Chronique boursière du 5 au 9 décembre 2016

La semaine passée n’a pas été si calme…

En début de semaine, c’est les retombées du NON au referundum du Président Italien Renzi (acessoirement ancien chef scout) qui ont fait les gros titres de la presse. Il s’agissait d’un projet de reforme constitutionnelle qu’il défendait. Et cette défaite l’a poussé à démissionner. Du coup, on attend un gouvernement de transition. De plus ce résultat met en avant les faiblesses structurelles des banques italiennes.

Un tel événement d’instabilité politique était supposé provoquer un plongeon des indices boursiers européens. Tout comme le Brexit ou l’ élection de Donald Trump étaient aussi supposés, mais ça ne s’est pas passé comme ça non plus. Hormis les marchés asiatiques qui ont quelques peu perdu juste après l’ annonce du résultat dimanche soir ; oui, du fait du décalage horaire : ils avaient déjà entamé leur session de trading du lundi. Les marchés occidentaux, eux, n’ont pas fléchis.

Ensuite, jeudi, c’était au tour de M. Dragui, président cette fois-ci de La banque Centrale Européenne (et accessoirement ancien banquier d’affaire). Dragui a annoncé un prolongement des achats d’actifs – de la dette publique et privée – jusqu’à fin 2017 pour soutenir la croissance en Europe. Il maintient aussi son taux directeur – qui reste au plus bas – à 0%. Il instaure un genre de « tapering » (même si il faut pas prononcer ce mot devant Dragui) ou il diminue ses achats d’actifs à 60 milliards d’euro par mois dès avril 2017.

A coté de ça, la BCE maintient ses prévisions d’inflation à 0.5% en 2016, 1.3% en 2017 avec une augmentation du Produit intérieur brut (PIB) de 1.7% en 2017. Elle écarte tout risques de déflation. Mais comme d’habitude, Dragui annoncé qu’il était prêt à prendre les choses en mains au cas où les perspectives d’inflation venaient à s’assombrir. Pour rappel son target d’inflation est aussi à 2% car il correspond au niveau de stabilité des prix.

Les marchés européens ont entamé un rally suite à ces mesures plutôt bien accueillies car une réduction du rachat de la dette signifie aussi que l’économie européenne se reprend plus vite que prévu. Dans leurs sillages, les marchés américains ont aussi gagné quelques points portant le S&P 500 et le Dow Jones au plus haut de tout les temps :S&P 500 a clôturé vendredi à 2’259.53, soit une performance depuis le début de l’année de 12.88% et le Dow Jones à 19’756.85 pour une performance de l’indice depuis le début de l’année de 16.43%- encore plus de 1.22% de hausse et on décroche les 20’000 points ! le Nasdaq qui englobe les valeurs technologiques – a clôturé à 5’444.5, ce qui équivaut à une performance annuelle de 10.13%. A ces niveaux, le marché américain reste cher avec un P/E Schiller de 27 (le P/E ajusté à l’inflation). Pour info la moyenne historique est de 17 .

En Europe, le Dax est à 11’203.63 pour une performance depuis le début de l’année plus modeste de 4.29% et l’eurostoxx 50 à 3197.54 performe de seulement 1.79% pour l’année alors que le P/E est a 20.65. En d’autres termes, on paie plus de 20x les bénéfices.

Cette semaine les supports ont été cassés à la hausse ( 10’800 pour le DAX qui fait que son nouveau target est à 11’400) et 2’213 pour le S&P qui pourrait atteindre les 2’350. Et cela sous un fond de volatilité dans le bas de son range à 11.75 ce qui traduit une certaine tranquillité des investisseurs.

Le marché obligataire continue sa chute libre. L’on assisterait à une rotation d’actifs où les flux financiers sortent du marché obligataire pour le marché des actions.

Par contre l’euro s’est pris une baffe jeudi et lundi matin il est à 1.0592 contre USD et 1.0765 contre franc suisse. Et l’ année 2017 s’ annonce très volatile pour l’ euro avec des élections en France, en Allemagne ; alors comme on dit, sortez couvert..sur le marché.

Un autre sujet qui tend les investisseurs est la problématique des risques de crise bancaire systémique en Europe. En Italie les banques ne sont pas au top et cela est reflété par des spreads très larges – ce qui indique la mauvaise qualité des obligations de ces banques.

Le pétrole, continue sur sa bonne performance et se traite lundi à 53.94 USD le baril poussé par des accords de diminution de la production mais cette fois-ci par les pays non membres de l’OPEP.

