Boom des fusions & acquisitions

En phase haute du cycle économique, les activités des fusions-acquisition deviennent plus intenses.

L’appétit des investisseurs est favorisé par des conditions de crédit favorables. Pour l’année 2017, Thomson-Reuters a chiffré le montant total des transactions liées aux fusions et acquisitions à 245,8 milliards de dollars. Depuis le début de trimestre, Varenne Capital estime ces activités à un montant record de 1100 milliards de dollars dont 20 « méga deal » de plus de 10 milliards. Des chiffres impressionnants.

Les valorisations boursières à des niveaux stratosphériques ne découragent pas les investisseurs qui paient leurs acquisitions à un multiple médian de 14x l’Ebitda selon des données Bloomberg. Des valorisations boursières élevées peuvent même être avantageux lors d’un paiement en actions. Aux États-Unis, la tendance des fusions et acquisitions continue à être encouragée par la politique fiscale de Trump portant sur une réduction de l’impôt sur les sociétés de 35% à 20%.

1’700 milliards USD de poudre sèche

En revanche, les guerres commerciales et l’émergence de moyens de pression anti-trust tel que le CFIUS pourraient compromettre certaines opérations. Le blocage de l’acquisition de Qualcomm par Broadcomm est un exemple flagrant. Trump a fait valoir des arguments de sécurité nationale pour justifier ce blocage. La Chine aussi joue un rôle de garde-fou dans le cas de certaines opérations. Le taux d’échec des opérations de fusions et acquisitions serait compris entre 5 et 10%. Selon Varenne Capital, dans le cas où ces activités seraient amenées à traverser une période plus calme, les fonds de Private Equity déclencheront de nouvelles vagues de transactions. Ces fonds ont accumulé plus de USD 1’700 milliards d’argent levé, autrement dit, de poudre sèche.

Dans le pipeline 2018, l’OPE d’Essilor sur Luxottica est très attendue. Le mariage d’un fabricant de verres ophtalmologiques et d’un spécialiste de monture de lunette va créer une force de frappe sans précédent sur le secteur. D’autant plus, que la complémentarité de leur réseau de distribution va créer des synergies supplémentaires. Relevons dans le secteur industriel le rachat de Gemalto par Thales et l’achat d’Orbital par l’américain Northrop Grumman qui auront vraisemblablement lieu au cours du deuxième semestre.

Stratégies Merger & Arbitrage

Les stratégies des fonds alternatifs M&A sont à même de profiter de cet environnement. Les investisseurs profitent du spread entre les prix offerts par les acquéreurs et le prix des entreprises cibles. Le regain de volatilité observé dans les marchés boursiers cette année rend les spreads d’arbitrage plus intéressants. Chez Varenne Capital Partner, le fonds « Special Situation » qui englobe les stratégies M&A a offert la meilleure performance de toute leur gamme de fonds alternatifs. Selon le gérant, ces stratégies ont l’avantage de réduire le coefficient de corrélation aux marchés et de réduire la volatilité globale.

D’après la banque Pictet, les stratégies de Merger Arbitrage ont souffert de l’écartement des spreads sur certains deals de grosses capitalisations tel que Mansanto/Bayer et Sky /Fox/Comcast pour des raisons de mise à l’examen des transactions et des politiques protectionnistes. La performance de l’indice HFRI ED Merger Arbitrage est de 0.7 % depuis le début de l’année. Cet écartement récent des spreads va attirer l’attention des investisseurs jusqu’alors peu enclins à se lancer dans l’aventure à des niveaux plus bas.

Chronique de Février : le retour de la volatilité

Le mois de février a été marqué par le retour de la volatilité.  Après des mois de complaisance, les principales places boursières ont corrigé lors de pics de volatilité et ont effacé leurs gains de janvier.

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La volatilité (VIX) semble s’être installée autour des 18. Ce qui contraste avec une moyenne anormalement basse observée ces dernières années . Le VIX, c’est l’indice de la peur. Changement de régime ou situation éphémère sur les marchés actions ? Analyse de la situation sur 3 axes.

L’ombre de l’inflation

L’inflation américaine peinait à décoller malgré le « quantitative easing » de la Banque Centrale Américaine (Fed). En février, les chiffres du CPI et de l’augmentation des salaires sont sortis au-dessus des attentes. Est-ce que de telles données justifient les mouvements de panique auxquels nous avons assistés ? Sont-ils les prémisses d’une inflation galopante ou l’inflation sera contenue ? Il semble que la sensibilité du marché face à ces données ait diminué. Néanmoins, cela pourrait marquer fin d’une phase conjoncturelle dite « boucle d’or » caractérisée par une croissance économique couplée à une faible inflation.

