Comment investir dans l’art contemporain. Partie 2.

L’indice Artprice 100 affiche une progression de 16% pour le premier semestre.

 

Dustheads par Jean-Michel Basquiat (vente de Christie’s à New York en 2013) ©Keystone

 

Pour le néophyte, investir dans l’art est une entreprise périlleuse. Dans cette série, Allnews s’intéresse au marché de l’art contemporain en tant que classe d’actifs alternatifs et, dans cette seconde partie, livre quelques clefs pour débuter ses investissements…même sans le budget d’un milliardaire.

Artprice, le benchmark de référence

 

Comme le monde de la finance, celui de l’art dispose également de ses propres indices calculés par Artprice, le leader mondial des cotations dans l’art. Son indice principal, le Artprice Global Index (calculé selon la méthode des ventes répétées), affiche une progression de 5% sur le premier semestre contrastant avec des rendements obligataires réduits à néant. Le rendement moyen des œuvres d’art se situerait entre 10% à 12% par an selon les segments de marché.

Dernier né des indices, l’Artprice 100 a été spécialement conçu à l’attention des financiers. Il est composé des 100 valeurs jugées les plus stables et exclue donc les artistes les plus volatiles. Sur le premier semestre, l’indice affiche une belle progression de 16%.

Son site internet, qui permet aux experts de la branche de suivre, de comprendre et d’analyser le marché de l’art dans sa globalité, répertorie les cotes individuelles de plus de 717’000 artistes d’époques différentes. Il publie également des news et l’agenda des foires et des ventes aux enchères.

En revanche, ses benchmarks ne tiennent pas compte des ventes du marché primaire (c’est-à-dire les ventes des marchands, courtiers, galeristes, privés, et artistes vivants), soit plus de la moitié des échanges totaux. Mais les cotations des artistes peu spéculatifs de ce marché de gré-à-gré figurent dans la base de données du site. «Les artistes qui se vendent sur le marché primaire, et dont la cote monte, seront dans les salles de ventes du second marché dans 15 ans», souligne François Chabanian, CEO de Bel-Air Fine Art.

Acheter des oeuvres sur le marché primaire

Pour satisfaire toutes les bourses, les galeries d’art sont segmentées en fonction des différents budgets. «Pour 90% des collectionneurs, c’est l’achat de l’émotion qui fait vibrer», estime François Chabanian. Mais à côté du coup de cœur, l’investisseur avisé s’intéressera aux critères d’analyse comme l’étude de la cote et la qualité de la galerie qui soutient l’artiste. On s’informe. «Il faut visiter les foires, regarder les magazines et les comptes Instagram. Derrière chaque grand artiste, il y a un marchand. Établir une relation de confiance avec son galeriste est essentiel», explique François Chabanian. D’ailleurs, le rapport d’Art Basel et UBS constate aussi que l’asymétrie d’information et le manque de transparence du marché primaire reste le risque structurel le plus important.

Selon François Chabanian, certains artistes vivants voient leur cote se majorer de 8 à 10% par année alors que d’autres, également vivants, ont réussi à doubler leur taux de popularité en l’espace de deux à trois ans. « Alec Monopoly a 1 million de suiveurs par tableau sur son compte Instagram. Cet artiste de réseaux sociaux de 32 ans est déjà multimillionnaire. Pour chacune de ses toiles, il y a au moins dix acheteurs potentiels ». Mais le marché de l’art reste un marché à long terme. «Il faut compter cinq ans pour un retour sur investissement car ce marché est très codifié. Le processus de valorisation prend du temps, mais il est durable», relève François Chabanian.  De son côté, le benchmark Artprice indique un rendement annuel moyen de 4,6%, pour une durée moyenne de détention de 13 ans.

Diversifier son portefeuille d’œuvres d’art

Depuis 4 ans, pas une année ne s’écoule sans une vente record en-dessus de 100 millions de dollars pour des artistes spéculatifs comme Picasso, Giacometti ou Basquiat. Bien que les experts s’attendent à une augmentation des montants records des échanges, «la tendance des prix demeure aussi volatile que sur les autres marchés financiers et le monde de l’art est aussi soumis à des cycles», souligne Michael Welti, directeur de la succursale de Reyl & Cie, à Zurich. A titre d’exemple, la cote de l’artiste britannique Damien Hirst, avait perdu 32% entre 2000 et 2002 suite à une controverse sur son travail, alors que celle de Jean-Michel Basquiat, avait gagné 52% durant la même période. D’où l’intérêt de diversifier ses investissements en art, pour se parer contre un risque de baisse… voir de bulle sur les artiste les mieux valorisés.

Bien que structuré et professionnalisé, le marché de l’art reste moins réglementé que ceux des actifs financiers. Aussi, le risque de liquidité y est bien présent car les œuvres à la vente ne trouvent pas systématiquement acquéreurs. D’ailleurs, le taux de lots invendus des maisons de ventes est un excellent indicateur de tendance des mouvements artistiques, de la popularité des artistes ou des segments de marché. Par exemple, lors de la période sombre de Damian Hirst, son taux d’invendus avait également explosé. Pour le premier semestre 2019, le taux de lots invendus (tous mouvements artistiques confondus) des pièces entre 10 et 100 millions de dollars US est en chute libre.

Des sociétés d’investissement comme Anthea Art Investment
ont ouvert des fonds de droit luxembourgeois dédiés à l’art contemporain.

Notons enfin que les œuvres d’art sont en général faiblement corrélées aux autres actifs…en l’absence de période de stress mondial comme lors de la grande crise financière, où les estimations étaient revues à la baisse et les lots invendus s’accumulaient.

Investir dans l’art via des produits financiers

L’offre en fonds de placement reste encore rare, mais certaines sociétés d’investissement comme Anthea Art Investment ont ouvert des fonds de droit luxembourgeois dédiés à l’art contemporain. A noter, la liquidité est annuelle. Les sociétés de gestion se spécialisant dans ces actifs alternatifs font appel aux professionnels de la branche pour composer leur portefeuille: «Nous sommes sollicités pour monter des fonds d’investissement avec des encours de 10 à 100 millions et un retour sur investissement de 6% à 8%», explique François Chabanian. Ces fonds d’investissement mettent les œuvres à disposition des galeries ou alors les revendent aux enchères.

Une autre solution consiste à investir dans des titres à revenus fixes dont les actifs sous-jacents sont des œuvres d’art. Ces activités des prêts d’œuvres d’art font leur début en Europe. «Griffin Art Partners est une plate-forme qui permet aux collectionneurs de contracter des prêts et aux investisseurs d’acheter des obligations adossées à des œuvres d’art», explique Michael Welti. Les grands collectionneurs et les galeries d’art peuvent accéder à des liquidités sans céder les œuvres alors que pour les investisseurs, le potentiel de revenu est particulièrement attractif dans un univers de taux d’intérêt bas voir négatifs: «Les coupons trimestriels ou semestriels versés aux investisseurs se situent entre 5 et 10% de rendement annuel, et nous avons constaté un intérêt pour ces produits», souligne Michael Welti.

 

Publicités

Comment investir dans l’art contemporain. Partie 1.

L’indice Artprice des prix de l’art contemporain a progressé de 5% sur le premier semestre.

Jeff Koons et son «Rabbit», œuvre adjugée à 91 millions de dollars. ©Keystone

 

Contrairement aux marchés boursiers, 2018 fut une année excellente pour celui de l’art qui poursuit une dynamique ascendante depuis la grande crise financière de 2008. Selon une étude réalisée en partenariat par Art Basel et UBS*, les ventes mondiales ont atteint 67,4 milliards de dollars américains. La multiplication par quatre des milliardaires en moins de vingt ans, notamment en Asie et au Moyen-Orient, explique cet engouement pour les œuvres d’art.

Pour le néophyte, investir dans l’art contemporain est une entreprise périlleuse. Dans cette série, Allnews s’intéresse à ce marché en tant que classe d’actifs alternatifs et, dans une deuxième partie, donnera quelques clefs pour débuter ses investissements, même sans le budget d’un milliardaire.

Des transactions records

Pop Art, Post Pop Art, Neo Post Art, Street Art, arts optiques, photos et vidéos contemporaines, l’art contemporain (qui regroupe les oeuvres nées après la seconde guerre mondiale et succède à l’art moderne), est un marché dynamique en créations et échanges. Selon le leader mondial des cotations dans le monde de l’art Artprice, les prix de l’art contemporain sur le marché secondaire, c’est-à-dire essentiellement les ventes aux enchères, affichent une hausse de 5% sur le premier semestre, ce que la société française attribue à une diminution des biens offerts. Pour preuve, certaines œuvres d’artistes devenus incontournables ont atteint des prix records. En 2017, une œuvre sans titre de Jean-Michel Basquiat, un peintre pionnier de la mouvance «underground», décédé en 1988 à l’âge de 27 ans, a été vendue à 110,5 millions de dollars américains à New York par la maison de ventes Sotheby’s. L’œuvre intitulée «Rabbit» de Jeff Koons a atteint 91 millions de dollars, soit le montant le plus élevé jamais enregistré car 16,5 milliards de dollars ont été déboursés pour des acquisitions d’oeuvre d’un artiste vivant.

A titre de comparaison, la toile la plus chère au monde, le Salvator Mundi peinte par Léonard de Vinci en 1500, a été acquise pour 540 millions de dollars par Mohammed ben Salmane le prince héritier d’Arabie Saoudite lors d’une vente chez Christie’s à New-York en 2015.

Un marché segmenté d’artistes cotés

Rétrospectivement, l’indice Artprice des prix de l’art contemporain (du marché secondaire), a progressé de 18,5% pour 2018. De son côté, UBS estime le chiffre d’affaire global (tous marchés confondus) à 67,5 milliards, soit une augmentation de 6% sur un an. Près de 16,5 milliards de dollars ont été déboursé pour des acquisitions dans des foires d’art, particulièrement prisées en Asie par les collectionneurs de Singapour et Hong Kong. Enfin, les ventes du marché primaire, qui comprend les marchands, courtiers et galeristes, ont progressé de 7% pour atteindre un volume de 35,9 milliards de dollars. Au palmarès des œuvres les plus chères, nous retrouvons les artistes Pop Art au bénéfice des meilleures cotes dont «le portrait de Mao» de Andy Warhol (vendue à 12,7 millions de dollars US à Hong Kong) ou encore «Nurse», de Roy Lichtenstein (acquise pour 95,4 millions de dollars US à New York).

Les amateurs d’art au budget plus modeste, en particulier la génération des millénials, se tournent principalement vers les ventes en ligne des sites spécialisés. Près de 6 milliards de ventes ont ainsi été effectuées via internet (soit 9% des ventes globales) qui porte principalement sur les pièces à moins de 5’000 dollars US.

Dans une deuxième partie, Allnews donnera quelques pistes pour débuter ses investissements dans le marché de l’art contemporain.

* Art Basel and UBS Global Art Market 2019 Report

Les superjobs de demain

D’ici 2025, les technologies numériques impacteront deux tiers des emplois. Peu disparaîtront réellement.

La révolution numérique est amorcée dans le monde du travail. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements de la robotique, des technologies cognitives et de l’intelligence artificielle mais les responsables des départements de ressources humaines, soucieux de la pérennité des emplois, voient ces technologies d’un mauvais œil. Selon KPMG, deux tiers des métiers seront affectés dans les années à venir. Certains disparaitront au profit de nouveaux, mais selon les conclusions rassurantes de deux cabinets de consulting: la majorité ne disparaîtra pas, mais évoluera. Et ces techniques prometteuses les pourraient les rendre… plus humains.

L’AUTOMATISATION: UN AMALGAME DE TROIS SCIENCES

Selon un enquête de Deloitte, 85% des chefs d’entreprise incluront les technologies numériques dans leur modèle d’affaire et, comme corollaire, remettront en cause l’organisation de leurs ressources humaines. Derrière ces terminologies scientifiques, comment notre futur univers professionnel se dessinera-t-il?

L’intelligence artificielle, déjà sollicitée par 18% des sondés, émet des prédictions
grâce à l’apprentissage profond et les réseaux neuronaux. La robotique, déjà répandue chez 22% des entreprises sondées, utilise les drones et les robots dans la fabrication, et automatise les tâches routinières. Près de 30% des sociétés sont en train d’explorer de nouvelles possibilités. Les technologies cognitives (déjà utilisées par 19% des répondants mais dont 40% étudient de nouvelles applications) couvrent les machines d’apprentissage automatique qui comprennent le langage humain comme les chatbots (des softwares de conversation), ou encore, reconnaissent des formes pour les applications de conduite sans chauffeur. Enfin, l’intelligence artificielle, déjà sollicitée par 18% des sondés, émet des prédictions grâce à l’apprentissage profond et les réseaux neuronaux. Près de 50% des entreprises s’y intéressent de près.

Les entreprises ont déjà commencé à investir, mais les conclusions de l’étude de Deloitte sont rassurantes: peu de jobs disparaîtront réellement. Seulement 13% des entreprises interrogées estiment que l’automatisation en éliminera un nombre important. Par contre, ils évolueront. Dans ce nouveau contexte professionnel, les ressources humaines devront se mettre à jour.

VERS DES ACTIVITéS PLUS HUMAINES

Nos nouvelles fonctions seront moins machinales, plus numériques et multidisciplinaires. En somme, plus intéressantes.

Les superjobs se concentreront sur les compétences exclusivement humaines,
auxquels les robots ne pourront jamais se substituer.

Selon KPMG, la révolution numérique ne déshumanisera pas le travail. Près de 62% des répondants utilisent l’automatisation pour éliminer le travail transactionnel et remplacer les tâches répétitives alors que 47% la sollicitent pour améliorer les pratiques existantes et la productivité. Et 36% pour réinventer le travail…

A mesure que les machines remplaceront les humains dans l’exécution des tâches routinières et peu intéressantes, les superjobs se concentreront sur les compétences exclusivement humaines, auxquels les robots ne pourront jamais se substituer, comme la résolution des problèmes, la créativité, l’interprétation de données, la communication, l’écoute, le travail en équipe et la capacité à créer de nouvelles connaissances. Des emplois plus flexibles et évolutifs aux nouvelles nomenclatures telles que «designer», «architectes» ou «analystes».

Au sein des postes revus et remodelés, les employés conjugueront les nouvelles compétences techniques liées au numérique avec celles, non techniques des emplois traditionnels. Pour KPMG, 50% d’entre eux seront impactés effectivement dans leur bien-être, leur dignité et leur sentiment de valeur au sein de l’entreprise.

Nos jobs nécessiteront bientôt des compétences plus affinées. Il est temps de se mettre à jour…

KPMG: The rise of the human

Deloitte: Global Human Trend, June 2019

Le blues des millénials

Inquiets, pessimistes, désillusionnés: une étude de Deloitte dresse un portrait sombre des millénials.

