Chronique du 30 au 3 février 2017

2017 a commencé calmement ; bien plus calmement que 2016, qui avait démarré dans l’angoisse les premiers jours de trading.

Les marchés semblent vouloir continuer leur ascension portée par les promesses de Trump qui veut faire « America great again » grâce à des mesures favorables à la croissance. Le Dow Jones a dépassé la barre psychologique et historique des 20’000 points après l’investiture du nouveau président alors que les analystes s’attendaient à un crash monumental.

Mais ce moment complaisant a ralenti fin janvier. Lundi, le marché a expérimenté un « sell off », d’une magnitude toutefois trop petite pour être considéré comme une correction. On peut se demander si l’effet Trump ne s’essouffle pas… D’ailleurs, petite anecdote, les fameux tweets présidentiels engendrent moins de volatilité que l’année passée. Est-ce que les traders commencent à s’en ennuyer ?

La volatilité était restée bon marché avec un VIX à 12.40, même s’il y a eu un pic de volatilité de 20%. Elle est ce matin à 10.97, ce qui démontre que le marché reste toujours très optimiste.

La fin du mois de janvier se termine par une légère hausse des indices américains, qui terminent à des niveaux stratosphériques, tandis que les indices européens ferment quant à eux le premier mois de l’année en baisse.

Mercredi s’est achevé le FOMC (Federal Open Market Commitee) et comme anticipé, les taux n’ont pas bougé après une première hausse en décembre. Ils resteront dans une fourchette comprise entre 0.5% et 0.75%. Mme Yellen a néanmoins donné une vue un peu plus optimiste sur la conjoncture, en particulier sur le moral des consommateurs et des entreprises. Elle a donc réitéré ses promesses d’augmentation graduelle des taux.

Toujours mercredi, les chiffres de l’ADP ont surpris positivement les analystes, avec la création de 246’000 emplois (le plus haut niveau en 6 mois). Les payroll du premier vendredi du mois ont reporté une création de 227’000 emplois ; c’est un bon chiffre comparé aux 157’000 de décembre. Cela dit, un ralentissement de l’augmentation des salaires a été mentionné, ainsi qu’une augmentation du taux de chômage, qui est à 4.8%.

Le président américain le plus hyperactif va revoir les régulations bancaires mises en place suite à la crise financière de 2008. Cela a poussé les valeurs bancaires US à la hausse.

C’est la saison des résultats annuels. Les chiffres sont mixtes mais pas mauvais en général. On retient que Apple a sorti des chiffres meilleurs qu’attendus, contrairement à Amazon. Le secteur bancaire européen a présenté de bons résultats, excepté Deutsche Bank.

Contrairement au marché actions, les obligations sont en chute libre et 2017 se profile comme une année de recherche du rendement obligataire à travers des « corporate bonds », à crédits plus élevés. Cette chute du marché obligataire s’inscrit dans une rotation des actifs sans risques vers des actions « values », mouvement favorisé par la remontée des taux d’intérêts.

On est passé d’une année 2016 avec la peur de la déflation, à 2017 qui s’annonce comme une année de « reflation ». Pour cette raison, la plupart des gérants se positionnent « négatif en duration ».

Le taux américain a augmenté à 2.44% de rendement et le bund allemand, dont la tendance est similaire, est à 0.46% de rendement. Ces mouvements reflètent le délaissement des actifs refuges suite aux bonnes nouvelles économiques de mercredi. L’or se traite, lui, à 1220 dollars.

Le plancher de 1.07 EUR/CHF que maintenait notre banque Nationale a été franchi la semaine passée. L’Euro s’est affaibli en prévision de la poursuite de l’assouplissement quantitative. Il Il est à 1.079 contre le dollar. Le dollar US s’est affaibli tout dernièrement suite aux dernières déclarations de Trump. L’affaiblissement de ces monnaies contraint les investisseurs à migrer sur des monnaies considérées comme sûres, tel que le franc Suisse, ce qui explique d’ailleurs sa fermeté.

Pour cette année 2017, le consensus s’attend à une poursuite de la tendance haussière du dollar en raison de la hausse des intérêts américains. En « contrarian », Carmignac, dans son scénario macro, prévoit une croissance globale du monde qui devrait affaiblir le dollar au profit d’autres devises. Lombard Odier sous-pondère aussi le dollar car sa valeur est surévaluée par rapport à l’Euro, sur la base de la parité du pouvoir d’achat.

Blackrock s’attend aussi à une croissance globale modérée, avec une « reflation » confirmée et, pour cette raison, recommande les « tips », soit des obligations indexées à l’inflation. Il sous-pondère les bonds du trésors, surpondère le « US high yield », ainsi que la dette émergente. Au niveau de la classe actions, il se positionne neutre sur les titres européens et américains, à cause de valorisations déjà élevées pour les premiers et d’un environnement politique risqué pour les seconds.

2017 sera une année à risques politiques pour l’Europe avec le déploiement du Brexit, les élections en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, un referendum en Catalogne et une transition politique en Italie. Sur le plan international, il y a aussi des risques politiques avec une transition en Chine et une instabilité possible des États-Unis.

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