Politique monétaire américaine plus « hawkish » ?

Corollaire de l’inflation, une hausse abrupte des taux d’intérêt préoccupe les investisseurs. M. Powell – le nouveau président de la Fed – s’est montré très optimiste sur la situation économique devant le Congrès.  Son intervention n’a pas manqué de déstabiliser les marchés. Allons-nous devoir composer avec 4 hausses de taux d’intérêt cette année au lieu des 3 escomptées par les marchés – dont une hausse en mars ?

« Buy the rumor, sell the new »

L’espoir de la réforme fiscale expansionniste avait contribué à porter les marchés actions en hausse depuis l’élection du Président Trump. Une fois cette réforme ratifiée, les investisseurs se sont questionnés sur son financement et son impact sur le déficit budgétaire américain. Une augmentation de ce dernier renforcera les exigences des investisseurs vis-à-vis du rendement des bons du trésor.

Le rendement du 10 ans américain a approché les 3% en février pour redescendre à 2.88%. Avec un dividende moyen du S&P autour dessous de ce seuil, toute hausse supplémentaire du 10  ans américain pourrait inciter les investisseurs à procéder à des arbitrages dans les actifs sûrs.

Bien que la croissance économique soit synchronisée et robuste, que les fondamentaux des sociétés restent intacts ; ces nouveaux éléments sont les préludes d’un changement de régime –  mais non d’une rupture – face auquel les marchés devront apprendre à composer.

Quel taux de rendement sur le 10ans américain déclenchera ces flux d’arbitrage qui signaleront le début d’une baisse durable des marchés ? Cela est précisément la question cruciale auquel le marché va tenter de répondre ces prochaines semaines.

 

 

Indices Au 6.03.2018 Performance %

depuis le 01.01.2018

S&P 500 (US) 2’728.12 2.04
Dow Jones (US) 24’884.12 0.67
Nasdaq (US) 6’913.02 8.08
Euro Stoxx 50 3’357.86 -4.17
DAX (ALL) 12’113.87 -6.22
FTSE 100 (UK) 7’157 -6.9
Nikkei 225 (JP) 21252.72 -6.64
SMI (CH) 8’765.66 -6.57
Hang Seng (HK) 30’198.53 0.93
MSCI World 2’117.77 0.65
Gold 1’325.78 1.76
Oil (WTI) 62.07 2.76
EUR / USD 1.2422 3.47

Source : FUW

L’illusion des crypto-devises

Les crypto-devises sont des devises digitales. Une tendance qui a récemment pris un essor indiscutable avec la création d’une centaine de ces devises digitales dans le sillage du Bitcoin. En 2017, elles ont affiché des performances stratosphériques : plus de 36’000% de hausse pour le Ripple – la meilleure performance – et 1’318% pour le Bitcoin.

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Leur existence repose sur la technologie du «blockchain». Il s’agit d’un système –  prometteur dans une multitude d’applications – qui permet le stockage décentralisé des transactions. Ces devises digitales sont émises via un processus de minage de jetons virtuels par ordinateurs à hautes capacités de calcul.

En décembre dernier, la création de futurs sur les marchés à termes américains (CBOT et CME) ainsi que le lancement de 2 ETFs (Exchange Traded Funds) ont élevés les crypto-devises de moyen de paiement anonyme au rang d’investissement politiquement correcte.

Suite aux performances passées inhabituelles des crypto-devises, il est avisé de mettre l’accent sur certaines de leurs caractéristiques.

Premièrement, ce ne sont pas des actifs traditionnels tels que des obligations ou des actions qui sont des titres de sociétés ayant une valeur intrinsèque. Ce sont des devises virtuelles qui ne reposent sur aucune réalité tangible et donc leur valeur ne peut pas être évaluée.

De plus, il ne s’agit non plus pas de véritables devises malgré leur appellation fallacieuse. Elles sont communément assimilées à des devises car elles sont utilisées comme moyen de paiement marginal sur internet. Mais il en est rien. Une devise est émise par une Banque Centrale. Elles sont émises par des ordinateurs d’où une impossibilité à évaluer leur juste cour. Une devise est réglementée. Elles ne sont soumises, à l’heure actuelle, à aucune réglementation.