 

© Keystone

 

La génération Y est perturbée. C’est la conclusion de la dernière enquête de Deloitte*, réalisée sur 24 pays auprès de 13’400 jeunes adultes nés dans les années quatre-vingt. En cause, les implications sociales des bouleversements technologiques. Selon Michele Parmele, Global Chief Talent Officer chez Deloitte, «de la récession économique à la quatrième révolution industrielle, les millénials ont grandi dans cette période unique où la connectivité, la vie privée, la mobilité sociale et le travail ont été chamboulés».

Baisse de confiance dans l’économie, le gouvernement et les médias

Malgré l’expansion économique, les progrès technologiques et l’amélioration des indicateurs de société, l’euphorie n’est pas au rendez-vous. Les millénials sont pessimistes sur l’avenir de l’économie mondiale et désabusés par les médias et les institutions politiques en place auxquels ils accordent peu de crédibilité. Symptomatique du malaise qui les habitent, ils sont plus préoccupés de l’état du monde et de la place qu’ils y occupent que ne l’étaient leurs parents.

L’étude relève également un scepticisme grandissant vis-à-vis du monde des affaires et de son leadership à l’heure où, pourtant, les opportunités professionnelles inédites s’intensifient et les «Chief Happiness Officers» se multiplient.

La philanthropie et les voyages ont pris le pas sur les désirs sociaux traditionnels comme l’immobilier et les enfants.

Pour Deloitte, des sentiments reflètent un mal-être plus profond qui est le moteur d’un besoin de changement sociétal. Les auteurs estiment que l’opinion des millénials à l’égard des entreprises s’est ternie parce qu’ils considèrent que ces dernières se concentrent trop sur leurs objectifs et insuffisamment sur leurs conséquences sociales. Au point où 49% des individus interrogés quitteraient leur emploi actuel s’ils en avaient la possibilité.

Paradoxalement, les millénials ne sont pas moins ambitieux que leurs aînés et plus de la moitié aspirent à devenir riches. Mais ils ont remis au goût du jour les marqueurs de succès. La philanthropie et les voyages (pour découvrir le monde ailleurs que sur leur smartphone?) ont pris le pas sur les désirs sociaux traditionnels comme l’immobilier et les enfants. Une autre enquête avançait même que la génération Y s’accouple moins que les précédentes. Il faut remonter aux années trente pour retrouver un tel phénomène. La faute aux réseaux sociaux?

Une dépendance aux réseaux sociaux

Ces jeunes adultes entretiennent une relation conflictuelle avec la technologie qu’ils ont adoptée dès leur plus jeune âge et dont ils comprennent pourtant aisément les avantages. Plus de la moitié des sondés ont répondu que les réseaux sociaux sont plus intrusifs que bénéfiques. Près des deux tiers ont confié qu’ils seraient en meilleure santé physique s’ils réduisaient le temps qu’ils y passaient. Plus éloquent encore, 60% ont déclaré qu’ils seraient plus heureux s’ils y consacraient moins de leur temps.

Soucieux de l’état du monde

Extrêmement préoccupés par le changement climatique et les problèmes environnementaux, les millénials auraient adapté leur façon de consommer (BIO) et d’investir (ESG) en soutenant les entreprises qui ont un impact positif sur la société. Les sondés ont majoritairement affirmé qu’ils n’hésiteraient pas à mettre fin à une relation commerciale si les pratiques de la société impliquée ne s’alignaient plus avec leurs valeurs.

La technologie a-t-elle évolué trop vite pour que les jeunes générations s’y adaptent sans tomber dans l’excès ? En dépeignant une génération perturbée, cette étude a le mérite de démontrer que progrès technologique et bonheur ne sont pas nécessairement synonyme.

Défendre le franc suisse, mais à quel prix?

Selon Thomas Jordan, les taux négatifs de la BNS pénalisent les fonds de pension, les banques et de nombreux produits d’épargne.

 

Thomas Jordan, Président de la direction générale de la BNS. ©Keystone

 

Lors de sa dernière assemblée générale, le 26 avril, la Banque nationale suisse (BNS) annonçait un bénéfice de 30,7 milliards de francs au premier trimestre, provenant principalement des réserves de devises étrangères (qui ont rapporté 29,3 milliards). Mais les résultats sur devises dépendent de conditions du marché sur lesquelles la Banque n’a aucune emprise. Pour mémoire, elle avait perdu 7 milliards en 2017.

L’institut monétaire intervient massivement sur les marchés des changes pour défendre la devise nationale d’une appréciation trop forte qui serait nuisible aux entreprises suisses exportatrices. Mais cette stratégie ne cesse de gonfler son bilan qui, selon le Président du conseil sortant, Jean Studer, a plus que doublé en sept ans (au 31 décembre 2018, il atteignait 817 milliards de francs). L’expansion du bilan contraint la BNS à renforcer continuellement ses fonds propres (et plus précisément la provision pour réserves monétaires, un volant de sécurité contre les pertes sur les devises lorsque les conditions de marché deviennent défavorables).

«La Suisse a résisté à la crise de ces 12 dernières années.»

Jean Studer s’est félicité de ce que «la Suisse ait résisté à la crise de ces 12 dernières années et que la politique monétaire non-conventionnelle reste appropriée ». Le taux d’intérêt appliqué aux avoirs à vue détenus à la BNS est fixé à – 0,75%. La BNS a ainsi permis à la Suisse de maintenir le cap grâce à sa politique de taux négatifs, mais au détriment des épargnants et de leur futur pouvoir d’achat.

Thomas Jordan, Président de la direction générale, observait par ailleurs que «les taux négatifs de la BNS pénalisent les performances des banques, des fonds de pension et de nombreux produits d’épargne». Cette politique a également favorisé des investissements immobiliers irréfléchis (dans une logique de financement bon marché) et élevé le niveau des prix des biens immobiliers, ce qu’Andréa Maechler, membre de la direction générale a justement souligné: «Les prix montent, le taux de vacance immobilière monte, cela crée un certain niveau de risque de correction des prix». Lorsque les taux redeviendront positifs, le marché hypothécaire pourrait imploser. Et les emprunts contractés, alors que le loyer de l’argent se renchérit, deviendront plus difficiles à rembourser. Est-ce cohérent avec le mandat de stabilité financière de la BNS?

L’institut monétaire reste déterminé
et exclut un retour rapide des taux positifs.

Les membres de la BNS sont lucides quant aux effets néfastes des taux négatifs. Mais pour l’instant, l’institut monétaire reste déterminé et exclut un retour rapide des taux positifs. Selon certains analystes, elle ne normalisera pas sa politique monétaire avant 2020. D’autant plus qu’elle reste dépendante des décisions de la Banque Centrale Européenne (BCE). Selon Irina Martin, économiste à la Banque Migros: «Il est très improbable que la BNS relève ses taux avant la BCE afin de ne pas rendre le franc plus attrayant par rapport à l’euro». Depuis décembre 2018, le franc s’est légèrement déprécié en valeur pondérée par le commerce extérieur. Mais à quel prix?

Le grand défi de la BNS sera donc de sortir de sa politique de taux négatifs en limitant la casse. Selon Jean-Paul Jeckelmann, CIO de la Banque Bonhôte, «avec un bilan de cette importance, des petits mouvements de 10% auront de gros effets. Cela pourrait créer aussi bien des secousses sur les marchés que des pressions politiques».

Volte-face de la Fed

Mardi, Donald Trump réclamait une baisse des taux d’intérêt. En vain. La Fed clôt mercredi sa troisième réunion du FOMC de l’année avec une annonce de statu quo. Elle prouve ainsi son indépendance vis-à-vis des pressions politiques persistantes du Président. Cependant, le volte-face de sa politique monétaire en l’espace de six mois est inédit.

En maintenant ses taux directeurs inchangés dans la fourchette comprise entre 2,25% et 2,5%, la Fed ne cède pas à Donald Trump qui lui reproche de freiner l’économie, alors que celle-ci est en excellente forme. Pour preuve, une croissance du PIB record au premier trimestre de 3,2% (au lieu de 2,3%) et un taux de chômage à 3,8%, le niveau le plus bas depuis des décennies, démontrent que l’économique américaine n’a pas besoin d’une ample baisse des taux comme le suggère Donald Trump dans son tweet de mardi: «Nous avons le potentiel de décoller comme une fusée si on abaissait les taux, d’un point par exemple».

L’institut monétaire observe néanmoins un ralentissement des dépenses de consommation des ménages et des investissements d’entreprises au premier trimestre. Il note aussi que l’ISM manufacturier a décliné à 52,8%, ce qui inquiète les marchés même si l’indicateur reste positif. D’après une analyse d’Eric Vanraes de la Banque Eric Sturdza, l’exploit du premier semestre est dû au gonflement des stocks (+0,65%) et à la bonne tenue des chiffres du commerce, aidés par une chute du déficit commercial (+1,03%).

Revenons sur la stratégie de la Reserve Fédérale. En octobre 2018, elle commençait à normaliser sa politique monétaire avec un premier tour de vis. En 2019, alors que, selon Jerome Powell «les taux étaient encore loin d’un niveau neutre», le consensus s’attend à 3 hausses consécutives. Mais le 20 mars, la Fed change de ton et lève le voile sur des préoccupations grandissantes: la faiblesse de l’inflation sous-jacente et des anticipations d’inflation (effectivement, les indices CPI et PCE (hors énergie et alimentation), sont en baisse depuis l’été 2018).

Assistons-nous à une simple pause dans le processus de normalisation monétaire ou à un revirement? La Fed réitère «qu’elle sera patiente dans la détermination des futurs ajustements des taux, surveillant l’évolution de l’inflation et les développements économiques mondiaux». Pour Axel Botte d’Ostrum Asset Management, cette non-action reflète l’attentisme de la Fed: «Jerome Powell cherche à gagner du temps en insistant sur l’inflation et la sempiternelle «incertitude» alors que le FOMC a déjà effacé trois hausses pour faire remonter les cours boursiers». Pour Franck Dixmier d’Allianz Global Investors, il s’agirait également d’une pause du programme de normalisation monétaire qui devrait perdurer jusqu’en 2020: «La Réserve fédérale s’installe dans une pause prolongée, ‘behind the curve’».

Le changement de cap du programme de la Fed, malgré une inflation qui se situe au-dessus de sa cible des 2%, n’échappe pas aux spécialistes. Pour Franck Dixmier, «la Fed semble se diriger vers une définition plus souple de son objectif d’inflation, en privilégiant une moyenne, qui consisterait à accepter un léger dépassement de l’objectif des 2% pour compenser les périodes d’inflation plus basses». Ce qui justifie que la Fed accepte une légère accélération de l’inflation en cas de surchauffe, sans pour autant changer sa stratégie de départ.

Le cycle de resserrement monétaire n’est donc pas achevé. Et les marchés n’ont pas apprécié les propos de Powell éloignant une perspective de baisse des taux directeurs. Suite à son annonce, la bourse américaine a viré au rouge alors que les rendements des bons du Trésor américain à 10 ans se sont raffermis.

Comment investir en 2019?

 

capture d_écran 2019-01-07 à 11.09.28

 

Déjà malmenés durant 2018, les investisseurs ont été privés du traditionnel «Christmas Rally». Après le «massacre» de Noël, les marchés ont rebondi sans regagner les pertes de décembre. Les principales places boursières ont clôturé l’année dans le rouge, entre -13,4% en moyenne sur les marchés développés contre -14,2% sur les marchés émergents* où les performances sont très dispersées (la bourse de Sao Paulo a gagné 15% alors que celle de Shenzhen a corrigé de -33,2%). Il n’y a pas que les actions qui ont été décevantes. Les obligations n’ont pas tenu leur rôle d’actif décorrélé et les matières premières (excepté le palladium), se sont fortement dévalorisées. A côté, dollar américain a brillé contre les autres devises.

Alors que les marchés sont proches de leurs cimes historiques, que les économies développées approchent de leur fin de cycle, sur fond de tensions (guerre commerciale, incertitudes politiques en Europe, ralentissement chinois), sied-t-il d’acheter des actions? Tout dépend de comment s’annonce le millésime 2019. S’inscrira-t-il dans la continuité de 2018, comme une année volatile et baissière? Ou, si les incertitudes se dissipent, les marchés progresseront-ils de manière latérale, voir haussière, menés par les bons fondamentaux des entreprises? Enfin, un scénario plus négatif se profile-t-il, avec une récession au tournant?

Pour en voir le cœur net, Allnews est allé à la rencontre de quatre stratèges pour sonder leurs perspectives 2019 en quatre questions clefs:

  • Quel est votre scénario central pour 2019?
  • Quels sont les risques à surveiller?
  • Quelles seront les opportunités d’investissement en 2019?
  • Quelle est votre allocation d’actifs dans ce contexte?

Le consensus est prudent sur un marché devenu plus incertain mais écarte un scénario catastrophe. Ainsi, les actions n’ont pas encore dit leur dernier mot. Swisslife met l’accent sur des stratégies de contrôle des risques alors qu’Aberdeen Standard Investments mise sur les actions japonaises. En revanche, alors que Decalia reste neutre sur la part actions, J.P. Morgan Asset Management y est légèrement sous-pondéré et s’est retranché dans les liquidités en dollars.

Deux choses sont certaines: l’ère du «Goldilock» est bel et bien révolu et un nouveau régime de volatilité, auquel les investisseurs vont devoir d’habituer, s’est installé. La vigilance et l’agilité seront les facteurs décisifs pour naviguer sur ces marchés.

Meilleurs voeux pour 2019!

La jeunesse éternelle : deuxième partie

Investir dans le prolongement de la vie est un placement durable. 

 

 

Depuis le début de l’année, l’indice Nasdaq Biotechnology Index (NBI) s’est élevé de près de 12% et le SXI Life Science (valeurs suisses) a progressé de 12,40%. Ces indices englobent les sociétés de biotechnologie moléculaire qui visent à inverser les effets du vieillissement cellulaire. Dans une première partie, nous avions abordé ces techniques du futur dont le marché est estimé à 900 milliards de dollars.

Dans ce deuxième volet, nous identifions quelques biotechs, parmi les plus prometteuses. Rappelons en préambule que ces start-up sont pour l’essentiel dans le stade initial de leur cycle de vie: la recherche et le développement. Elles ne génèrent pas encore de revenus ou de cashflow. Les programmes sur lesquels elles travaillent sont soumis à trois longues phases de tests cliniques.

La FDA (Food and Drug Administration)  américaine édicte des normes strictes en la matière avant d’approuver des médicaments sur le marché américain. Des organismes similaires régissent sur les autres marchés. Lors de l’évaluation du potentiel de ce type sociétés, ce sont donc leurs aspects qualitatifs tels que leurs portefeuilles de produits et leurs pipelines qui priment sur les données purement financières. La facilité de leur accès à des fonds, la solidité de leur financement, l’expérience de leurs dirigeants dans la mise en commercialisation de produits pharmaceutiques, et leurs partenariats constituent d’autres paramètres clefs pour leurs premiers succès.

Sept sociétés – privées ou publiques – sont dans les starting-blocks pour devenir les acteurs-clé de cette prochaine révolution biologique.

