

Chronique boursière du 24 au 29 avril : Les marchés rassurés par le 1er tour des élections présidentielles françaises

Lors de notre dernière chronique, le marché s’inquiétait d’un éventuel scénario catastrophe avec un duo Le Pen – Mélenchon au premier tour.  Mais les votes ont été à la faveur d’un duel Macron – Le Pen, ce qui rassuré les marchés qui ont terminé leur semaine en hausse. Le CAC a clôturé à 5’267 points et le DAX à 12’438 points.

L’Euro a aussi été renforcé et a touché brièvement les 1.09 contre dollar. Ce pic est le plus haut atteint depuis l’élection de Donald Trump.

A l’heure actuelle, le marché s’attend clairement à une victoire du centriste Macron, un ancien banquier d’affaires de 39 ans. Cela est notamment reflété dans le spread OAT (Obligation assimilable du Trésor) contre le Bund allemand qui s’est détendu. Mais aussi, face au soulagement de l’exclusion d’une finale entre deux candidats eurosceptiques, le rendement du Bund allemand est également redescendu. Il en va de même avec les primes de risques des pays périphériques tels que l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce.

Rappelons qu’une victoire de la candidate du front national serait catastrophique pour la zone Euro. Dans son programme, Mme le Pen soutient la suppression de l’Euro ce qui conduirait à une grande instabilité sur les marchés.

Au plan domestique, la réponse à ce résultat n’a pas tardé à se faire sentir en France par une manifestation antifasciste à Paris en guise de protestation. Effectivement, les partis de gauche ont été complétement sanctionné par ce scrutin.

Lors de la réunion de la Banque centrale européenne, M. Dragui, a gardé ses orientations de politiques monétaires inchangées en dépit de la reprise qu’il a qualifiée «de plus en plus solide ». Pour rappel, les chiffres macroéconomiques européens étaient sortis globalement bons, mais M. Dragui attend des signes d’inflation plus persistants.

Aux Etats-Unis, le Président souhaite faire baisser les taxes des entreprises actuellement de 35% à 15% pour stimuler l’emploi. Cette mesure vise aussi à inciter les entreprises à revenir sur le sol américain. Mais aussi, bien évidemment, à rapatrier leurs bénéfices aux Etats-Unis. Cette réforme fiscale n’est pas gagnée, car à l’instar de l’échec cuisant de la suppression de l’Obamacare, elle risque de rencontrer de vives oppositions au congrès d’autant que les membres de celui-ci préféreraient un taux d’imposition à 20%. A côté de cela, Monsieur Trump, a aussi déclaré qu’il était prêt à renégocier les accords de l’ALENA (l’Accord de libre-échange Nord-Américain) avec le Canada et le Mexique.

La Banque du Japon a maintenu sa politique de relance inchangée tout en réduisant ses prévisions d’inflation. En Suède, la Riksbank a décidé de manière inattendue d’étendre son programme d’achats d’obligations au deuxième semestre de cette année.

Les résultats trimestriels des entreprises américaines sont globalement bons, ce qui dénote un retour à la croissance des bénéfices. On cite Unilever, Mac Donald et Pepsi qui dépassent les attentes des investisseurs. En revanche, son éternel rival, Coca-Cola n’a pas eu des résultats très pétillant et a annoncé des suppressions d’emplois. Les chiffres de Boeing étaient aussi en-dessous des attentes.

En ce qui concerne les entreprises technologiques, Amazon et Twitter ont sortis des chiffres au-dessus des attentes des analystes. Il en est de même pour Alphabet (Google) qui a établi son record en bourse. Microsoft a fait de bons chiffre grâce à ses activités dans le Cloud. Le Nasdaq a franchi pour la première fois la barre des 6’000 points. Il se traite à environ 20% de plus qu’en 2000 lors de l’éclatement de la bulle technologique.

Les entreprises suisses ont eu des résultats positifs ce qui confirme une conjoncture encourageante. Nestlé, UBS et Roche ont présenté de bons résultats. Les bénéfices de Swiss se sont envolés malgré un pétrole qui a bien augmenté. Swiss doit cette bonne performance à une amélioration de son taux de remplissage. Le SMI se rapproche au plus haut de tous les temps (8837) et vendredi soir il a clôturé à 8812.