Aussi, les crypto-devises ont un comportement clairement volatil. Après une phase haussière exceptionnelle, le Bitcoin (BTC) a perdu 69% de sa valeur depuis les hauts de mi-décembre où il valait USD 20’000. De telles fluctuations sont possibles car leur valeur n’est déterminée que par la demande contrairement aux devises régulées par des Banques Centrales.

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Enfin, des Initial Coin Offering frauduleux autour des crypto-devises ont vu le jour lésant ainsi les investisseurs les moins avisés. Ces devises digitales sont aussi toutes très corrélées entres elles.  Il s’agit donc de placements qui ne pourraient convenir uniquement à des investisseurs ayant une haute tolérance au risque ainsi que la possibilité d’intervenir rapidement sur le marché afin de couper les pertes.

Au vu du succès de ces devises digitales, mais aussi de leurs risques inhérents, leur cadre légal devrait être amené à évoluer. Mais en attendant leur régulation, les crypto-devises ne sont en aucun cas à considérer comme des investissements traditionnels mais comme des produits hautement spéculatifs.

Un début d’année euphorique

Les marchés boursiers ont repris l’année en hausse et ont continué d’enregistrer de nouveaux records. Le Dow Jones a cassé le seuil des 25’000 points. Le S&P 500 a franchi les 2’700 points. Suite au rebond des valeurs technologiques, le Nasdaq s’est envolé. Le SMI est à son plus haut point historique.

Indices 10.01.2018 Performance % sur 1 année
S&P 500 (US) 2’748.23 18.3
Dow Jones (US) 25’369.13 22.8
Nasdaq (US) 6’662.66 30.9
Euro Stoxx 50 3’609.83 7.2
DAX (ALL) 13’281.34 12.0
FTSE 100 (UK) 7’779.85 6.4
Nikkei 225 (JP) 23’710.43 19.2
SMI (CH) 9’524.96 12.8
Hang Seng (HK) 31’081.34 32.2
Gold 1317.90 11.49
Oil (WTI) 63.53 8.52

Source : FUW

 

2017 fut une excellente année où certains indices ont performé de plus de 20% tels que les 3 indices phares américains (S&P 500, Dow Jones, Nasdaq), le Nikkei 225 ou le Hang Seng. Impactées négativement par un Euro qui a pris en vigueur durant l’année écoulée, les bourses européennes n’ont pas pu atteindre d’aussi bonnes performances.

Cette hausse généralisée des marchés est soutenue par plusieurs facteurs. En premier lieu, nous nous trouvons dans un environnement macro-économique encourageant caractérisé par une croissance mondiale synchronisée. Les derniers indicateurs avancés tels que les PMI (Purchasing Managers Index) sont au-dessus de la moyenne autant aux États-Unis qu’en Europe et les taux de chômage y sont au plus bas. Notons aussi que le salaire horaire moyen au Etats-Unis est en légère progression de 2.5%. En Europe, la situation économique s’est améliorée en convergence avec une diminution des incertitudes politiques.

Deuxièmement, les politiques monétaires restent, pour l’heure actuelle, extrêmement accommodantes et maintiennent des taux d’intérêts historiquement bas. La Réserve Fédérale Américaine (Fed) va continuer son programme de normalisation des taux d’intérêt avec, en prévision, 3 hausses de taux pour 2018. La Fed maintiendra les mêmes principes de précaution malgré un changement de président à sa tête. M. Powell succédera à Mme Yellen en Février.

A côté de cela, une politique fiscale expansionniste vient d’être ratifiée aux Etats-Unis. Depuis l’élection de M. Trump, les marchés ont été alimentés par l’espérance de cette réforme fiscale.  Elle avantagera la compétitivité des entreprises américaines et devrait stimuler une inflation qui peine à atteindre l’objectif des 2% fixé par la Fed.

Enfin, les fondamentaux sont positifs. Les résultats des entreprises durant les 3 premiers trimestres de 2017 ont été globalement bons et l’on a assisté à une croissance des bénéfices de plus de 10% ainsi qu’une reprise des dépenses d’investissement (capex). Depuis la crise financière, les entreprises ont assaini leurs bilans.