Calico, la collaborative

Calico (California Life Company) a été fondée par Larry Page, CEO de Google, en 2013. Elle appartient entièrement à sa maison mère Alphabet. Ce qui lui donne la particularité de disposer de ressources financières et de capacités en recherche et développement digne d’une grande société pharmaceutique. Elle a récemment investi dans le séquençage d’ADN et la biologie computationnelle, un vaste programme permettant de générer des algorithmes avec les données scientifiques.

Calico explore la génétique du vieillissement chez les êtres humains ainsi que dans une variété d’organismes modèles, de la levure aux vers en passant par les taupes et les rats. Au-delà de la génétique, elle se concentre aussi sur certaines caractéristiques du vieillissement comme les protéases, les réactions au stress cellulaire, l’énergie cellulaire, la sénescence et les télomères. Ses domaines thérapeutiques comprennent l’oncologie, la neuro-dégénérescence, les inflammations chroniques et les dysfonctionnements métaboliques liés à l’âge. Secrète, elle ne publie pas d’informations précises sur son pipeline. Elle se distingue par sa philosophie de partenariat avec des instituts universitaires et d’autres sociétés car, pour cette startup basée à San Francisco, la collaboration reste la clef de la réussite. Son partenariat récent avec la société pharmaceutique AbbVie lui a donné accès à des techniques de chimie médicale comme la production de protéines, le criblage de médicaments et la biologie structurelle pour accélérer le développement de ses programmes thérapeutiques. Son CEO, Arthur D. Levinson est un éminent biologiste et l’ancien CEO de Genentech, pionnière dans l’industrie biotechnologique. Il est également président du conseil d’administration de Hoffman-La Roche (actionnaire unique de Genentech) et de Apple.

Le potentiel de Unity Biotechnology  

Unity Biotechnology (UBX) a été fondée en 2009 et sa capitalisation boursière est proche de 700 millions de dollars. Cette société californienne, cotée sur le Nasdaq, développe des médicaments sénolytiques. Ils visent à éliminer les cellules sénescentes pour traiter des maladies liées à l’âge, comme l’arthrose avec sa molécule l’UBX0101, qui a atteint la première phase clinique et dont les données des tests sont attendues pour le premier semestre 2019. Elle cible aussi les maladies oculaires comme le glaucome et la dégénération maculaire avec des études sur l’UBX1967, ainsi que les maladies pulmonaires et les dysfonctions mitochondriales.

Principe des médicaments sénolytiques d’Unity

Grâce à son domaine d’expertise inédit capable de cibler différentes maladies, son pipeline est varié. Ses molécules ne sont qu’en phases préliminaires de R&D, mais leur potentiel reste des plus important. Parallèlement, elle a aussi entrepris un programme de recherche pour régénérer des organes sur la base de l’ADN humain.

Unity dispose d’une trésorerie de 30 millions et compte Jeff Bezos (CEO d’Amazon) et Peter Kiel (CEO de PayPal) parmi ses investisseurs. Actuellement, le consensus des analystes recommande ce titre à l’achat, avec un objectif régulièrement revu à la hausse de 27,3 dollars.

Nanobiotix, pionnière de la nano-médecine

La société française Nanobiotix (NANO) a été créée en 2003. Sa capitalisation dépasse 300 millions d’euros.

Sa mission est de changer la donne en oncologie grâce à une approche fondée sur la physique, une industrie nouvelle dans le domaine de la santé. Elle développe une classe de produits NBTXR, basé sur sa technologie propriétaire de NanoXray, une innovation reposant sur le mode d’action des nanoparticules pour maximiser l’absorption des rayons X à l’intérieur des cellules cancéreuses.

En juin, la société a réussi des essais cliniques sur des sujets humains des phases II/III du NBTXR3, le premier produit de sa classe dans les sarcomes des tissus mous. Ce produit a été conçu pour détruire les cellules cancéreuses lorsqu’il est activé par la radiothérapie. Il devrait être décliné dans sept indications en oncologie. Nanobiotix cible ainsi un marché de plus de 9 millions de patients. Des nouvelles publications sont attendues sur les cancers de la tête, du cou, du foie et de la prostate.

Samumed, la plus grande biotech privée

Samumed est une société privée fondée en 2007. Son objectif est de construire une large plate-forme technologique et elle a su capitaliser sur sa capacité à réaliser une vision unique et à long terme. Sa valorisation est estimée à 12 milliards de dollars. Ce chiffre est basé sur le potentiel de sa technologie Wnt pour inverser le cours des maladies liées à l’âge.

Plus précisément, cette biotech de San Diego développe des petites molécules pour le traitement du cancer et des maladies dégénératives. Le SM04690, un inhibiteur de petite taille de la voie Wnt est administré par injection intra-articulaire pour le traitement de l’arthrose du genou. Ce programme arrive en phase III. Elle a également présenté des données précliniques positives sur le SM07883, un inhibiteur expérimental par voie orale en cours de développement pour le traitement de la maladie d’Alzheimer. Samumed applique également sa technologie d’activation du Wnt aux traitements du cancer du côlon, des maladies dégénératives discales et de la tendinopathie, ainsi qu’aux cosmétiques afin d’effacer les rides; un diffférent marché bénéficiant également d’un très fort potentiel.

Elle s’est aussi engagée dans la recherche sur la régénération des tissus. Ce programme tente de régénérer le cartilage du genou des patients atteints d’arthrose, une maladie qui touche 30 millions d’Américains. S’il réussit, ce pourrait être le premier traitement pour faire repousser le cartilage. L’alopécie masculine en est un autre domaine d’application.

Pipeline de SAMUMED

En août, Samumed a levé 438 millions de dollars ce qui porte ses fonds propres à 650 millions. Ces apports de capitaux devraient lui permettre de passer du développement à la commercialisation de produits qui se déclinent dans une variété d’indications.

Denali combat les affections du cerveau

L’entreprise californienne Denali therapeutics (DNLI), cotée à 19,5 sur le Nasdaq, a été fondée en 2013 par Ryan J. Watts et Alexander Schuth. Elle développe un portefeuille de produits thérapeutiques pour les maladies neurodégénératives. Ses sept programmes comprennent des recherches sur la fonction lysosomale, la biologie gliale et l’homéostasie cellulaire pour cibler les maladie d’Alzheimer et de Parkinson.

Son portefeuille de molécules consiste en inhibiteurs DNL201 et DNL151 qui font l’objet d’essais cliniques de phase 1 pour la maladie de Parkinson. Elle développe également le DNL747, une petite molécule sélective et pénétrante du cerveau, en phase 1 des essais cliniques pour la maladie d’Alzheimer et la sclérose latérale amyotrophique. De plus, elle développe la LF1, une protéine pour traiter la neuro-dégénérescence, et la DNL788, une autre petite molécule candidate pour le traitement de la maladie d’Alzheimer. Enfin, Denali travaille également sur un programme qui cible une protéine génétiquement liée à la maladie de Parkinson

En janvier Danali a conclu un partenariat d’envergure avec la société japonaise Takeda pour le traitement de la maladie d’Alzheimer en plus de ses autres partenariats avec Genentech, F-star et AbCellera Biologics. Avec une capitalisation boursière de près de 2 milliards de dollars, elle possède 436 millions en trésorerie et affiche un dernier chiffre d’affaire de 25,7 millions avec un EBIT négatif de 114 millions. Le consensus des analystes est positif sur ce titre avec un objectif à 23,8 dollars.

Crispr, une biotech suisse cotée au Nasdaq

Crispr Therapeutics  (CRSP), dont le siège est à Zug, a été fondée en 2014 par Rodger Novak, Emmanuelle Charpentier et Shaun Patrick Foy.

Elle propose une technologie pour modifier les gènes défectueux. Elle se consacre ainsi au développement et à la commercialisation de thérapies dérivées d’édition de génomes. Sa plateforme thérapeutique brevetée CRISPR/Cas9 permet d’apporter des changements précis et dirigés à l’ADN génomique dans le cas de cinq indications médicales, lui offrant ainsi un pipeline très varié.

Portefeuille de CRISPR

CASEBIA est une joint-venture conclue avec Bayer pour élargir son portefeuille de produits.

Entre 2016 et 2017 , ses ventes ont augmenté de 694%. En 2018 son chiffre d’affaire s’est établi à 9 millions de dollars pour un EBIT négatif de 135 millions et ses liquidités atteignent 215 millions. Cotée sur le Nasdaq, sa capitalisation boursière est  supérieure à 2 milliards. L’objectif de cours des analystes est de 66,9 dollars.

Amazentis, la nutrition au service de la jeunesse

Les compléments alimentaires pour atténuer les effets de l’âge représentent un marché alternatif très lucratif. La société suisse Amazentis s’y positionne avec sa molécule phare, l’Urolithin A, en cours de développement. Cette molécule vise à inverser le déclin musculaire lié à l’âge en améliorant l’activité des mitochondries – le moteur des cellules – pour optimiser la fonction musculaire.  La société a été fondée par Patrick Aebischer, ancien Président de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), Chris Rinsch et Pierre Landolt, Président de la fondation Sandoz. Elle compte aussi Ernesto Bertarelli, André Hoffmann et le banquier Thierry Lombard parmi ses investisseurs. Elle a achevé en mars une ronde de financement de série C pour un montant de 8,4 millions de francs suisses afin de financer deux études cliniques de l’AMAZ02 en phase 2 en Amérique du Nord.

les Enjeux de l’allongement de la vie

Ces biotechs promettent d’être bientôt en mesure de faire perdurer la jeunesse. Ce qui aura comme conséquence directe d’accroître l’espérance de vie. La question de l’impact d’une progression soutenue des séniors sur les systèmes sociaux reste ouverte. Si une population âgée en meilleure santé est également plus productive et pour plus longtemps, les défis sociaux et réglementaires restent à résoudre…

La jeunesse éternelle ? Première partie

A la Silicon Valley, la recherche en biologie moléculaire visant à ralentir, arrêter voire inverser les effets liés au vieillissement cellulaire, est en effervescence. La jeunesse éternelle n’est pas un fantasme nouveau mais les percées scientifiques actuelles sont saisissantes. De ce fait, des investissements massifs abondent sur les sociétés de biotechnologie en phase préclinique promettant une «qualité de vie ajustée». Car c’est bien de cela dont il s’agit: prolonger la vie en bonne santé. Ces thérapies de l’avenir, bien qu’à leur balbutiement, sont les prémisses d’un sursis de jeunesse.

Pour entrer en matière, nous aborderons dans cette partie, certaines techniques en gardant en tête que cette discipline se développe à un rythme très lent. Dans un second volet, nous identifierons les futurs acteurs de cette révolution biologique. Rappelons simplement ici que la capitalisation de marché cumulée des biotechs américaines et européennes se situait aux environs de 863 milliards de dollars en 20171.

LE MARCHÉ COLOSSAL D’UNE POPULATION VIEILLISSANTE

Environ 8,5% de la population mondiale est âgée de plus de 65 ans. Mais la société vieillit. D’ici 2030, cette tranche représentera 1 milliard d’individus et d’ici 2050, elle aura doublé de taille. La durée de vie maximale est actuellement établie à 115 ans. A chaque décennie, l’espérance de vie s’est rallongée de 2 ans et demi. Ce qui revient à dire que depuis le début du XXe siècle, elle s’est majorée de 30 ans, d’où une augmentation inévitable des maladies liées à l’âge. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, les principales causes de décès dans les pays développés sont les cardiopathies ischémiques (insuffisances cardio-vasculaires dues aux rétrécissements des artères coronariennes) et les accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Source: Organisation mondiale de la Santé

Par tranche d’âge, le cancer (tous types confondus) est la première cause de mortalité auprès de la population au-dessus de 45 ans. Chez les plus de 65 ans, il s’agit des affections cardiaques.

Quels sont les stigmates de l’âge? C’est l’ADN qui s’étiole, les mitochondries qui s’altèrent, le système endocrinien qui s’endort, les organes sensoriels qui déclinent, les artères qui s’entravent et le cerveau qui s’embrume. Les cellules s’oxydent et le système général faibli, devenant un terrain propice aux maladies. La médecine biomoléculaire aspire à agir sur ces paramètres afin de prolonger la durée de vie en bonne santé, avec comme corolaire, une augmentation de la longévité. La mort attendra encore un peu.

DES PROGRAMMES DE RECHERCHE LES PLUS SINISTRES AUX PLUS PROMETTEURS

Le sang jeune est considéré, autant dans les mythes que par certains cercles transhumanistes, comme un élixir de jouvence. Les premières transfusions de sang pour régénérer les cellules vieillissantes remontent aux années 1950. Mais les expérimentations se soldèrent avec une fin tragique : un professeur, s’étant injecté le sang d’un étudiant atteint de malaria et tuberculose, serait ironiquement décédé des suites de ces maladies. Depuis, une étude datant de 2014, publiée par la prestigieuse Université de Harvard, a remis l’idée au goût du jour. La start-up américaine Ambrosia propose des injections de plasma d’adolescents pour 8’000 dollars. Tout personne au-dessus de 35 ans et prête à payer ce prix pour un shot de juvénilité, est éligible en tant que cobaye au programme de recherche de la firme californienne. En espérant sincèrement qu’il n’aboutisse pas, au risque de rentrer dans un monde où le plasma d’enfants devienne un antidote convoité, ouvrant ainsi la porte à d’inquiétants marchés noirs.

Il faut attendre les années 1990 pour assister à l’essor des programmes de manipulation génétique. Les premières expériences sur des nématodes ont été concluantes et la durée de vie de ces vers de terre avait été multipliée par 10. Celles sur des rats de laboratoire ont permis de doubler leur espérance de vie. Bien que les différences entre les codes génétiques de ces espèces et des êtres humains semblent infinies, ces expérimentations ont ravivé les espoirs de la communauté scientifique. Faut-il pour autant rechercher un allongement de la vie à tout prix? Rappelons-nous de l’histoire du prince troyen Tithon, condamné au dessèchement éternel. Diminuer les symptômes liés au processus cellulaire vieillissant ne semble-t-il pas plus indiqué?

Les traitements en pipeline dans les biotechs se distinguent entre ceux qui assurent la jeunesse des cellules et ceux qui soignent directement les maladies dégénératives. L’arrêt du cycle cellulaire, la sénescence, est l’une des causes les plus étudiées du vieillissement. Suite à un stress biologique, comme l’oxydation ou une brèche de l’ADN, certaines cellules cessent de se diviser et deviennent sénescentes, sécrétant une protéine toxique qui contamine les cellules adjacentes, provoquant ainsi des inflammations dans le corps et la dégradation des tissus. Les médicaments sénolytiques seraient capables d’entraver ce processus en éliminant les cellules touchées. Jusqu’à présent, ces substances n’ont pas été testées sur des êtres humains mais sont considérées pour traiter l’arthrose, les maladies ophtalmologiques et les affections pulmonaires.