Cette semaine nous aurons des chiffres macro-économiques tels que les chiffres de l’emploi aux Etats-Unis, une réunion de la Réserve Fédéral ainsi que les résultats d’Apple. Je vous dis à la semaine prochaine pour en connaître la teneur.

Revue de marché de Pâques

Nous sommes en pleine saison des résultats trimestriels. Goldman Sachs et Johnson & Johnson ont publié des résultats décevants. En revanche, JPMorgan et Citigroup ont publié des chiffres au-dessus des attentes.

Le match Xi vs Trump s’est soldé par un revirement de position de ce dernier. En totale opposition avec ses discours de campagne présidentielle, M. Trump, dorénavant, ne considèrera plus la Chine comme manipulatrice de devises.

Cela dit, de son côté, M Trump a aussi déclaré « que le dollar était en train de devenir trop fort ». Cette mise en garde avait eu comme effet de faire baisser la devise américaine et monter l’or dont la corrélation est généralement inverse.

Le paradoxe réside dans le fait que les politiques fiscales envisagées par le président américain sont en contradiction avec son souhait d’un dollar plus faible. En créant une surchauffe de l’économie,  les taux d’intérêt monteront plus vite que prévu ; ce qui devrait renforcer le dollar.

A côté de cela, Mme Yellen a déclaré être préoccupée par l’indépendance de la Banque Centrale Américaine dont elle assure la présidence. Plusieurs projets de loi déposés devant le congrès américain pourraient faire surgir des pressions politiques dans ce sens. Il n’est pas inutile de rappeler que l’indépendance d’une banque centrale vis-à-vis des politiques est une condition « sine qua non »  pour assurer son bon fonctionnement.

Dans les préoccupations actuelles sur la scène géopolitique, on relève la crise syrienne et les tensions avec la Corée du Nord. Ces incertitudes orientent les valeurs dites « de refuge » telles que l’or, le franc suisse et le yen à la hausse. Cela se traduit sur les marchés par une volatilité qui augmente doucement mais surement. Le VIX – indice de volatilité du S&P 500 –  a atteint son plus haut point depuis l’élection présidentielle début novembre 2016.

En Angleterre, l’inflation britannique a encore gagné du terrain. Mme May, a convoqué la tenue d’élections législatives anticipées le 8 juin afin de renforcer sa majorité pour négocier le Brexit. Ces deux éléments ont lifté la Livre Sterling à 1.2795 contre USD. Cela dit, depuis le referendum du Brexit en juin dernier, la devise britanique avait baissé de l’ordre de 16% contre dollar.

En France, les instituts de sondages envisagent l’élection de Marine le Pen improbable. Mais souvenez-vous, ces mêmes enquêtes avaient aussi prédit l’élection de Donald Trump comme impossible… Il est donc sage de ne pas trop se fier à ces enquêtes qui, de par leur nature, peuvent s’avérer biaisées.

Dans son programme, Marine Le Pen préconise un Franxit et un retour au franc français. Ce serait un scénario catastrophe pour l’Europe. De l’autre côté du spectre politique, une victoire de Mélenchon serait aussi catastrophique pour les marchés.  Le spread du OAT (obligation assimilable au trésor) contre le Bund allemand sera à surveiller de près. C’est le baromètre du niveau de panique des investisseurs. De plus,  une attaque perpétrée à Paris à un moment politiquement délicat pourrait bouleverser la campagne présidentielle en faveur de l’extrême-droite. Pour l’instant l’euro s’est affaibli face aux autres devises et traite à 1.07 contre dollar.

Note finale positive au niveau macroéconomique en Europe ; les indices PMI (manufacturiers et services) d’avril en sont sortis globalement assez  encourageants.

Lundi nous aurons en France le 1er tour de l’élection présidentielle qui pourrait s’avérer crucial pour les marchés. Pour l’instant les bourses restent prudentes à la veille du scrutin. Je vous dis à la semaine prochaine pour décortiquer ces nouveaux résultats.

Chronique boursière du 3 au 7 avril : fin de trimestre sur une note positive

Ce premier trimestre 2017 a terminé en hausse sur la plupart des marchés actions des pays développés, à l’exception du Japon, qui n’a pas eu un trimestre très percutant.