Un tel environnement est favorable pour les actions.  Elles restent la classe d’actifs à privilégier pour 2018 qui vient en prolongation de 2017. Cependant, l’on s’attend à une hausse d’une amplitude moindre, particulièrement aux Etats-Unis qui arrivent à une phase mature de leur cycle économique. L’Europe et le Japon sont, en revanche, à mi-parcours de leurs cycles et leurs banques centrales respectives sont en retard sur la Fed qui a déjà haussé les taux. Aussi, les valorisations européennes sont plus attractives en termes de P/E que les valeurs américaines devenues plutôt chères. Enfin, les obligations à haut rendements ne pourront surpasser les rendements des actions dans la mesure où les écarts de spread ont déjà atteint les minimums. Les obligations souveraines ne présentent pas d’intérêt dans une dynamique de relèvement des taux. Les obligations convertibles, en revanche, pourront tirer profit d’une éventuelle hausse de la volatilité tout en maintenant un pari haussier sur les actions.

Les valeurs de croissance ayant le mieux performées en 2017 comme en témoigne les performances de fonds en actions « growth », nous pourrons assister à un regain d’intérêt pour les titres « value » qui ont été délaissés. Une rotation sectorielle pourrait   s’amorcer en faveur de secteurs défensifs tel que la santé et les télécoms. Les valeurs financières seront celles qui profiteront des hausses de taux d’intérêts.

En 2017, Le dollar a perdu 10% contre un panier de 6 devises étrangères et 12.4% contre l’Euro malgré 3 hausses de taux d’intérêt et cette tendance devrait perdurer avec une politique fiscale expansionniste. Le dollar semble avoir reverser sa tendance haussière de ces dernières années au profit d’un Euro stimulé par l’ économie dynamique de la zone Euro.

Un risque important pour 2018 réside dans la possibilité d’une surchauffe de l’économie lié à une politique fiscale expansionniste après des années de politique fiscale plus restrictive. Dans un tel cas, la remontée des taux sera plus agressive qu’anticipée. De plus, à mesure que les politiques monétaires non-conventionnelles des banques centrales s’estompent, le marché devra se contenter de moins de liquidité. Aussi, l’on gardera dans son viseur le niveau de volatilité qui fut anormalement bas l’année passée. Toute remontée abrupte de la volatilité sera de nature à engendrer des secousses sur les marchés.

Les publications des résultats annuels des entreprises vont commencer ces jours-ci. L’on s’attend à des résultats satisfaisants compte tenu des bonnes données conjoncturelles. L’année 2018 devrait, à moins d’un Black Swan politique, rester modérément haussière pour les actions. Les facteurs en place ont encore du souffle à apporter aux marchés. Relevons toutefois une nette préférence pour les actions Européenne et Japonaises dont les titres bénéficient de plus de marge d’expansion.

Chronique boursière au 5 Décembre : 11 mois de records d’indices boursiers aux Etats-Unis

Indices 04.12.2017 Perf.  en % depuis le 01.01.2017
S&P 500 (US) 2’660.24 18.3
Dow Jones (US) 24’523.40 22.8
Nasdaq (US) 6’321.68 30.9
Euro Stoxx 50 3’577.52 7.2
DAX (ALL) 13’062.96 12.0
FTSE 100 (UK) 7’332.27 2.2
Nikkei 225 (JP) 22’707.16 19.2
SMI (CH) 9’363.52 12.8
Hang Seng (HK) 29’138.28 32.2
Gold 1274.190 11.49
Oil (WTI) 57.61 8.52

                                               Source : FUW

 

Le mois de novembre s’est révélé positif pour les actions américaines avec des performances mensuelles de 4% pour le Dow Jones, 2.9% pour le S&P 500 et 2.2% pour le Nasdaq.  Les bons résultats trimestriels des sociétés américaines ont contribué à cette bonne tenue des marchés américains. Le S&P 500 se traite avec un P/E de 18.1 et son « dividend yield » est de 2.1%. Affichant une performance depuis le début de l’année de 38.8%, le secteur de la technologie brille au détriment des secteurs de l’énergie et des télécoms, les deux seuls secteurs affectés par des performances négatives (respectivement -5.6% et -6.6%). Le  S&P 500 n’est plus bon marché, mais nous sommes encore loin des exubérances des années 2000.