Plus intrusive, la thérapie génique cible directement les gènes responsables du vieillissement cellulaire en y insérant un fragment d’ADN modifié. Plus concrètement, le système CRISPR, un outil de génie génétique cible des séquences répétées dans l’ADN afin de le rectifier. Cette édition de génome permettra de soigner le cancer et d’offrir des traitements médicaux personnalisés. Néanmoins, comme toute forme de manipulation génétique, le CRISPR a aussi soulevé un certain nombre de questions éthiques.

Les télomères, dont la découverte a valu le prix Nobel à Élisabeth Blackburn en 2009, sont des boucliers qui protègent les extrémités des chromosomes. Or, ces protections raccourcissent avec les années jusqu’au point de devenir trop courts pour permettre la reproduction cellulaire. D’ailleurs, leur longueur permettrait une approximation de l’espérance de vie. Les enzymes télomérases assurent leur croissance et ces dernières sont également impliquées dans un grand nombre de cancer. En préservant les télomères, il serait possible de maintenir l’information génétique intacte et de diminuer les risques de maladies associées à l’âge.

Enfin, les thérapies neurodégénératives consistent en des greffes de cellules souches pour combattre directement les affections cérébrales – souvent irréversibles – telles que les maladies d’Alzheimer et Parkinsons.

LES VOIES ALTERNATIVES

A côté des avancés biologiques, la nanotechnologie permettra à la future génération de matériel médico-chirurgical d’émerger. D’ici 10 ans, les nanobots modifieront la prise en charge des cancers. Il s’agit des nano-robots circulant dans le sang et capables de réparer des lésions de l’ADN. La nano-médecine quant à elle, peut déjà transporter des molécules directement dans les zones cibles. La technologie NBTXR3 permet des injections effectuées au cœur des cellules cancéreuses. Actuellement utilisée pour les cancers des tissus mous, cette technologie devra bientôt être transposée à d’autres types de pathologies cancéreuses.

A plus court terme, les compléments alimentaires, qui répondent aux besoins de consommateurs toujours plus soucieux de leur vitalité, pourraient offrir des perspectives intéressantes. L’urolithin A, une substance découverte en Suisse, est capable de régénérer les mitochondries. Ces organites sont des producteurs d’énergie cellulaire et leur déclin est responsable de la dégénération musculaire. Cette molécule, considérée plus puissante que la vitamine C, n’est pas encore commercialisée mais a été synthétisée à partir d’un nutriment présent dans la grenade. D’autres molécules sont également étudiées pour leur propriété anti-âge telles que le résveratrole présent notamment dans le raisin – et le vin – mais déjà commercialisé dans l’industrie cosmétologique et la curcumine (présente dans le curcuma, une épice indienne), ainsi que les enzymes NAD+ et NMN.

La majorité des techniques mentionnées ne sont qu’à leur phase préliminaire. Du temps et de la patience seront nécessaires avant qu’elles n’arrivent à maturité. Les programme de recherches des biotechs sont soumis à de longues phases cliniques. Dans la prochaine partie, nous identifierons les sociétés cotées les plus prometteuses. En attendant la disponibilité de ces techniques d’avenir, conserver sa jeunesse n’a rien de révolutionnaire: consommez suffisamment de fruits et légumes pour leurs propriétés antioxydantes, évitez le stress, et, bien sûr, bannissez le tabac et les zones de conflit…

1 EY Biotechnology report 2017 – Beyond borders – Staying the course

Investir dans le nouvelle route de la soie – Dernière partie

L’initiative Belt and Road a un impact positif tant sur les marchés actions que sur l’obligataire. Mais attention au surendettement.  

 

© Kystone
Lors d’un premier épisode, nous avions apporté un éclairage sur le cadre géographique de l’initiative Belt and Road (BRI). Dans une deuxième partie, nous avions évoqué les rouages complexes du système financier tentaculaire monté par la Chine pour financer l’initiative. Nous abordons aujourd’hui les opportunités d’investissement ouverts par la nouvelle Route de la Soie.
LA CRÉATION D’UNE ZONE ÉCONOMIQUE DU FUTUR

L’initiative Belt and Road, financée principalement par la dette souveraine ou quasi-souveraine, soutient des pays affichant des notes de crédit de faible qualité, spéculatives, voire inexistantes. Dans ces conditions, il convient de s’interroger sur leur capacité à repayer leurs dettes. Cependant, il s’agit d’une opportunité unique pour stimuler leurs économies et créer, à terme, un écosystème dynamique. Les grands marchés de l’initiative (la Russie, l’Indonésie, la Corée du Sud, la Turquie, l’Iran, la Thaïlande, Taiwan et la Pologne), ouvrent leur bras aux investisseurs internationaux. Mais ce sont les économies les plus modestes – et les bien moins notées – qui en recueilleront les fruits le plus rapidement. Dans cette troisième et ultime partie, nous survolerons certaines opportunités d’investissement du thème de la nouvelle Route de la Soie.

DES PRIMES DE CREDIT EN AMELIORATION

Les restrictions d’investissement, les lois anti-trust et les règles locales environnementales sont des barrières à la bonne marche des projets. Mais l’instabilité politique demeure – avec le défaut de paiement – un risque majeur. Au Sri Lanka, le dernier changement de gouvernement a retardé un projet d’installation portuaire à Colombo. Malgré les financements importants en jeu, les attitudes hostiles persistent face aux investisseurs chinois. Leurs méthodes ne sont pas au goût de tous. Ainsi, Islamabad s’est rétracté sur la construction d’un barrage à cause des conditions imposées. Au Népal, un autre projet de barrage hydro-électrique a avorté pour des raisons similaires. C’est donc avec la plus grande prudence que l’on investit sur la dette souveraine des pays de l’initiative. De plus, dans le cas des plus vulnérables, les prêts chinois amplifieront leur ratio de dette sur PIB à des niveaux où le remboursement pourrait devenir encore plus problématique.

Selon Invesco, les nouvelles obligations émises par les pays de la BRI vont offrir (en comparaison d’échéances et de ratings similaires) des rendements plus élevés que sur les marchés matures grâce aux revenus escomptés des projets d’infrastructures et, à moyen terme, de ceux qui s’y rattacheront ultérieurement. D’ailleurs, d’après leurs recherches, la tendance des écarts de crédit est en nette amélioration depuis 2016 , ce qui réduit le coût du capital.

Source: Invesco, Bloomberg

A titre d’exemple pour des obligations souveraines libellées en USD, la République d’Indonésie (échéance 2020), revalorisée l’an dernier à BBB, offre un coupon de 5,875% alors que le Kazakhstan (échéance 2042) pour un rating identique, offre un coupon de 9,95%.

La Chine investit massivement sur le couloirs économique sino-pakistanais. Elle a octroyé 55 milliards de dollars US au Pakistan, propulsant ainsi son ratio d’endettement publique au-delà d’un seuil critique. Malgré cela, ses écarts de crédit n’augmentent pas car la Chine vise à métamorphoser cette région en une zone économique dynamique. Pour ce faire, elle construit une installation portuaire à Gwadar, des pipelines, des réseaux autoroutiers et des trains à grande vitesse, et enfin, compte installer des câbles de fibre optique. Depuis 2015, le Pakistan bénéficie d’un rating B. A titre indicatif, il a émis une obligation en dollar US (échéance 2036), assortie d’un coupon de 6,75%.

PRIVILEGIER LA DETTE EN DEVISE FORTE

Paradoxalement, nous n’assistons pas à une dé-dollarisation de la région eurasiatique. Du côté des investisseurs,  les émissions en dollar restent très prisées pour leur liquidité. Certains souhaitent aussi s’immuniser contre les fluctuations du renminbi. Du côté des émetteurs, le dollar permet d’attirer des capitaux étrangers avec plus de facilité. Enfin, rappelons-nous que l’initiative consiste également à recycler les réserve de changes chinoises.

Les banques commerciales chinoises commencent aussi à émettre sur de nouvelles places boursières. Les banques d’État ont émis la plus grande portion de la dette. Sur les places boursières offshore, il est possible d’investir sur les Kung-Fu bonds, des titres libellés en dollar US émis par des entités chinoises. Dorénavant, via le bonds connect, les investisseurs institutionnels internationaux pourront avoir accès au marché obligataire continental interbancaire chinois via la bourse de Hong-Kong. En quête de capitaux internationaux, les banques commerciales chinoises commencent aussi à émettre sur de nouvelles places boursières. En 2017, Bank of China, a émis 700 millions d’obligations libellées en euro au Luxembourg. Elles sont aussi friandes de devises. Cette année, BOC a émis un Floating Rate Note (FRN) pour l’équivalent de 3 milliards de dollars US en dix tranches incluant du dollar US, de l’euro, mais aussi du dollar australien, du dollar néo-zélandais et du dollar singapourien.

Les investisseurs les plus aventureux souhaitant s’exposer à la devise chinoise peuvent accéder aux Dim Sums, des obligations en renminbi émises sur les places boursières offshore. China Construction Bank a émis en 2015 une obligation Belt and Road Infrastructure pour 1 milliard de renminbi (soit 152 millions de dollars US) cotée à Singapour. Les rendements moyens escomptés sur les banque d’État notées single A, pour des maturités de trois et dix ans sont de 3,86% et 3,50% respectivement mais les banques vont réduire progressivement leurs émissions car leur bilan sont déjà fortement impactés par les prêts de faible qualité (Non Performing-Loans) domestiques.

Surfant sur la tendance de la finance durable, les banques chinoises émettent des obligations vertes à l’instar de ICBC (Industrial and Commercial Bank of China) qui a lancé le One Belt One Road Green Climat Bond en dollar US et en EUR pour l’équivalent de 2,15 milliards de dollars US.  Cette émission financera une large palette de projets dans l’énergie renouvelable, les technologies à faible empreinte carbone et la gestion durable de l’eau.

Environ une cinquantaine de contrats ont été remportés par des entreprises d’État.

Enfin, les banques multilatérales de développement comme l’AIIB (Asian Infrastructure and Investment Bank) ou la NDB (New Development Bank) qui jouissent du meilleur rating (AAA), n’ont regrettablement pas encore émis beaucoup d’obligations. Elles semblent endosser un rôle de fournisseur de capitaux plutôt que de bénéficiaire. Néanmoins, NDB a émis un emprunt à faible liquidité de 3 milliards de renminbi à échéance 2021 dont le rendement actuel est de 3,85%. AIIB, de son côté, a annoncé une première émission de 1 milliard de dollar US dans le courant de l’année. Pour l’instant, elle a émis sur le marché monétaire des euro commercial papers libellés en dollar US.

LES INFRASTRUCTURES ET L’ENERGIE: SECTEURS PORTEURS A MOYEN TERME

Environ une cinquantaine de contrats ont été remportés par des entreprises d’État, ce qui leurs donne accès à des régions où elles ne partaient avec aucun avantage concurrentiel. China Railway Group a ainsi remporté deux contrats de construction au Nigeria. Mais tout les projets ne leur seront pas destinés car elles ne maitrisent pas (encore) toutes les technologies. Elles sont aussi en concurrence avec des entreprises coréennes, japonaises et les multinationales occidentales. Ainsi, Siemens Honeywell, GE, ABB, Caterpillar et Boeing se sont mis sur les rangs. Cette concurrence internationale va forcer les entreprises d’État à améliorer leurs pratiques et leur transparence. La Chine souhaite les transformer en acteurs internationaux de premier ordre. Mais cela se fera au prix de réformes importantes. Sinohydro et China State Construction Engineering font déjà partie de la première génération opérant hors de leur frontière.

Les entreprises privées (POE) sont aussi dans la course. Shanghai Challenge Textile est présente au Pakistan, Envision Energy a contribué à un projet d’énergie renouvelable au Monténégro, l’incontournable Tencent a effectué des acquisitions en Inde alors que Country Garden est sur un projet de ville forestière en Malaisie.

Les entreprises chinoises implantées à l’étranger vont tirer parti des nouvelles infrastructures. Par exemple, la Chine construit des parcs industriels de la Malaisie à l’Éthiopie afin de délocaliser dans des régions où les coûts de production sont plus bas et de contourner les barrières tarifaires d’importation.

Des pipelines et des gazoducs à l’instar de celui entre la Chine et le Turkménistan sortent de terre. Les infrastructures énergétiques (incluant des réseaux électriques transnationaux) et les énergies renouvelables sont les cibles prioritaires des fonds multilatéraux. Des entreprises issues de l’industrie nucléaire se diversifient dans les nouvelles énergies, à l’instar de China National Nuclear et China General Nuclear qui ont remporté deux contrats au Pakistan en Malaisie. Enfin, le secteur pétrolier et gazier au coeurs des préoccupations géoéconomiques pour assurer l’approvisionnement énergétique considérable de l’Empire du Milieu. Des pipelines et des gazoducs à l’instar du celui entre la Chine et le Turkménistan sortent de terre. Sinopec et China National Petroleum Corporation ont raflé les premiers contrats en Afrique et en Asie Centrale. D’autres projets avec la Russie sont en cours.

Enfin, les société actives dans le transport, la logistique et le fret comme China Cosco Holding, l’un des plus grands armateurs mondiaux de porte-conteneurs ainsi que les sociétés allemandes DHL et DB Shenker, déjà bien implantées, ont les atouts nécessaires pour soutenir ces nouvelles activités commerciales.

INVESTIR DANS LES SOCIETES CHINOISES

Alors qu’une majorité d’actions sont cotées sur les places boursières continentales à Shanghai ou Shenzhen (classe A), certaines le sont également à Hong-Kong (classe H) en dollar hongkongais (arrimé au dollar US), destinées aux investisseurs offshore. Depuis la création du Stock Connect reliant les bourses de Hong Kong à celles de la Chine continentale, les actions A sont devenues partiellement accessibles aux actionnaires internationaux.  Enfin, certaines grandes valeurs sont disponibles en dollar US sur les places boursières américaines sous forme d’ ADRs.

Comment les sélectionner? Selon Aman Kamel, gérant du fonds actions Synchrony sur le thème des nouvelles routes de la soie, le niveau de gouvernance des actions chinoises de classe A est inférieur à celui des actions cotées à Hong Kong et les frais de courtage y sont plus élevés. Mais la répartition sectorielle n’y est pas identique. Les valeurs financières et technologiques sont très concentrées sur l’indice Hang Seng Entreprises (Hong-Kong) alors que les valeurs industrielles, les matériaux de base et l’énergie sont mieux représentées sur le Shanghai Composite. D’ailleurs, bien que les bourses chinoises aient sérieusement sous-performé les marchés occidentaux (Shenzhen: -20,18, Shanghai -15,48 et Hang Seng -5,26), il y a une forte dispersion des performances et ce sont les secteurs liés à l’initiative BRI qui semblent le mieux résister. Les valeurs industrielles sur Shanghai Composite (qui incluent les activités d’infrastructure) sont restées stables alors que sur Hong-Kong, les performances du secteur de l’énergie et des fournisseurs d’énergie sont de 15,51% et 4,0% respectivement.