Si l’on ne prend en compte que le mois de mars, les marchés américains sont rentrés pour la première fois de l’année en terrain négatif, avec le S&P clôturant à 2’355 points et le Dow Jones à 20’656 points. Les États-Unis sont-ils en perte de souffle ?

En Europe, malgré des incertitudes politiques, les indices européens terminent le mois sur une note positive. Les élections françaises préoccupent les investisseurs, qui se couvrent par le biais d’options contre une possibilité de crash du CAC40 (l’agence Standard and Poor’s reste beaucoup plus détendue que lesdits investisseurs et a maintenu ses perspectives stables sur la France, de même que confirmé la note AA de la dette française à long terme).

De L’autre côté de la Manche, le Brexit reste un sujet de préoccupation actuel, même si sa matérialisation ne se fera vraisemblablement sentir qu’après une longue période de négociation avec l’Union Européenne.

En début de semaine, le Crédit Suisse a subi des accusations de fraudes. Cela a mis les valeurs bancaires suisses sous pression…

Mercredi, aux États-Unis, les chiffres ADP ont dépassé les attentes, avec la création de 263’000 nouveaux emplois. On relève aussi l’annonce de la baisse du déficit américain ; mais cela n’a pas pour autant réjouit les marchés, qui sont restés prudents en attendant les chiffres de l’emploi du vendredi publiés par le gouvernement.

Les fameuses minutes de la Fed (compte-rendu de la dernière réunion de la banque centrale américaine) sont sorties ! La banque envisage de commencer à diminuer son bilan (actuellement de USD 4’500 milliards) en papiers du bon du trésor et de titres hypothécaires dans le courant de l’année. Ces titres avaient été précédemment achetés par la banque pour soutenir l’économie. Leur revente va probablement ralentir la hausse des taux d’intérêts pour 2017. Cette nouvelle n’a bien sûr pas enthousiasmé les marchés.

Jeudi, la communauté financière avait les yeux rivés sur la rencontre Trump, versus Xi, pour un round de négociations. Rencontre très attendue, puisqu’à eux deux, ils couvrent le tiers de l’économie mondiale ! Cette rencontre sera capitale pour déterminer leurs relations économiques et politiques futures. Dans ce match, Trump a comme opposant un adversaire expérimenté. Aura-t-il l’envergure nécessaire pour ce genre de négociations ?

En marge de cette rencontre, Trump a déclenché des frappes aériennes en Syrie ; ce qui a irrité Poutine au plus haut point. Conséquence logique : les marchés se sont mis en mode « risk-off » et le rendement du bon du trésor américain a continué sa descente. En fin de semaine, le rendement du 10 ans américain valait 2.38. De même, l’or (autre actif refuge par excellence) a quelque peu grimpé et se traitait à USD 1’254 l’once.

Dragui, président de la Banque Centrale Européenne, a répété que l’inflation Européenne n’était pas suffisamment forte pour justifier une hausse des taux. Après ses commentaires, l’euro a naturellement baissé contre le dollar américain. Il se traitait en fin de semaine à 1.059. En Angleterre, même son de cloche, où l’inflation seule ne justifie pas plus une hausse des taux. La livre sterling est descendue à 1.237 par rapport au dollar.

Pour finir la semaine, les chiffres mensuels de l’emploi, tant attendus du premier vendredi du mois, émergeaient de très mauvaise façon, à la grande surprise de la Réserve Fédérale elle-même. Le rapport a annoncé la création de 98’000 nouveaux emplois au lieu des 180’000 prévus. En revanche, le taux de chômage pour le mois de mars est descendu à 4,5%. C’est là le taux le plus bas en dix ans ! Le revenu moyen par heure a quant à lui augmenté de 2,7%, en glissement annuel.

Lundi, nous assisterons au début des publications trimestrielles. Cette semaine nous aurons également des poids lourds bancaires américains, tels que JP Morgan, Bank of America, Wells Fargo et Citigroup…

Merci d’avoir lu cette chronique ! Je vous donne rendez-vous à la semaine prochaine, pour connaître les résultats trimestriels ainsi que la teneur de leurs « forward guidances ».