En Europe, les performances mensuelles sont en revanche dans le rouge. L’indice Euro Stoxx 50, qui représente les plus grosses capitalisations boursières de la zone euro, est en repli de 4.6%. Un Euro vigoureux a pénalisé ces entreprises fortement dépendantes des exportations : l’Euro s’est raffermi de 2.5% contre USD sur un mois.

« Buy the rumor, sell the new »

La réforme fiscale – dont l’espoir de sa concrétisation a porté les marchés en hausse depuis l’élection de Donald Trump – a été approuvée par le Sénat avec la majorité. Elle va être soumise à la Chambre de Représentants avant d’être finalisée. Elle avantage les sociétés en baissant leur taux d’imposition de 35% à 20%.  Cette première victoire pour Trump, qui est un bon commencement, a soutenu le taux de rendement du bon du trésor américain à 2.40, ainsi que le dollar qui se traite à 1.18 contre Euro. Elle a aussi stimulé le marché des actions américaines, mais de courte durée. Les investisseurs commencent à s’interroger sur le financement de cette réforme fiscale et sur son impact sur le déficit abyssal du gouvernement américain. Aussi, cette réforme pourrait inciter la Réserve Fédérale Américaine (Fed) à accélérer son programme de resserrement monétaire.

 L’économie américaine montre des signes de vigueur

Selon le Beige Book publié cette semaine par la Fed, la croissance économique est encourageante et la pression sur les prix se renforce modérément. Le PIB a progressé au troisième trimestre avec un taux de croissance annualisé de + 3,3% par rapport au trimestre précédent. L’indice ISM des directeurs des achats manufacturiers est sorti à 58,2 en novembre aux Etats-Unis. Dans la zone Euro, l’indice des directeurs d’achats est passé de 58,5 à 60,1.

Vendredi, les statistiques de l’emploi américain pour la période du mois de Novembre seront publiés. Les analystes s’attendent à une création de 200’000 nouveaux emplois. Ces chiffres seront analysés avec soin par la Fed lors de sa prochaine réunion du 13 décembre. A cette occasion, le consensus s’attend à une hausse de taux supplémentaire de 25 points de base pour clore l’année. Aurons-nous droit à un « Christmas Rally »? Nous nous retrouvons la semaine prochaine pour en discuter.

Chronique boursière au 3 novembre : Un marché haussier porté par de bons résultats d’entreprises.

 

Indices 03.11.2017 Perf.  en % depuis le 01.01.2017
S&P 500 (US) 2578.30 15.2
Dow Jones (US) 23’503.45 19
Nasdaq (US) 6246.76 28.2
Euro Stoxx 50 3’677.58 12.1
DAX (ALL) 13’448.16 17.1
FTSE 100 (UK) 7550.51 5.8
Nikkei 225 (JP) 22’478.85 17.6
SMI (CH) 9’291.15 12.9
Hang Seng (HK) 28.603.61 30
Gold 1’270 10.9
Oil (WTI) 60.89 6.91

                                                                        Source : FUW

 

 

Les marchés ont entamé le mois de novembre haussier portés par des résultats d’entreprises et des chiffres macroéconomiques globalement bons. L’indice ISM des directeurs d’achat (PMI) est passé de 58,8 à 60,8 points en septembre, soit le plus haut niveau depuis 13 ans. Les chiffres de l’emploi américain pour le mois d’octobre sont sortis vendredi. L’économie américaine a créé 261’000 nouveaux emplois. Le taux de chômage a baissé à 4.1% et le salaire horaire a augmenté de 2.4% sur glissement annuel. En Europe, l’indice PMI s’est aussi amélioré le mois dernier. Grâce à une reprise économique robuste en Europe, le chômage est également au plus bas depuis huit ans.

L’économie mondiale se trouve actuellement dans une phase que les économistes nomment « Goldilocks» en référence au conte éponyme ; l’économie n’est considérée ni trop chaude, ni trop froide. Il s’agit plus précisément d’une expansion économique couplée à une faible inflation. Cet environnement a stimulé de nouveaux records boursiers.