D’ici 2025, Baker McKenzie estime que l’initiative s’étendra à d’autres secteurs comme la production industrielle, la technologie, l’immobilier et la télécommunication qui prospèreront grâce aux premiers investissements. Les entreprises locales en tireront aussi avantage. D’autres naîtront de cette initiative, notamment dans le cadre de fusions et acquisitions eurasiatiques. D’ailleurs, les entreprises chinoises ont déjà commencé à prendre des participations stratégiques dans la production d’uranium au Kazakhstan. De ce nouveau centre de gravité économique, des opportunités inimaginables émergeront avec les années. Mais pour l’heure, ce projet à long terme construit les fondations du paysage économique du futur.

Investir dans la nouvelle route de la soie – Partie 2

La Chine a conçu un système financier tentaculaire qui inclut l’appel aux capitaux privés.

Lors d’un premier épisode, nous avions apporté un éclairage sur le cadre géographique de l’initiative Belt and Road (BRI). Plus de 1’700 projets d’infrastructures ont déjà été recensés le long de la nouvelle route de la soie . Dans cette partie, nous résumerons les rouages complexes qui amalgament des accords bilatéraux, des institutions financières internationales, des banques d’Etat et des fonds souverains chinois. Ce plan titanesque ambitionne également d’attirer des capitaux privés.

 

Un écosystème sophistiqué 

La Chine a été l’investigatrice du financement de la BRI en allouant les premiers prêts, notamment pour la construction de gazoducs en Asie centrale, d’installations portuaires au Sri Lanka ainsi que de chemins de fer et de réseaux autoroutiers en Afghanistan. Disposant d’une réserve de devises colossale investie en bons du trésor américain, elle peut ainsi, par l’intermédiaire de l’initiative, recycler ses excédents commerciaux dans des projets avec un retour sur investissement non négligeable. Car il ne s’agit pas – à proprement parler – d’aide aux pays en voie de développement, mais bien d’une opération commerciale et économique qui pourrait stimuler le PIB mondial à hauteur de 12%. D’ailleurs, les prêts chinois accordés (dans le cadre d’accords bilatéraux) à des pays dont le rating est de qualité médiocre, ont été assortis de clauses de garanties drastiques comme celles exigées sur les ressources naturelles africaines. Notons que, selon Bloomberg, plus de la moitié des pays sur la nouvelle route de la soie sont assortis d’une note de crédit de qualité «junk», ou même inexistante comme l’Afghanistan, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Myanmar ou le Laos.

Cependant, la Chine ne compte pas assumer à elle seule l’intégralité du financement de la BRI. Les autres pays se mobilisent aussi. Dans ce sens, le gouvernement chinois a entrepris un travail diplomatique significatif pour constituer des institutions internationales et pour se lier par des accords bilatéraux avec de nouveaux partenaires commerciaux tels que l’Inde et la Russie. Le vaste système financier qu’elle a mis sur pied distingue les capitaux destinés aux projets d’infrastructures dans les pays de la BRI (financés par les banques multilatérales) de ceux à l’intention des entreprises chinoises, soutenus par les banques commerciales étatiques et les fonds souverains chinois.

Jusqu’à présent, les quatre plus grandes banques commerciales d’Etat (Industrial and Commercial Bank of China, Agricultural Bank, China Construction Bank et Bank of China) ainsi que la China Development Bank (premier émetteur de «dim sum» dont les émissions représentent le quart du marché obligataire en renminbi) et l’EXIM Bank, ont levé la plus grande partie des fonds. Mais à mesure que le projet gagne en envergure, ces fonds doivent être relayés par d’autres sources pour éviter une concentration excessive des risques. Rappelons que les banques commerciales chinoises sont déjà sujettes à une sérieuse problématique de prêts domestiques de mauvaise qualité qui pèsent sur leurs bilans.

D’ici 2030, selon une étude de Baker Mckenzie, la moitié des projets de la BRI seront financés par des banques multilatérales, des gouvernements étrangers mais aussi par des capitaux privés dont des gérants de fonds traditionnels et alternatifs. Les banques commerciales chinoises n’ont pas encore acquis assez d’expérience dans l’évaluation des risques de crédit sur les projets transfrontaliers et devront donc s’allier avec des banques locales et globales. En outre, pour attirer les investisseurs privés internationaux, elles auront besoin du savoir-faire des banques internationales capables de structurer des projets attractifs. En attendant, la demande d’assurances contre les risques de défaut de crédit reste forte.

 

Le fonds souverains Silk Road Funds, dont 100 milliards de dollars supplémentaires viennent d’être alloués, est financé entièrement par les réserves de changes. L’audit préalable de chaque décision est exigeant. Il porte sur la stabilité des pays et les cadres légaux. Les inefficiences des gouvernements sont étudiées avec soin. Le Pakistan a bénéficié de leurs premiers investissements stratégiques. Autre acteur d’importance, le fonds d’investissement Silkroad Gold se concentre exclusivement sur les projets d’extraction minière.

S’affranchir des institutions américaines

L’Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB) constituée en 2015 dans le cadre de cette initiative, ambitionne de rivaliser avec les anciennes institutions sous leadership américain comme le WTO et le FMI, à qui, la Chine reproche de minimiser le poids des pays émergents. Ainsi, l’AIIB, notée AAA et dotée d’un capital de 100 milliards de dollars, comptait à ses début 57 pays membres fondateurs. Aujourd’hui, le nombre total des membres a augmenté à 83. Ses trois priorités sont les investissements durables, la connectivité transfrontalière et la mobilisation des capitaux privés.

Les pays hors Asie, en Europe et en Afrique notamment, ont contribué à hauteur de 25% du capital. Les droits de vote sont attribués selon la pondération de plusieurs facteurs dont le PIB du pays membre et sa contribution au fonds. Ainsi, 75% des droits de vote sont réservés aux pays asiatiques, donnant ainsi aux plus petits une prépondérance de vote dans la sélection des projets. Mais la Chine (29,8 milliards) se réserve la part du lion, loin devant l’Inde (8,4 milliards) et la Russie (6,5 milliards). Viennent ensuite l’Allemagne (4,5 milliards) et la Corée du Sud ex aequo avec l’Australie (3,7milliards). La Suisse, qui s’est aussi intéressée aux perspectives offertes aux sociétés helvètes, a contribué à hauteur de 700 millions de dollars.

Relevons que les Etats-Unis et le Japon n’y participent pas. Certains pays «clients» d’Europe de l’Est et d’Asie centrale ne sont pas non plus membres. En fait, l’institution ne compte que 7 membres parmi ses clients.

A ce jour, l’AIIB a approuvé six projets, principalement en Inde et dans le domaine de l’énergie. Cinq d’entre eux ont été cofinancés en partenariat avec l’ADB (Asian Development Bank), l’EDB (Eurasian Development Bank) ou encore la Banque Mondiale.

Bien que ce système financier favorise les entreprises d’Etat chinoises pour l’obtention des contrats de chantier, la concurrence avec les entreprises privées chinoises et les multinationales les obligeront à adopter les meilleures pratiques et à devenir plus transparentes.  Notons toutefois que, contrairement à d’autres institutions, l’AIIB ne limite pas les appels d’offres à certains pays. Enfin, les entreprises locales vont profiter directement des flux d’investissement. D’ailleurs, certaines places boursières, à l’instar d’Astana au Kazakhstan, s’organisent déjà pour accueillir ces flux.

La BRI est une opportunité sans précédent pour les pays d’Asie centrale, du Sud-est asiatique et d’Europe de l’Est. Il est probable que ses retombées économiques se feront ressentir plus rapidement sur les économies de taille modeste, mais elles sont aussi plus exposées aux risques.

Dans un prochain – et dernier – volet de cette courte série sur la Route de la Soie, nous nous attacherons à identifier quelques opportunités d’investissements.

 

Investir dans la nouvelle route de la soie – Première partie

ob_c32b6b_piwisy-taichi-asso-cercle-de-soie-2

Un projet chinois estimé à près de 800 milliards de dollars.

 

L’initiative dite de la Route de la Soie (Belt and Road Initiative – BRI), lancée en 2013 sous l’impulsion du président Xi-Jinping, est un projet d’infrastructures d’une ampleur sans précédent. Le plan Marshall n’en pesait que le quart. Ce projet ambitionne de connecter physiquement à la Chine, l’Asie du Sud-Est, l’Asie Centrale, l’Europe mais aussi l’Afrique, par voies routières, ferroviaires et maritimes.

L’ancienne route de la soie assura pendant des siècles, d’est en ouest, le commerce d’une soie chinoise et d’épices dont raffolaient les Européens. Elle acheminait, d’ouest en est, esclaves et armes de guerre.

L’initiative, inspirée de l’ancien tracé, s’articule autour d’un nouvel axe commercial principal doté de plusieurs confluents  et prévoit la création de nombreux couloirs économiques. Le parcours, entre mer et terre, dessine une ceinture inter-régionale exprimant une vision chinoise de l’intégration économique. A l’heure des montées protectionnistes américaines, cette initiative qui se veut celle d’un commerce équitable, rencontre des échos favorables de la part des peuples appelés à y participer.

Ce premier épisode se consacre à son cadre géographique. Dans un second, nous nous intéresserons aux pays y participant et aux rouages complexes de son financement. Enfin, les opportunités économiques et les possibilités d’investissements seront identifiées lors d’un troisième et dernier épisode.

Des ponts entre les pays

Selon un rapport de la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), la ceinture économique imaginée par la Chine, représente un gigantesque marché de 68 pays, pour une population totale d’environ 4,5 milliards d’habitants (62% de la population mondiale), et un PIB total d’environ 23’000 milliards de dollars US, soit le tiers du PIB mondial. Pour cette organisation, une demande de coopération régionale entre les pays en développement a émergé afin de favoriser un ajustement de l’économie mondiale et du système de chaîne d’approvisionnement. Voies routières, réseaux ferroviaires et installations portuaires commencent déjà à sortir de terre dans les pays en recherche de financement, en Asie, en Afrique et en Europe de l’Est.

Ce réseau d’infrastructures dédié au transport de marchandises – et de personnes – se décompose en trois dimensions. Un axe routier principal part de l’ouest de la Chine et traverse l’Asie centrale (le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan), Téhéran puis Istanbul pour déboucher en Europe. Deux autres itinéraires sont également envisagés: un premier passant par le Kazakhstan et la Russie et un deuxième traversant le Kazakhstan via le port de Kuryk, sur la mer Caspienne. L’initiative progresse aussi sur la création de six couloirs dynamiques visant à stimuler la croissance économique régionale. Le plus important étant le corridor sino-pakistanais.

 

La nouvelle route de la soie

 

 

Les lignes ferroviaires eurasiennes pour le transport du fret ne sont pas nouvelles. La première, qui date de juillet 2011, reliait déjà Chongqing à Duisburg (Allemagne) en 16 jours. Elles sont plus rapides et plus sûres que les voies maritimes dont les embarcations peuvent être victimes de tempêtes, de blocus, voire de piraterie. Elles sont évidemment bien moins couteuses que les voies aériennes. D’ailleurs, c’est dans un effort de réduction des coûts, que les entreprises automobiles et électroniques ont donné l’impulsion à ces longues dessertes. VW, Audi et BMW y acheminent déjà leurs composants vers les usines d’assemblage situées en Chine. Apple, HP et Acer les utilisent pour rapatrier leur production «made in China» vers leurs centres de distribution européens. En 2013, un première trajet, lancé dans le cadre de la BRI, a relié Zhengzhou à Hambourg en moins de 20 jours. En 2015, Nanchang a desservi Rotterdam en 17 jours, après avoir traversé la Russie, la Biélorussie, la Pologne et l’Allemagne. Enfin, depuis 2016, des wagons remplis de marchandises chinoises débarquent à Lyon. Un projet de train à grande vitesse, prévu pour 2026, viendra compléter ce réseau. En prolongation de l’actuelle ligne Lanzhou-Urumqi, il permettra de relier Pékin à Londres, via le tunnel sous la manche, en moins de 48 heures.

Des projets d’installations portuaires et de plateformes de traitement du fret sont prévues dans l’Océan Indien, au nord-est de l’Afrique et en Europe à l’instar des sites de Bakou en Azerbaïdjan et de Gwadar au Pakistan. Les navires partent du sud de la Chine, sillonnent le sud-est asiatique, le sous-continent indien et parcourent l’océan Indien pour rejoindre la Tanzanie. Par la mer Rouge et le Canal de Suez, ils continuent leur voyage en direction d’Athènes pour voguer jusqu’à Venise, bouclant ainsi la ceinture.

Enfin, la phase ultime du projet sera la mise en place d’un réseau de fibre optique permettant le transit des données informatiques le long de ces axes commerciaux.

La Route de la Soie permettra non seulement à la Chine de sécuriser ses approvisionnements, mais aussi d’accroître son influence dans l’arrière-cour russe et au-delà. Néanmoins, certaines régions en Asie centrale sont toujours sous tension. En Ouzbékistan, au Cachemire et au Baloutchistan, l’évolution des conflits est difficilement prévisible.

Bien plus qu’une liste de projets disparates, la Belt and Road Initiative émane d’une vision stratégique globale comprenant plusieurs niveaux d’intérêt non seulement pour la Chine mais aussi pour les autres pays participants. Bien évidemment, c’est une manière de mettre à l’épreuve l’ordre mondial établi, sous influence américaine. D’ailleurs, le plan Marshall post-seconde guerre mondiale fut un premier type de modèle d’intégration économique. La différence fondamentale entre ces deux modèles, est que le système américain préconisait l’intégration via des traités commerciaux (qui sont d’ailleurs en train de s’effondrer les uns après les autres), alors que la BRI privilégie la connectivité physique. In fine, au-delà des aspects commerciaux, la Chine pourra étendre sa sphère d’influence géostratégique tout en écoulant ses excédents de production – notamment d’acier – en direction les marchés africains et européens. Nous aborderons, dans une prochaine chronique, le rôle des pays participant à l’initiative et quelles sont ses sources de financement.

Investir à contre-courant

Capture d_écran 2018-06-22 à 23.33.24

 Chaque fois que vous vous trouvez du côté de la majorité, il est temps de faire une pause et de réfléchir (Mark Twain).

Les investisseurs contrariants (contrarian) et value  sont très semblables ; ils exploitent les erreurs d’appréciation du marché. Armés d’une force de caractère, ils se tiennent loin des titres les plus détenus et recherchent les perles rares sous-évaluées. Patients, ils attendent que le marché leur donne raison avec le temps. Aussi, ils se gardent d’avoir des vues sur les marchés ; ils se concentrent sur les fondamentaux des sociétés. Cependant, le contrariant se distingue avec une philosophie qui va au-delà de l’investissement value, cher à Benjamin Graham, son père fondateur. Explications avec 2 gérants qui évoluent à contre-courant .