Mardi Boeing s’est pris une baffe suite au tweet colérique du nouveau président US quant à a la commande du nouveau Air Force One – c’ est un flying White House capable de survivre à une guerre nucléaire – et cela pour la modique somme de 4 milliards de USD……Pour ce prix il devrait pouvoir être piloté tout seul comme une Tesla. Cela dit, malgré ce cas à part, l’ on reste toujours positif sur les valeurs de la défense dont le trend haussier devrait perdurer.

Par contre, le secteur de la santé qui avait bondi après l’ élection, risque de ne pas si bien performer car Trump a déclaré dans le Times magazine qu’il entendait faire baisser les prix des médicaments. Ça a envoyé direct les Biotechs à la cave.

On admire la performance de Apple qui a trouvé une combine fiscale pour ne pas payer l’IRS sur 600 milliards gagnés à l’ étranger : ils ont acheté des bons du gouvernement américain : non seulement ils échappent à l impôt mais en plus ils sont rémunérés par l’État grâce aux intérêts !

Dans le pays de James Bond, la production manufacturière a baissée de 0.9% en octobre, alors qu’ on s’attendait à une légère hausse. Cela a fait tomber la livre encore plus bas et ce matin elle traite à 1.2582. Mais en Allemagne, la production manufacturière a augmenté de 4,9 elle, menée par une hausse de demande de capex – qui sont les biens d’investissements. Et si les entreprises investissent, c est qu’elles sont optimistes dans leurs perspectives économiques.

Au sujet des amendes bancaires, cette fois c’ est au tour de JPMorgan et HSBC de se faire épingler…avec un total d’un demi milliard d’euro pour une sombre histoire de manipulation de l’ euribors. Le Crédit Suisse aussi s’ est aussi fait pincer pour 16 millions de USD suite à des carences dans ses contrôles anti-blanchissement.

Le Crédit Suisse a annoncé un profit warning qui va se traduire sur le terrain par des cost cutting pour un montant de 1 milliard de francs suisse…Et ils ne sont pas les seuls à réduire leur charges. Après le rachat de BSI, EFG a aussi annoncé un plan de cost cutting ainsi que des suppressions d’emplois. Raiffeisen a également annoncé la suppression en Suisse de plus d’une centaine d’agences à moyen terme.

Revenons sur les perspectives 2017.

JPM a une équipe spécialisée pour anticiper les tendances sur le long terme voir le très très long terme : leur plus long terme est une analyse sur deux siècles….cela dit, je ne m’ intéresse pas trop au prédictions à aussi long terme – trop d’imprévus imprévisibles – mais par contre je m’intéresse beaucoup à leur vue sur 2017. Ils sont plus pessimistes sur la croissance en 2017 que en 2016 principalement du, d’ après eux, à une baisse structurelle de la productivité. Shroder quant à eux, élèvent leurs perspectives pour 2017, et prévoient une croissance globale de 2.8%.

Les néerlandais NN Investment pensent que les marchés émergents ne vont pas être un bon pari à cause des hausses des taux de rendements dans les pays développés, de la hausse du dollar et du protectionnisme US.

Saxo Bank s’est lancée dans l’exercice périlleux d’imaginer les Black Swans pour 2017. Elle annonce entre autres, une victoire du parti d’extrême droite aux Pays-Bas, la possibilité que le Royaume-Uni reste dans l’Europe, des taux et des devises n’allant pas dans le sens des consensus actuels, une bonne performance des banques italiennes, un rebond du pesos mexicain et un cuivre qui s’essouffle. Cela dit, leur brainstorming ne doivent pas être triste….

En ce qui concerne les allocations d’actifs, la Société Générale sur-pondère les equities dont principalement les USA où la banque reste positive suite à l’ élection du Trump. Par un souci de sensibilité aux taux, elle fuit les obligations d’Etat et privilégie les Tips (les obligations indexées à l’inflation). Elle prévoit aussi de bonnes dynamiques pour les matériaux de base et le pétrole.

Bank of America voit une rotation sectorielle en Europe aux profit des valeurs cycliques telles que l’énergie et les utilities qui sont surponderées au détriment de l’ alimentaire et du retail notamment.

Voila, c’était tout pour l’instant. Cette semaine, il y aura le meeting de la FED le 14 décembre….et l’on se retrouve lundi prochain pour une nouvelle chronique.

mario

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