La présidente de la Réserve Fédérale Américaine (Fed), Janet Yellen, a réitéré la nécessité d’une hausse graduelle des taux d’intérêt malgré les faibles chiffres de l’inflation (en-dessous de son objectif des 2%). Cela dit, lors de sa réunion de cette semaine, elle a maintenu les taux d’intérêts inchangés. Une troisième hausse ultérieure pourrait probablement avoir lieu le 6 décembre lors de la dernière réunion de la Fed de l’année. Janet Yellen arrivant à la fin de son mandat de Présidente,  elle sera remplacée par Jérôme Powel, un avocat et ex-banquier d’affaires, fraichement nommé par Donald Trump. Sans surprise, c’est un républicain qui a été désigné pour cette fonction. Néanmoins, Jérôme Powel, actuellement membre de la Fed, a toujours suivi Janet Yellen dans ses décisions et devrait s’aligner sur cette continuité ; à savoir, des hausses de taux d’intérêt prudentes.

Nous sommes en pleine saison des publications des résultats des entreprises. Ce n’est pas les performances absolues des revenus qui attirent l’attention des marchés, mais leur performance relatives face aux attentes des analystes financiers et autres investisseurs – ce que l’on appelle « le consensus ».

Dans le secteur financier, Goldman Sachs et Morgan Stanley dépassent les attentes en termes d’augmentation des revenus grâce aux activités d’investissements pour la première, et de gestion de fortune du segment « clients ultra riches » pour la seconde. Deutsche Bank a, d’un côté, déçu les investisseurs en publiant un revenu inférieur aux attentes du à des faibles activités de courtage, mais, d’un autre côté, leur programme de réduction des coûts a été assez consistant pour dégager un profit net au-dessus des attentes. La compagnie de réassurance Swiss Re affiche une perte désastreuse à cause de l’impact des ouragans.

Le secteur de la technologie, qui affiche une performance de 37% (indice US) depuis le début de l’année, se distingue brillamment des autres secteurs. Les résultats des entreprises technologiques, à quelques exceptions près, sont excellents. IBM dépasse les attentes avec ses activités dans le « cloud ». Facebook dépasse aussi les attentes grâce à la publicité vidéo. Seul bémol ; elle a communiqué que des frais de sécurité (suite au fake news) impacteront sa rentabilité future. Cela a poussé les investisseurs à prendre des profits sur les niveaux actuels et a tiré le prix de l’action à la baisse. Apple a dépassé de loin les attentes avec un profit de près de 11 milliards de dollars. Le bénéfice par action a pris l’ascenseur. De plus, les « forward guidances » de Apple sont plus que encurageantes :  la compagnie de Cupertino s’attend au trimestre de Noël le plus rentable de tous les temps grâce à leur nouveau « IPhone de luxe ». Sur cette annonce, le titre a gagné plus de 3%, établissant un nouveau record à 173 USD.

Dans le secteur de la consommation courante, la fréquentation des restaurants Mc Donald ( grâce au rajout de « plats diététiques » à leur offre) a augmenté ce qui explique le bond de leur bénéfice net pour le 3ième trimestre. . Coca-Cola a aussi eu de bons chiffres dépassants les attentes. Nestlé dépasse également les attentes grâce à une  croissance organique solide mais la société veveysanne a déçu au niveau des ventes qui accusent  un léger repli. Le brasseur SABMiller a reporté des revenus en dessous des attentes à cause des ouragans. Starbucks a aussi manqué les attentes à cause d’une activité asiatique plus faible que prévu.

Le luxe se porte bien, même très bien. Pour la plupart des CEO des entreprises du domaine, les perspectives sont bonnes. Richemont a annoncé un « profit warning » positif de bénéfices. Kering a aussi affiché une belle performance grâce à Gucci dont le chiffre d’affaires a augmenté de 49%. La force de l’Euro ne semble pas avoir eu d’impact trop important pour secteur du luxe.

La Banque Centrale Européenne (BCE) a annoncé un ralentissement des achats d’actifs (60 à 30 milliards d’euros par mois) et une prolongation plus longue et illimitée jusqu’en septembre 2018 au moins. La Banque d’Angleterre (BoE) a relevé ses taux pour la première fois depuis plus d’une décennie, tout en faisant allusion à un cycle de resserrement « limité et graduel».

C’était l’essentiel pour cette semaine. L’on se retrouve la semaine prochaine pour connaitre le dénouement de la crise catalane  ainsi que la fin des résultats d’entreprises.