Un modèle d’affaire résilient

L’évaluation de la qualité du modèle d’affaire prend une place prépondérante dans le processus d’analyse. Le contrariant estime qu’investir dans des entreprises temporairement négligées par les investisseurs court-termistes n’offre pas de garanties suffisantes. Pour Michael Clements, gérant en actions européennes chez SYZ Asset Management, l’avantage compétitif durable des sociétés est un élément fondamental dans son approche de gestion : «Un investisseur value achète des sociétés dont le marché ne valorise pas le cashflow de manière appropriée alors que nous identifions celles qui sont performantes quelles que soient les conditions de marché ». De la même façon, Raheel Altaf, gérant marchés émergents chez Artemis IM, estime se différencier en achetant des sociétés traitant à des valorisations attractives et pour lesquelles il voit un catalyste : « Nous recherchons des titres de sociétés dont la croissance accélère et qui traitent à des niveaux de faible valorisation.»

Echapper aux tendances de marché 

 Raheel Altaf est sous-pondéré sur le secteur de la technologie, un « crowed trade » dans le jargon financier.

En effet, le contrariant – dont la vision porte sur du moyen à long terme – estime que les effets de mode provoquent des distorsions dans les prix. «Pour le moment, le sentiment général du marché est positif, donc il y n’ a pas de profusion de titres en détresse.  Mais il y a toujours certains secteurs sous pression,  ce qui est intéressant pour la recherche d’idée », explique Michael Clements. Il apprécie les titres injustement en difficulté soit à cause d’un sentiment de marché négatif envers un pays, un secteur, ou des craintes liées à des facteurs cycliques. Pour identifier ces titres, il scrute les positions vendeuses les plus importantes pour en retirer ses conclusions. Les contrariants sont préparés à regarder au travers des arguments négatifs initiaux.

Des thématiques à contre-courant

 En 2017, Michael Clements avait implémenté une stratégie longue sur la volatilité. En début d’année, 10% de son portefeuille était positionné sur des entreprises qui tirent parti d’un retour de la volatilité. « Cette stratégie a très bien fonctionné en février,  lorsque la volatilité a explosé. Notre fonds contrariant a profité d’un important mouvement de hausse sur des titres tels que Flow Traders ».

Depuis un long moment, Raheel Altaf est passé surpondéré sur l’énergie, un secteur qui avait souffert de la faiblesse du prix du pétrole, début 2016. Ce pari a payé ces derniers 18 mois. « Ce secteur reste sous-détenu par les investisseurs et offre des valorisations attractives, de bons « free cashflow » ainsi que des perspectives positives pour un prix attractif », analyse le gérant. Il mise aussi sur certaines actions russes qui représentent 8% de son fonds. « Ces deux derniers mois,  nous avons assisté à un retour de la volatilité à cause des sanctions américaines, qui ont affecté tout le marché sans grande distinction. Par exemple la société Lukoil, malgré de solides fondamentaux, a été pénalisée par le marché. Nous y voyons un point d’entrée attractif», explique Raheel Altaf.

Un horizon d’investissement sur 5 ans

 Discipliné, le gérant contrariant ne s’écarte pas de sa stratégie, ce qui permet un taux de rotation des titres très bas. « D’un point de vue pratique, nous passons entre 4 et 8 semaines pour la recherche et l’analyse avant d’investir », explique Michael Clements qui contrôle le risque de perte de capital par trois degrés de protection de valeur. « Premièrement, nous achetons des sociétés qui ont un avantage concurrentiel durable sur un horizon d’investissement de cinq ans capables de générer des rendements élevés et un free cashflow dans la plupart des conditions économiques. Deuxièmement, nous aimons les entreprises dont les bilans sont capables de résister à des ralentissements économiques ou à une pression cyclique sur les revenus. Enfin, nous essayons de les acheter à un moment où les investisseurs à court terme sont nerveux afin de bénéficier d’un niveau d’évaluation attractif», détaille Michael Clements.

Boom des fusions & acquisitions

En phase haute du cycle économique, les activités des fusions-acquisition deviennent plus intenses.

L’appétit des investisseurs est favorisé par des conditions de crédit favorables. Pour l’année 2017, Thomson-Reuters a chiffré le montant total des transactions liées aux fusions et acquisitions à 245,8 milliards de dollars. Depuis le début de trimestre, Varenne Capital estime ces activités à un montant record de 1100 milliards de dollars dont 20 « méga deal » de plus de 10 milliards. Des chiffres impressionnants.

Les valorisations boursières à des niveaux stratosphériques ne découragent pas les investisseurs qui paient leurs acquisitions à un multiple médian de 14x l’Ebitda selon des données Bloomberg. Des valorisations boursières élevées peuvent même être avantageux lors d’un paiement en actions. Aux États-Unis, la tendance des fusions et acquisitions continue à être encouragée par la politique fiscale de Trump portant sur une réduction de l’impôt sur les sociétés de 35% à 20%.

1’700 milliards USD de poudre sèche

En revanche, les guerres commerciales et l’émergence de moyens de pression anti-trust tel que le CFIUS pourraient compromettre certaines opérations. Le blocage de l’acquisition de Qualcomm par Broadcomm est un exemple flagrant. Trump a fait valoir des arguments de sécurité nationale pour justifier ce blocage. La Chine aussi joue un rôle de garde-fou dans le cas de certaines opérations. Le taux d’échec des opérations de fusions et acquisitions serait compris entre 5 et 10%. Selon Varenne Capital, dans le cas où ces activités seraient amenées à traverser une période plus calme, les fonds de Private Equity déclencheront de nouvelles vagues de transactions. Ces fonds ont accumulé plus de USD 1’700 milliards d’argent levé, autrement dit, de poudre sèche.

Dans le pipeline 2018, l’OPE d’Essilor sur Luxottica est très attendue. Le mariage d’un fabricant de verres ophtalmologiques et d’un spécialiste de monture de lunette va créer une force de frappe sans précédent sur le secteur. D’autant plus, que la complémentarité de leur réseau de distribution va créer des synergies supplémentaires. Relevons dans le secteur industriel le rachat de Gemalto par Thales et l’achat d’Orbital par l’américain Northrop Grumman qui auront vraisemblablement lieu au cours du deuxième semestre.

Stratégies Merger & Arbitrage

Les stratégies des fonds alternatifs M&A sont à même de profiter de cet environnement. Les investisseurs profitent du spread entre les prix offerts par les acquéreurs et le prix des entreprises cibles. Le regain de volatilité observé dans les marchés boursiers cette année rend les spreads d’arbitrage plus intéressants. Chez Varenne Capital Partner, le fonds « Special Situation » qui englobe les stratégies M&A a offert la meilleure performance de toute leur gamme de fonds alternatifs. Selon le gérant, ces stratégies ont l’avantage de réduire le coefficient de corrélation aux marchés et de réduire la volatilité globale.

D’après la banque Pictet, les stratégies de Merger Arbitrage ont souffert de l’écartement des spreads sur certains deals de grosses capitalisations tel que Mansanto/Bayer et Sky /Fox/Comcast pour des raisons de mise à l’examen des transactions et des politiques protectionnistes. La performance de l’indice HFRI ED Merger Arbitrage est de 0.7 % depuis le début de l’année. Cet écartement récent des spreads va attirer l’attention des investisseurs jusqu’alors peu enclins à se lancer dans l’aventure à des niveaux plus bas.

Chronique de Février : le retour de la volatilité

Le mois de février a été marqué par le retour de la volatilité.  Après des mois de complaisance, les principales places boursières ont corrigé lors de pics de volatilité et ont effacé leurs gains de janvier.

Capture d_écran 2018-03-07 à 22.03.55

La volatilité (VIX) semble s’être installée autour des 18. Ce qui contraste avec une moyenne anormalement basse observée ces dernières années . Le VIX, c’est l’indice de la peur. Changement de régime ou situation éphémère sur les marchés actions ? Analyse de la situation sur 3 axes.

L’ombre de l’inflation

L’inflation américaine peinait à décoller malgré le « quantitative easing » de la Banque Centrale Américaine (Fed). En février, les chiffres du CPI et de l’augmentation des salaires sont sortis au-dessus des attentes. Est-ce que de telles données justifient les mouvements de panique auxquels nous avons assistés ? Sont-ils les prémisses d’une inflation galopante ou l’inflation sera contenue ? Il semble que la sensibilité du marché face à ces données ait diminué. Néanmoins, cela pourrait marquer fin d’une phase conjoncturelle dite « boucle d’or » caractérisée par une croissance économique couplée à une faible inflation.

Politique monétaire américaine plus « hawkish » ?

Corollaire de l’inflation, une hausse abrupte des taux d’intérêt préoccupe les investisseurs. M. Powell – le nouveau président de la Fed – s’est montré très optimiste sur la situation économique devant le Congrès.  Son intervention n’a pas manqué de déstabiliser les marchés. Allons-nous devoir composer avec 4 hausses de taux d’intérêt cette année au lieu des 3 escomptées par les marchés – dont une hausse en mars ?

« Buy the rumor, sell the new »

L’espoir de la réforme fiscale expansionniste avait contribué à porter les marchés actions en hausse depuis l’élection du Président Trump. Une fois cette réforme ratifiée, les investisseurs se sont questionnés sur son financement et son impact sur le déficit budgétaire américain. Une augmentation de ce dernier renforcera les exigences des investisseurs vis-à-vis du rendement des bons du trésor.

Le rendement du 10 ans américain a approché les 3% en février pour redescendre à 2.88%. Avec un dividende moyen du S&P autour dessous de ce seuil, toute hausse supplémentaire du 10  ans américain pourrait inciter les investisseurs à procéder à des arbitrages dans les actifs sûrs.

Bien que la croissance économique soit synchronisée et robuste, que les fondamentaux des sociétés restent intacts ; ces nouveaux éléments sont les préludes d’un changement de régime –  mais non d’une rupture – face auquel les marchés devront apprendre à composer.

Quel taux de rendement sur le 10ans américain déclenchera ces flux d’arbitrage qui signaleront le début d’une baisse durable des marchés ? Cela est précisément la question cruciale auquel le marché va tenter de répondre ces prochaines semaines.

 

 

Indices Au 6.03.2018 Performance %

depuis le 01.01.2018

S&P 500 (US) 2’728.12 2.04
Dow Jones (US) 24’884.12 0.67
Nasdaq (US) 6’913.02 8.08
Euro Stoxx 50 3’357.86 -4.17
DAX (ALL) 12’113.87 -6.22
FTSE 100 (UK) 7’157 -6.9
Nikkei 225 (JP) 21252.72 -6.64
SMI (CH) 8’765.66 -6.57
Hang Seng (HK) 30’198.53 0.93
MSCI World 2’117.77 0.65
Gold 1’325.78 1.76
Oil (WTI) 62.07 2.76
EUR / USD 1.2422 3.47

Source : FUW

Un début d’année euphorique

Les marchés boursiers ont repris l’année en hausse et ont continué d’enregistrer de nouveaux records. Le Dow Jones a cassé le seuil des 25’000 points. Le S&P 500 a franchi les 2’700 points. Suite au rebond des valeurs technologiques, le Nasdaq s’est envolé. Le SMI est à son plus haut point historique.

Indices 10.01.2018 Performance % sur 1 année
S&P 500 (US) 2’748.23 18.3
Dow Jones (US) 25’369.13 22.8
Nasdaq (US) 6’662.66 30.9
Euro Stoxx 50 3’609.83 7.2
DAX (ALL) 13’281.34 12.0
FTSE 100 (UK) 7’779.85 6.4
Nikkei 225 (JP) 23’710.43 19.2
SMI (CH) 9’524.96 12.8
Hang Seng (HK) 31’081.34 32.2
Gold 1317.90 11.49
Oil (WTI) 63.53 8.52

Source : FUW

 

2017 fut une excellente année où certains indices ont performé de plus de 20% tels que les 3 indices phares américains (S&P 500, Dow Jones, Nasdaq), le Nikkei 225 ou le Hang Seng. Impactées négativement par un Euro qui a pris en vigueur durant l’année écoulée, les bourses européennes n’ont pas pu atteindre d’aussi bonnes performances.

Cette hausse généralisée des marchés est soutenue par plusieurs facteurs. En premier lieu, nous nous trouvons dans un environnement macro-économique encourageant caractérisé par une croissance mondiale synchronisée. Les derniers indicateurs avancés tels que les PMI (Purchasing Managers Index) sont au-dessus de la moyenne autant aux États-Unis qu’en Europe et les taux de chômage y sont au plus bas. Notons aussi que le salaire horaire moyen au Etats-Unis est en légère progression de 2.5%. En Europe, la situation économique s’est améliorée en convergence avec une diminution des incertitudes politiques.

Deuxièmement, les politiques monétaires restent, pour l’heure actuelle, extrêmement accommodantes et maintiennent des taux d’intérêts historiquement bas. La Réserve Fédérale Américaine (Fed) va continuer son programme de normalisation des taux d’intérêt avec, en prévision, 3 hausses de taux pour 2018. La Fed maintiendra les mêmes principes de précaution malgré un changement de président à sa tête. M. Powell succédera à Mme Yellen en Février.

A côté de cela, une politique fiscale expansionniste vient d’être ratifiée aux Etats-Unis. Depuis l’élection de M. Trump, les marchés ont été alimentés par l’espérance de cette réforme fiscale.  Elle avantagera la compétitivité des entreprises américaines et devrait stimuler une inflation qui peine à atteindre l’objectif des 2% fixé par la Fed.

Enfin, les fondamentaux sont positifs. Les résultats des entreprises durant les 3 premiers trimestres de 2017 ont été globalement bons et l’on a assisté à une croissance des bénéfices de plus de 10% ainsi qu’une reprise des dépenses d’investissement (capex). Depuis la crise financière, les entreprises ont assaini leurs bilans.

Un tel environnement est favorable pour les actions.  Elles restent la classe d’actifs à privilégier pour 2018 qui vient en prolongation de 2017. Cependant, l’on s’attend à une hausse d’une amplitude moindre, particulièrement aux Etats-Unis qui arrivent à une phase mature de leur cycle économique. L’Europe et le Japon sont, en revanche, à mi-parcours de leurs cycles et leurs banques centrales respectives sont en retard sur la Fed qui a déjà haussé les taux. Aussi, les valorisations européennes sont plus attractives en termes de P/E que les valeurs américaines devenues plutôt chères. Enfin, les obligations à haut rendements ne pourront surpasser les rendements des actions dans la mesure où les écarts de spread ont déjà atteint les minimums. Les obligations souveraines ne présentent pas d’intérêt dans une dynamique de relèvement des taux. Les obligations convertibles, en revanche, pourront tirer profit d’une éventuelle hausse de la volatilité tout en maintenant un pari haussier sur les actions.

Les valeurs de croissance ayant le mieux performées en 2017 comme en témoigne les performances de fonds en actions « growth », nous pourrons assister à un regain d’intérêt pour les titres « value » qui ont été délaissés. Une rotation sectorielle pourrait   s’amorcer en faveur de secteurs défensifs tel que la santé et les télécoms. Les valeurs financières seront celles qui profiteront des hausses de taux d’intérêts.

