Investir à contre-courant

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 Chaque fois que vous vous trouvez du côté de la majorité, il est temps de faire une pause et de réfléchir (Mark Twain).

Les investisseurs contrariants (contrarian) et value  sont très semblables ; ils exploitent les erreurs d’appréciation du marché. Armés d’une force de caractère, ils se tiennent loin des titres les plus détenus et recherchent les perles rares sous-évaluées. Patients, ils attendent que le marché leur donne raison avec le temps. Aussi, ils se gardent d’avoir des vues sur les marchés ; ils se concentrent sur les fondamentaux des sociétés. Cependant, le contrariant se distingue avec une philosophie qui va au-delà de l’investissement value, cher à Benjamin Graham, son père fondateur. Explications avec 2 gérants qui évoluent à contre-courant .

Un modèle d’affaire résilient

L’évaluation de la qualité du modèle d’affaire prend une place prépondérante dans le processus d’analyse. Le contrariant estime qu’investir dans des entreprises temporairement négligées par les investisseurs court-termistes n’offre pas de garanties suffisantes. Pour Michael Clements, gérant en actions européennes chez SYZ Asset Management, l’avantage compétitif durable des sociétés est un élément fondamental dans son approche de gestion : «Un investisseur value achète des sociétés dont le marché ne valorise pas le cashflow de manière appropriée alors que nous identifions celles qui sont performantes quelles que soient les conditions de marché ». De la même façon, Raheel Altaf, gérant marchés émergents chez Artemis IM, estime se différencier en achetant des sociétés traitant à des valorisations attractives et pour lesquelles il voit un catalyste : « Nous recherchons des titres de sociétés dont la croissance accélère et qui traitent à des niveaux de faible valorisation.»

Echapper aux tendances de marché 

 Raheel Altaf est sous-pondéré sur le secteur de la technologie, un « crowed trade » dans le jargon financier.

En effet, le contrariant – dont la vision porte sur du moyen à long terme – estime que les effets de mode provoquent des distorsions dans les prix. «Pour le moment, le sentiment général du marché est positif, donc il y n’ a pas de profusion de titres en détresse.  Mais il y a toujours certains secteurs sous pression,  ce qui est intéressant pour la recherche d’idée », explique Michael Clements. Il apprécie les titres injustement en difficulté soit à cause d’un sentiment de marché négatif envers un pays, un secteur, ou des craintes liées à des facteurs cycliques. Pour identifier ces titres, il scrute les positions vendeuses les plus importantes pour en retirer ses conclusions. Les contrariants sont préparés à regarder au travers des arguments négatifs initiaux.

Des thématiques à contre-courant

 En 2017, Michael Clements avait implémenté une stratégie longue sur la volatilité. En début d’année, 10% de son portefeuille était positionné sur des entreprises qui tirent parti d’un retour de la volatilité. « Cette stratégie a très bien fonctionné en février,  lorsque la volatilité a explosé. Notre fonds contrariant a profité d’un important mouvement de hausse sur des titres tels que Flow Traders ».

Depuis un long moment, Raheel Altaf est passé surpondéré sur l’énergie, un secteur qui avait souffert de la faiblesse du prix du pétrole, début 2016. Ce pari a payé ces derniers 18 mois. « Ce secteur reste sous-détenu par les investisseurs et offre des valorisations attractives, de bons « free cashflow » ainsi que des perspectives positives pour un prix attractif », analyse le gérant. Il mise aussi sur certaines actions russes qui représentent 8% de son fonds. « Ces deux derniers mois,  nous avons assisté à un retour de la volatilité à cause des sanctions américaines, qui ont affecté tout le marché sans grande distinction. Par exemple la société Lukoil, malgré de solides fondamentaux, a été pénalisée par le marché. Nous y voyons un point d’entrée attractif», explique Raheel Altaf.

Un horizon d’investissement sur 5 ans

 Discipliné, le gérant contrariant ne s’écarte pas de sa stratégie, ce qui permet un taux de rotation des titres très bas. « D’un point de vue pratique, nous passons entre 4 et 8 semaines pour la recherche et l’analyse avant d’investir », explique Michael Clements qui contrôle le risque de perte de capital par trois degrés de protection de valeur. « Premièrement, nous achetons des sociétés qui ont un avantage concurrentiel durable sur un horizon d’investissement de cinq ans capables de générer des rendements élevés et un free cashflow dans la plupart des conditions économiques. Deuxièmement, nous aimons les entreprises dont les bilans sont capables de résister à des ralentissements économiques ou à une pression cyclique sur les revenus. Enfin, nous essayons de les acheter à un moment où les investisseurs à court terme sont nerveux afin de bénéficier d’un niveau d’évaluation attractif», détaille Michael Clements.

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