Chronique financière du 2 au 6 octobre : Chiffres de l’emploi décevants après un mois de septembre positif

 

Indices 06.10.2017 Perf.  en % depuis le 01.01.2017
S&P 500 (US) 2’549.33 13.9
Dow Jones (US) 22’773.67 15.2
Nasdaq (US) 6’064.57 24.7
Euro Stoxx 50 3’603.32 9.5
DAX (ALL) 12’955.94 12.8
FTSE 100 (UK) 7’522.87 5.3
Nikkei 225 (JP) 20’66.8 8.2
SMI (CH) 9’252.12 12.6
Hang Seng (HK) 28’458.04 29.4
Gold 1’276.46 10.71
Oil (WTI) 50.53 -8

                                               Source : FUW

          Le mois de septembre a été positif pour les marchés actions américains qui ont atteint de nouveaux records. L’Europe et le Japon ont aussi affiché de belles performances. Cette première semaine d’octobre avait commencé de façon similaire, jusqu’à l’annonce, vendredi, des chiffres de l’emploi américain pour le mois de septembre.

Au lieu de d’une création attendue de 75’000 nouveaux emplois, il y a eu une destruction de 33’000 emplois. Les raisons de ce soudain revirement de tendance (il s’agit de la première destruction d’emplois depuis 2010) sont directement imputables aux ouragans Harvey et Irma. Il s’agit donc d’un problème ponctuel. De plus, sur le même mois le taux de chômage a diminué de 4.4% à 4.2% et le salaire moyen de l’heure a augmenté de 2.9%. « Le 10 ans américain » a été impacté par cette annonce ; son rendement a grimpé à 2.37 car ces chiffres ne devraient pas affecter le programme de resserrement monétaire de la Fed (Réserve Fédérale Américaine).

Cependant, après des enchainements de records boursiers aux États-Unis, poussés par la promesse du plan fiscal de Trump ainsi que des données macroéconomiques encourageantes, il n’est pas exclu que les marchés puissent amorcer une phase de consolidation.

Ce plan fiscal, tant attendu par les marchés depuis le début du mandat du président américain, a été présenté cette semaine devant le Congrès américain. Il ne semble pas rencontrer de divergences auprès des Républicains qui y sont représentés en majorité. Cette réforme propose l’abaissement fiscal des sociétés (de 35% actuellement à 20%) ainsi qu’une taxe fixe de rapatriement des liquidités, une réduction de taxes pour les contribuables les plus riches ainsi que pour la classe moyenne. En revanche, les détails de son financement ne sont pas clairs ; cette réforme pourrait augmenter le déficit budgétaire déjà abyssal.

Au niveau macro-économique, le GDP américain du deuxième trimestre 2017 a été légèrement plus haut que prévu grâce à un accroissement des dépenses des ménages. Le PMI des services, qui passe de 55.3 à 59.8, est est en forte croissance. Les commandes industrielles pour août ont rebondi de 1.2% grâce au secteur des transports témoignant d’une activité économique dynamique. Les inscriptions au chômage ont baissé plus que prévu (260’000 inscriptions au lieu des 265’000 attendus). En revanche, le moral des ménages a légèrement diminué suite aux ouragans.  De plus, l’inflation reste stagnante et le PCE pour le mois aout est sorti à 1.4%.

En Europe, les données macroéconomiques sont aussi globalement bonnes tel que le PMI (Purchasing Managers Index) pour a zone euro qui a atteint 56.7 en septembre. L’inflation européenne est restée inchangée à 1.5 % (core inflation a 1.1%). La Banque centrale européenne (BCE) a publié son compte-rendu dans lequel elle évoque deux scénarios principaux quant à l’orientation future de sa politique monétaire. Le premier scénario consisterait à diminuer le montant des rachats d’actifs en le prolongeant dans le temps. Le deuxième scénario, a contrario, consisterait à réduire les achats d’actifs dans une moindre mesure sans prolongation du programme dans le temps. Les membres de la BCE vont débattre des différentes options possibles. En Allemagne, Merkel a été réélue pour la 4 ième fois à la tête du gouvernement. Le CDU est arrivé en tête des législatives mais elle devra composer avec une coalition qui s’annonce délicate à cause de l’émergence de partis populistes. En Espagne, les séparatistes catalans ont amené des tensions sur les marchés boursiers et obligataires espagnols puis européens par effet domino. Ils envisagent de présenter mardi une déclaration unilatérale d’indépendance malgré l’opposition de la Cour Suprême.

La banque centrale Australienne a conservé sa politique monétaire accommodante en laissant son taux d’intérêt directeur inchangé à 1.5%. Une baisse de 3.5% de l’ « Aussie » contre le dollar avait déjà été entamé.