En 2017, Le dollar a perdu 10% contre un panier de 6 devises étrangères et 12.4% contre l’Euro malgré 3 hausses de taux d’intérêt et cette tendance devrait perdurer avec une politique fiscale expansionniste. Le dollar semble avoir reverser sa tendance haussière de ces dernières années au profit d’un Euro stimulé par l’ économie dynamique de la zone Euro.

Un risque important pour 2018 réside dans la possibilité d’une surchauffe de l’économie lié à une politique fiscale expansionniste après des années de politique fiscale plus restrictive. Dans un tel cas, la remontée des taux sera plus agressive qu’anticipée. De plus, à mesure que les politiques monétaires non-conventionnelles des banques centrales s’estompent, le marché devra se contenter de moins de liquidité. Aussi, l’on gardera dans son viseur le niveau de volatilité qui fut anormalement bas l’année passée. Toute remontée abrupte de la volatilité sera de nature à engendrer des secousses sur les marchés.

Les publications des résultats annuels des entreprises vont commencer ces jours-ci. L’on s’attend à des résultats satisfaisants compte tenu des bonnes données conjoncturelles. L’année 2018 devrait, à moins d’un Black Swan politique, rester modérément haussière pour les actions. Les facteurs en place ont encore du souffle à apporter aux marchés. Relevons toutefois une nette préférence pour les actions Européenne et Japonaises dont les titres bénéficient de plus de marge d’expansion.

Chronique boursière au 5 Décembre : 11 mois de records d’indices boursiers aux Etats-Unis

Indices 04.12.2017 Perf.  en % depuis le 01.01.2017
S&P 500 (US) 2’660.24 18.3
Dow Jones (US) 24’523.40 22.8
Nasdaq (US) 6’321.68 30.9
Euro Stoxx 50 3’577.52 7.2
DAX (ALL) 13’062.96 12.0
FTSE 100 (UK) 7’332.27 2.2
Nikkei 225 (JP) 22’707.16 19.2
SMI (CH) 9’363.52 12.8
Hang Seng (HK) 29’138.28 32.2
Gold 1274.190 11.49
Oil (WTI) 57.61 8.52

                                               Source : FUW

 

Le mois de novembre s’est révélé positif pour les actions américaines avec des performances mensuelles de 4% pour le Dow Jones, 2.9% pour le S&P 500 et 2.2% pour le Nasdaq.  Les bons résultats trimestriels des sociétés américaines ont contribué à cette bonne tenue des marchés américains. Le S&P 500 se traite avec un P/E de 18.1 et son « dividend yield » est de 2.1%. Affichant une performance depuis le début de l’année de 38.8%, le secteur de la technologie brille au détriment des secteurs de l’énergie et des télécoms, les deux seuls secteurs affectés par des performances négatives (respectivement -5.6% et -6.6%). Le  S&P 500 n’est plus bon marché, mais nous sommes encore loin des exubérances des années 2000.

En Europe, les performances mensuelles sont en revanche dans le rouge. L’indice Euro Stoxx 50, qui représente les plus grosses capitalisations boursières de la zone euro, est en repli de 4.6%. Un Euro vigoureux a pénalisé ces entreprises fortement dépendantes des exportations : l’Euro s’est raffermi de 2.5% contre USD sur un mois.

« Buy the rumor, sell the new »

La réforme fiscale – dont l’espoir de sa concrétisation a porté les marchés en hausse depuis l’élection de Donald Trump – a été approuvée par le Sénat avec la majorité. Elle va être soumise à la Chambre de Représentants avant d’être finalisée. Elle avantage les sociétés en baissant leur taux d’imposition de 35% à 20%.  Cette première victoire pour Trump, qui est un bon commencement, a soutenu le taux de rendement du bon du trésor américain à 2.40, ainsi que le dollar qui se traite à 1.18 contre Euro. Elle a aussi stimulé le marché des actions américaines, mais de courte durée. Les investisseurs commencent à s’interroger sur le financement de cette réforme fiscale et sur son impact sur le déficit abyssal du gouvernement américain. Aussi, cette réforme pourrait inciter la Réserve Fédérale Américaine (Fed) à accélérer son programme de resserrement monétaire.

 L’économie américaine montre des signes de vigueur

Selon le Beige Book publié cette semaine par la Fed, la croissance économique est encourageante et la pression sur les prix se renforce modérément. Le PIB a progressé au troisième trimestre avec un taux de croissance annualisé de + 3,3% par rapport au trimestre précédent. L’indice ISM des directeurs des achats manufacturiers est sorti à 58,2 en novembre aux Etats-Unis. Dans la zone Euro, l’indice des directeurs d’achats est passé de 58,5 à 60,1.

Vendredi, les statistiques de l’emploi américain pour la période du mois de Novembre seront publiés. Les analystes s’attendent à une création de 200’000 nouveaux emplois. Ces chiffres seront analysés avec soin par la Fed lors de sa prochaine réunion du 13 décembre. A cette occasion, le consensus s’attend à une hausse de taux supplémentaire de 25 points de base pour clore l’année. Aurons-nous droit à un « Christmas Rally »? Nous nous retrouvons la semaine prochaine pour en discuter.

Chronique boursière au 3 novembre : Un marché haussier porté par de bons résultats d’entreprises.

 

Indices 03.11.2017 Perf.  en % depuis le 01.01.2017
S&P 500 (US) 2578.30 15.2
Dow Jones (US) 23’503.45 19
Nasdaq (US) 6246.76 28.2
Euro Stoxx 50 3’677.58 12.1
DAX (ALL) 13’448.16 17.1
FTSE 100 (UK) 7550.51 5.8
Nikkei 225 (JP) 22’478.85 17.6
SMI (CH) 9’291.15 12.9
Hang Seng (HK) 28.603.61 30
Gold 1’270 10.9
Oil (WTI) 60.89 6.91

                                                                        Source : FUW

 

 

Les marchés ont entamé le mois de novembre haussier portés par des résultats d’entreprises et des chiffres macroéconomiques globalement bons. L’indice ISM des directeurs d’achat (PMI) est passé de 58,8 à 60,8 points en septembre, soit le plus haut niveau depuis 13 ans. Les chiffres de l’emploi américain pour le mois d’octobre sont sortis vendredi. L’économie américaine a créé 261’000 nouveaux emplois. Le taux de chômage a baissé à 4.1% et le salaire horaire a augmenté de 2.4% sur glissement annuel. En Europe, l’indice PMI s’est aussi amélioré le mois dernier. Grâce à une reprise économique robuste en Europe, le chômage est également au plus bas depuis huit ans.

L’économie mondiale se trouve actuellement dans une phase que les économistes nomment « Goldilocks» en référence au conte éponyme ; l’économie n’est considérée ni trop chaude, ni trop froide. Il s’agit plus précisément d’une expansion économique couplée à une faible inflation. Cet environnement a stimulé de nouveaux records boursiers.

La présidente de la Réserve Fédérale Américaine (Fed), Janet Yellen, a réitéré la nécessité d’une hausse graduelle des taux d’intérêt malgré les faibles chiffres de l’inflation (en-dessous de son objectif des 2%). Cela dit, lors de sa réunion de cette semaine, elle a maintenu les taux d’intérêts inchangés. Une troisième hausse ultérieure pourrait probablement avoir lieu le 6 décembre lors de la dernière réunion de la Fed de l’année. Janet Yellen arrivant à la fin de son mandat de Présidente,  elle sera remplacée par Jérôme Powel, un avocat et ex-banquier d’affaires, fraichement nommé par Donald Trump. Sans surprise, c’est un républicain qui a été désigné pour cette fonction. Néanmoins, Jérôme Powel, actuellement membre de la Fed, a toujours suivi Janet Yellen dans ses décisions et devrait s’aligner sur cette continuité ; à savoir, des hausses de taux d’intérêt prudentes.

Nous sommes en pleine saison des publications des résultats des entreprises. Ce n’est pas les performances absolues des revenus qui attirent l’attention des marchés, mais leur performance relatives face aux attentes des analystes financiers et autres investisseurs – ce que l’on appelle « le consensus ».

Dans le secteur financier, Goldman Sachs et Morgan Stanley dépassent les attentes en termes d’augmentation des revenus grâce aux activités d’investissements pour la première, et de gestion de fortune du segment « clients ultra riches » pour la seconde. Deutsche Bank a, d’un côté, déçu les investisseurs en publiant un revenu inférieur aux attentes du à des faibles activités de courtage, mais, d’un autre côté, leur programme de réduction des coûts a été assez consistant pour dégager un profit net au-dessus des attentes. La compagnie de réassurance Swiss Re affiche une perte désastreuse à cause de l’impact des ouragans.

Le secteur de la technologie, qui affiche une performance de 37% (indice US) depuis le début de l’année, se distingue brillamment des autres secteurs. Les résultats des entreprises technologiques, à quelques exceptions près, sont excellents. IBM dépasse les attentes avec ses activités dans le « cloud ». Facebook dépasse aussi les attentes grâce à la publicité vidéo. Seul bémol ; elle a communiqué que des frais de sécurité (suite au fake news) impacteront sa rentabilité future. Cela a poussé les investisseurs à prendre des profits sur les niveaux actuels et a tiré le prix de l’action à la baisse. Apple a dépassé de loin les attentes avec un profit de près de 11 milliards de dollars. Le bénéfice par action a pris l’ascenseur. De plus, les « forward guidances » de Apple sont plus que encurageantes :  la compagnie de Cupertino s’attend au trimestre de Noël le plus rentable de tous les temps grâce à leur nouveau « IPhone de luxe ». Sur cette annonce, le titre a gagné plus de 3%, établissant un nouveau record à 173 USD.

Dans le secteur de la consommation courante, la fréquentation des restaurants Mc Donald ( grâce au rajout de « plats diététiques » à leur offre) a augmenté ce qui explique le bond de leur bénéfice net pour le 3ième trimestre. . Coca-Cola a aussi eu de bons chiffres dépassants les attentes. Nestlé dépasse également les attentes grâce à une  croissance organique solide mais la société veveysanne a déçu au niveau des ventes qui accusent  un léger repli. Le brasseur SABMiller a reporté des revenus en dessous des attentes à cause des ouragans. Starbucks a aussi manqué les attentes à cause d’une activité asiatique plus faible que prévu.

Le luxe se porte bien, même très bien. Pour la plupart des CEO des entreprises du domaine, les perspectives sont bonnes. Richemont a annoncé un « profit warning » positif de bénéfices. Kering a aussi affiché une belle performance grâce à Gucci dont le chiffre d’affaires a augmenté de 49%. La force de l’Euro ne semble pas avoir eu d’impact trop important pour secteur du luxe.

La Banque Centrale Européenne (BCE) a annoncé un ralentissement des achats d’actifs (60 à 30 milliards d’euros par mois) et une prolongation plus longue et illimitée jusqu’en septembre 2018 au moins. La Banque d’Angleterre (BoE) a relevé ses taux pour la première fois depuis plus d’une décennie, tout en faisant allusion à un cycle de resserrement « limité et graduel».

C’était l’essentiel pour cette semaine. L’on se retrouve la semaine prochaine pour connaitre le dénouement de la crise catalane  ainsi que la fin des résultats d’entreprises.

Chronique financière du 2 au 6 octobre : Chiffres de l’emploi décevants après un mois de septembre positif

 

Indices 06.10.2017 Perf.  en % depuis le 01.01.2017
S&P 500 (US) 2’549.33 13.9
Dow Jones (US) 22’773.67 15.2
Nasdaq (US) 6’064.57 24.7
Euro Stoxx 50 3’603.32 9.5
DAX (ALL) 12’955.94 12.8
FTSE 100 (UK) 7’522.87 5.3
Nikkei 225 (JP) 20’66.8 8.2
SMI (CH) 9’252.12 12.6
Hang Seng (HK) 28’458.04 29.4
Gold 1’276.46 10.71
Oil (WTI) 50.53 -8

                                               Source : FUW

          Le mois de septembre a été positif pour les marchés actions américains qui ont atteint de nouveaux records. L’Europe et le Japon ont aussi affiché de belles performances. Cette première semaine d’octobre avait commencé de façon similaire, jusqu’à l’annonce, vendredi, des chiffres de l’emploi américain pour le mois de septembre.

Au lieu de d’une création attendue de 75’000 nouveaux emplois, il y a eu une destruction de 33’000 emplois. Les raisons de ce soudain revirement de tendance (il s’agit de la première destruction d’emplois depuis 2010) sont directement imputables aux ouragans Harvey et Irma. Il s’agit donc d’un problème ponctuel. De plus, sur le même mois le taux de chômage a diminué de 4.4% à 4.2% et le salaire moyen de l’heure a augmenté de 2.9%. « Le 10 ans américain » a été impacté par cette annonce ; son rendement a grimpé à 2.37 car ces chiffres ne devraient pas affecter le programme de resserrement monétaire de la Fed (Réserve Fédérale Américaine).

Cependant, après des enchainements de records boursiers aux États-Unis, poussés par la promesse du plan fiscal de Trump ainsi que des données macroéconomiques encourageantes, il n’est pas exclu que les marchés puissent amorcer une phase de consolidation.

Ce plan fiscal, tant attendu par les marchés depuis le début du mandat du président américain, a été présenté cette semaine devant le Congrès américain. Il ne semble pas rencontrer de divergences auprès des Républicains qui y sont représentés en majorité. Cette réforme propose l’abaissement fiscal des sociétés (de 35% actuellement à 20%) ainsi qu’une taxe fixe de rapatriement des liquidités, une réduction de taxes pour les contribuables les plus riches ainsi que pour la classe moyenne. En revanche, les détails de son financement ne sont pas clairs ; cette réforme pourrait augmenter le déficit budgétaire déjà abyssal.

Au niveau macro-économique, le GDP américain du deuxième trimestre 2017 a été légèrement plus haut que prévu grâce à un accroissement des dépenses des ménages. Le PMI des services, qui passe de 55.3 à 59.8, est est en forte croissance. Les commandes industrielles pour août ont rebondi de 1.2% grâce au secteur des transports témoignant d’une activité économique dynamique. Les inscriptions au chômage ont baissé plus que prévu (260’000 inscriptions au lieu des 265’000 attendus). En revanche, le moral des ménages a légèrement diminué suite aux ouragans.  De plus, l’inflation reste stagnante et le PCE pour le mois aout est sorti à 1.4%.

En Europe, les données macroéconomiques sont aussi globalement bonnes tel que le PMI (Purchasing Managers Index) pour a zone euro qui a atteint 56.7 en septembre. L’inflation européenne est restée inchangée à 1.5 % (core inflation a 1.1%). La Banque centrale européenne (BCE) a publié son compte-rendu dans lequel elle évoque deux scénarios principaux quant à l’orientation future de sa politique monétaire. Le premier scénario consisterait à diminuer le montant des rachats d’actifs en le prolongeant dans le temps. Le deuxième scénario, a contrario, consisterait à réduire les achats d’actifs dans une moindre mesure sans prolongation du programme dans le temps. Les membres de la BCE vont débattre des différentes options possibles. En Allemagne, Merkel a été réélue pour la 4 ième fois à la tête du gouvernement. Le CDU est arrivé en tête des législatives mais elle devra composer avec une coalition qui s’annonce délicate à cause de l’émergence de partis populistes. En Espagne, les séparatistes catalans ont amené des tensions sur les marchés boursiers et obligataires espagnols puis européens par effet domino. Ils envisagent de présenter mardi une déclaration unilatérale d’indépendance malgré l’opposition de la Cour Suprême.