Cette semaine débute la saison des résultats d’entreprises avec les valeurs bancaires américaines.

 

Chronique du 18 au 22 septembre : Des marchés attentistes jusqu’à l’annonce de la fin du « Quantitative Easing »

Indices 31.08.2017 Perf.  en % depuis le 01.01.2017
S&P 500 (US) 2’502 11.8
Dow Jones (US) 22’349.59 13.1
Nasdaq (US) 5’932.32 22.0
Euro Stoxx 50 3’541.42 7.6
DAX (ALL) 12’592.35 9.7
FTSE 100 (UK) 7’310.54 2.3
Nikkei 225 (JP) 20’280.3 6.1
SMI (CH) 9’136 11.2
Hang Seng (HK) 27’880 26.7
Gold 1’297 12.6
Oil (WTI) 50.53 -3.12

                                               Source : FUW

         

En début de semaine, les marchés sont restés de marbre face aux nouvelles frasques nord-coréennes (car probablement immunisés contre ce type de nouvelles). Mercredi, la Réserve Fédérale Américaine (Fed) a annoncé la fin du QE (Quantitative Easing) ce qui a orienté les marchés à la baisse. Les investisseurs ont pris des profits, en particulier dans le secteur de la technologie qui avait affiché la meilleure performance depuis le début de l’année.

Les marchés devront dorénavant apprendre à vivre sans la politique ultra-accommodante de la Fed. Il n’y aura pas de hausse de taux en septembre mais elle aura certainement lieu en décembre. De plus, l’on attend trois autres hausses durant 2018 malgré une inflation qui peine à atteindre l’objectif des 2 %. L’inflation CPI (Consumer Price Index) sous-jacente (hors éléments volatils tel que l’énergie et l’alimentation) est restée stable à 1.7%.

En détail, la Fed va commencer dès octobre à alléger son bilan qui pèse aujourd’hui USD 4,5 trillions. Elle va réduire ses investissements en bons du Trésor et titres hypothécaires. La réduction sera mise en œuvre progressivement en petites tranches de USD 10 milliards par mois. Le montant sera augmenté de USD 10 milliards par trimestre jusqu’à atteindre un plafond de  USD 50 milliards. D’après la Fed, l’économie va continuer à croitre à un rythme modéré et les ouragans Harvey et Irma n’affecteront pas l’économie à moyen terme. La Fed a d’ailleurs relevé ses prévisions annuelles de croissance à 2.4%. Des indicateurs économiques tels que la baisse des inscriptions au chômage, la hausse de l’activité manufacturière de Philadelphie et la hausse du « Conference Board Index » ont apporté une note d’optimisme. En revanche, l’indice immobilier a récemment dégradé de 64 points en août.

La Fed se montrera très prudente afin de ne pas freiner la croissance économique et  d’éviter un crash des marchés actions et obligataires.  Suite à son annonce, le rendement du « 10 ans américain » a pris l’ascenseur à 2.27 ; le dollar est remonté et se traite à 1.1951 contre euro. Ce qui représente une baisse de la devise américaine contre euro de l’ordre de 14% depuis le début de l’année.

Quant à la Banque Centrale Européenne (BCE),  elle avait reporté ses prises de décisions pour le 26 octobre. Le taux d’inflation actuel de la zone euro est de 1,5%. Bien que la BCE soit en retard sur le cycle de son homologue américain, les derniers mouvements de ce dernier augmenteront la pression sur l’institut européen.

En Europe toujours, le marché portugais a été le grand gagnant de la semaine suite au relèvement de sa note de crédit à la catégorie « investment grade ». La livre sterling s’était bien appréciée suite à la possibilité émise par la Bank Of England (BOE) d’augmenter ses taux directeurs face à un inflation anglaise galopante. Suite à l’abaissement de sa note de crédit par l’agence de notation Moody’s (de Aa1 à Aa2) la Livre est redescendue à 1.34 contre USD.

La BNS s’est aussi réunie cette semaine. Elle s’est déclarée soulagée par la faiblesse actuelle du franc suisse qui se traite à 1.1583. Ce qui représente une baisse de 8% depuis le début de l’année. Cela dit, elle compte garder ses mesures monétaires accommodantes face à un franc suisse qu’elle juge surévalué.

 

GLOSSAIRE :

Le « Conference Board Index » est un indice général qui regroupe les principaux indicateurs économiques américains.