La banque centrale Australienne a conservé sa politique monétaire accommodante en laissant son taux d’intérêt directeur inchangé à 1.5%. Une baisse de 3.5% de l’ « Aussie » contre le dollar avait déjà été entamé.

Cette semaine débute la saison des résultats d’entreprises avec les valeurs bancaires américaines.

 

Chronique du 18 au 22 septembre : Des marchés attentistes jusqu’à l’annonce de la fin du « Quantitative Easing »

Indices 31.08.2017 Perf.  en % depuis le 01.01.2017
S&P 500 (US) 2’502 11.8
Dow Jones (US) 22’349.59 13.1
Nasdaq (US) 5’932.32 22.0
Euro Stoxx 50 3’541.42 7.6
DAX (ALL) 12’592.35 9.7
FTSE 100 (UK) 7’310.54 2.3
Nikkei 225 (JP) 20’280.3 6.1
SMI (CH) 9’136 11.2
Hang Seng (HK) 27’880 26.7
Gold 1’297 12.6
Oil (WTI) 50.53 -3.12

                                               Source : FUW

         

En début de semaine, les marchés sont restés de marbre face aux nouvelles frasques nord-coréennes (car probablement immunisés contre ce type de nouvelles). Mercredi, la Réserve Fédérale Américaine (Fed) a annoncé la fin du QE (Quantitative Easing) ce qui a orienté les marchés à la baisse. Les investisseurs ont pris des profits, en particulier dans le secteur de la technologie qui avait affiché la meilleure performance depuis le début de l’année.

Les marchés devront dorénavant apprendre à vivre sans la politique ultra-accommodante de la Fed. Il n’y aura pas de hausse de taux en septembre mais elle aura certainement lieu en décembre. De plus, l’on attend trois autres hausses durant 2018 malgré une inflation qui peine à atteindre l’objectif des 2 %. L’inflation CPI (Consumer Price Index) sous-jacente (hors éléments volatils tel que l’énergie et l’alimentation) est restée stable à 1.7%.

En détail, la Fed va commencer dès octobre à alléger son bilan qui pèse aujourd’hui USD 4,5 trillions. Elle va réduire ses investissements en bons du Trésor et titres hypothécaires. La réduction sera mise en œuvre progressivement en petites tranches de USD 10 milliards par mois. Le montant sera augmenté de USD 10 milliards par trimestre jusqu’à atteindre un plafond de  USD 50 milliards. D’après la Fed, l’économie va continuer à croitre à un rythme modéré et les ouragans Harvey et Irma n’affecteront pas l’économie à moyen terme. La Fed a d’ailleurs relevé ses prévisions annuelles de croissance à 2.4%. Des indicateurs économiques tels que la baisse des inscriptions au chômage, la hausse de l’activité manufacturière de Philadelphie et la hausse du « Conference Board Index » ont apporté une note d’optimisme. En revanche, l’indice immobilier a récemment dégradé de 64 points en août.

La Fed se montrera très prudente afin de ne pas freiner la croissance économique et  d’éviter un crash des marchés actions et obligataires.  Suite à son annonce, le rendement du « 10 ans américain » a pris l’ascenseur à 2.27 ; le dollar est remonté et se traite à 1.1951 contre euro. Ce qui représente une baisse de la devise américaine contre euro de l’ordre de 14% depuis le début de l’année.

Quant à la Banque Centrale Européenne (BCE),  elle avait reporté ses prises de décisions pour le 26 octobre. Le taux d’inflation actuel de la zone euro est de 1,5%. Bien que la BCE soit en retard sur le cycle de son homologue américain, les derniers mouvements de ce dernier augmenteront la pression sur l’institut européen.

En Europe toujours, le marché portugais a été le grand gagnant de la semaine suite au relèvement de sa note de crédit à la catégorie « investment grade ». La livre sterling s’était bien appréciée suite à la possibilité émise par la Bank Of England (BOE) d’augmenter ses taux directeurs face à un inflation anglaise galopante. Suite à l’abaissement de sa note de crédit par l’agence de notation Moody’s (de Aa1 à Aa2) la Livre est redescendue à 1.34 contre USD.

La BNS s’est aussi réunie cette semaine. Elle s’est déclarée soulagée par la faiblesse actuelle du franc suisse qui se traite à 1.1583. Ce qui représente une baisse de 8% depuis le début de l’année. Cela dit, elle compte garder ses mesures monétaires accommodantes face à un franc suisse qu’elle juge surévalué.

 

GLOSSAIRE :

Le « Conference Board Index » est un indice général qui regroupe les principaux indicateurs économiques américains.

 

 

 

Chronique boursière au 1er Septembre

Indices 31.08.2017 Perf.  en % depuis le 01.01.2017
S&P 500 (US) 2’471 10.4
Dow Jones (US) 21’948 11.6
Nasdaq (US) 5’988 23.1
Euro Stoxx 50 3’421 3.9
DAX (ALL) 12’055 5.0
FTSE 100 (UK) 7’425 4.1
Nikkei 225 (JP) 19’671 2.91
SMI (CH) 8’925 8.5
Hang Seng (HK) 28’004 27.29
Gold 1’319 14.96
Oil (WTI) 46.93 -17.71
MSCI World 1959.74 11.91

                                               Source : FUW

 

 

 

 

Pour la fin du mois d’ août, les marchés ont clôturés en hausse aux Etats-Unis, en Chine, au Japon et en Suisse. En revanche, le marché européen a terminé le mois légèrement en baisse pénalisé par un euro « sur-vitaminé » au grand daim de la Banque Centrale Européenne. Les volumes d’échanges relativement bas observés durant cette période estivale devraient reprendre quelques peu à la rentrée.

Cette semaine, nous avons de nouveau assisté à un regain de tensions géopolitiques suite à un tir de missile balistique tiré par la Corée du Nord au-dessus du Japon. Cette-fois ci, les propos tenus par Trump ont été édulcorés, ce qui a rassuré les marchés boursiers. Le rendement du 10 ans américain a bondit à 2.17.

L’économie américaine est devenue plus forte que prévu au deuxième trimestre. La croissance trimestrielle annualisée du produit intérieur brut (PIB) a été révisée en hausse (3% contre 2.7%) en raison d’une augmentation des dépenses des ménages et d’un regain des investissements des entreprises. Il reste à voir dans quelle mesure l’ouragan «Harvey» pourrait nuire à la croissance future.

Aux Etats-Unis, l’inflation PCE (une donnée suivie de très près par la Réserve Fédérale Américaine) en juillet est restée inchangée à 1.4%. L’indice ISM de Chicago qui donne une idée de l’activité économique dans son ensemble est également resté stable. L’Etat du marché immobilier ne s’est pas montré très dynamique comme en témoigne les promesses de ventes de logement en baisse de 0.8%.

Vendredi les chiffres de l’emploi américain sont sortis décevants avec la création de 156’000 nouveaux emplois pour le mois d’août au lieu des 180’000  nouveaux emplois attendus par les analystes. Pour le mois de juillet, la création des nouveaux emplois a été révisée à la baisse avec 41’000 emplois en moins. Le taux de chômage a légèrement augmenté de 0.1% pour s’établire à 4.4% et le salaire horaire moyen a augmenté de 2,5%.

L’Europe a été sujette à de bonnes nouvelles. Premièrement, l’inflation est montée à 1.5% en août en glissement annuel. Bien que ce chiffre soit au-dessus des attentes, précisons que l’inflation sous-jacente (hors éléments volatils tels que l’énergie et l’alimentation) est restée stable. Cette hausse est attribuée à l’augmentation des prix de l’énergie. La force actuelle de l’euro, cependant, pourrait amortir l’inflation dans les mois à venir. Deuxièmement, le taux de chômage est à 9.1%, au plus bas depuis février 2009. Bien entendu, il s’agit d’une donnée globale pour la zone européenne qui masque des disparités régionales – notamment avec les pays périphériques.

Les PMI chinois ont aussi été très encourageants et sont sortis en territoire  expansif à 51.7. La croissance est de 6.9%.

L’Ouragan Harvey a provoqué  d’importants dommages aux raffineries ce qui a monté le prix de l’essence. Les assureurs devront y faire face. En revanche, le WTI a baissé de -3.42%.

L’euro-dollar a flirté avec sa résistance à 1.20.  L’euro -franc suisse est à 1.14 et la livre contre dollar est à 1.29.  L’or – traditionnellement une valeur refuge – continue son ascension  sous fond de tensions géopolitiques.

Cette semaine :

Jeudi prochain la Banque Centrale Européenne  discutera des chiffres macro-économiques positifs sortis pour la zone Euro.

Chronique du 21 au 25 août : Semaine calme sous fond de bons chiffres macro-économiques


Indice 25.08.2017 Perf. Depuis le 01.01.2017
S&P 500 (US) 2’443 9.1 %
Dow Jones (US) 21’813 10.4%
Nasdaq (US) 5’822 19.7 %
Euro Stoxx 50 3’438 4.5%
DAX (ALL) 12’167 6.0 %
FTSE 100 (UK) 7’401 3.6 %
Nikkei 225 (JP) 19’537 1.7 %
SMI (CH) 8’906 8.3 %
Hang Seng (HK) 27’848 26.6%
Gold 1’291 12.14%
Oil (WTI) 47.76 -11.33%

                                               Source : FUW

 

Les menaces de frappes nucléaires de la Corée du Nord se sont apaisées (du moins pour l’instant) et le pic de nervosité que nous avions observé est redescendu. La volatilité a retrouvé des niveaux historiquement bas. Les volumes de transactions sont également  bas (typique de la saison estivale), d’autant plus que cette semaine les investisseurs sont été attentistes avant la réunion des argentiers mondiaux à Jackson Hole.

Mais la réunion de Jackson Hole n’a pas eu de répercussions sur les marchés car elle n’a fournit  aucun élément pertinent. Yellen n’a mentionné aucune précision quant à sa politique monétaire. De plus, le compte-rendu du dernier meeting du FOMC (Federal Open Monetary Commitee)  avaient fait état d’une absence de consensus quant à la date du prochain relèvement de taux d’intérêt. Des doutes sur une inflation qui peine à atteindre sa cible des 2% sont en cause. En Europe également, l’inflation a été jugée comme « faible » par Dragui.

Le cabinet de Donald Trump se vide de ses conseillers et il se retrouve politiquement isolé. La réforme fiscale tant attendue par les marchés risquera donc de pas avoir lieu de sitôt. Cette semaine, sa dernière pitrerie était de menacer un shutdown du gouvernement (une fermeture du gouvernement) s’il n’obtenait pas les fonds nécessaires à la construction du mur dont il rêve afin de renforcer la frontières mexicaine. Le sujet du relèvement du plafond de la dette revient donc à l’ordre du jour. Encore un élément qui a incité les investisseurs à se détourner du dollar. L’euro a continué son ascension et se traite à 1.1929 contre dollar. L’Ouragan « Harvey » au Texas a ravagé dans son passage un grand nombre d’installation pétrolières.

Au niveau des fondamentaux macro-économique, les derniers chiffres sont sortis positifs. Dans la zone euro, le PMI est passé à 57,4 en août. Les données pour l’Allemagne ont souligné que l’économie a progressé de plus de 2% pour la première fois depuis 2011. L’économie allemande a montré une solide croissance au deuxième trimestre grâce aux dépenses des consommateurs et des investissements. Cependant, la croissance du commerce extérieur a ralenti au deuxième trimestre.

Aux Etats-Unis, les données économiques sont sorties positivement surprenantes. Les ventes au détail ont augmenté de + 0,6% en juillet, soit deux fois plus que prévu. En outre, la valeur du mois précédent a été révisée de -0,2% à + 0,3%. Le baromètre d’activité de la Banque de New York, l’Empire State Index, a marqué une croissance significativement plus forte dans le secteur industriel américain avec une hausse de +9,8 à +25,2 points.

De même au Japon, les chiffres économiques sont encourageants avec un GDP en augmentation de 1% en comparaison avec le trimestre précédent.

En revanche, les données au Royaume-Uni telles de  la croissance de la production et de la consommation, ainsi que le sentiment des entreprises et des consommateurs ont considérablement ralenti,  reflétant l’impact croissant des incertitudes du Brexit.

Chronique boursière du 7 au 13 aout 17 : Le retour de la volatilité

Semaine baissière sur fond de tensions géopolitiques…

L’on avait débuté par une période estivale de calme boursier caractérisée par de faibles volumes d’échanges (période de vacances !) et par une volatilité historiquement basse. Or cette semaine, l’indice VIX (mesurant cette volatilité), a augmenté de plus de 50% pour passer de 10 à 16. La semaine a terminé baissière sur les principales places boursières (mais les performances pour le début de l’année restent encore très bonnes !)

Indice 13.08.2017 Perf. Depuis le 01.01.2017
S&P 500 (US) 2’441 10.4%
Dow Jones (US) 21’858 11.1%
Nasdaq (US) 6’257 21.1%
Euro Stoxx 50 3’477.39 5.7%
DAX (ALL) 12’137 2.79%
FTSE 100 (UK) 7’347 2.13%
Nikkei 225 (JP) 19’537 3.13%
SMI (CH) 8’985 8.08 %
Hang Seng (HK) 27’250 22.19%
Gold 1’281 11.98%
Oil (WTI) 48.54 -9.93%

                                               Source : FUW

Cette baisse des marchés est imputable à la crise de la menace des missiles nord-coréens qui s’est intensifiée avec les Etats-Unis. Cela amené plus de nervosité sur les marchés et a incité les investisseurs à redoubler de prudence. Les marchés sont désormais passé en mode « risk-off » ; ou du retour de l’aversion au risque.

L’appétit pour les actifs dit «de refuges » a augmenté tels que l’or, les obligations souveraines allemandes (BUNDS) et le franc suisse qui avait bien faiblis contre EURO jusqu’à la et qui cote ce matin à 1.14.

Sur le front macro-économique, les chiffres de l’emploi américain pour le mois de Juillet étaient sortis en dessus des attentes :  209’000 nouveaux emplois au lieu de 180’000 attendus par les analystes. Le taux de chômage, lui, est sorti à 4.3%; au plus bas en 16 ans. Ce taux est considéré comme le taux de chômage « naturel » en-dessous duquel il pourrait provoquer des pressions inflationnistes sur les salaires. Ce qui conforterait la Réserves Fédérale Américaine dans la poursuite de sa politique de durcissement monétaire. Cela avait fait augmenté quelques peu le dollars jusqu’ ce que sorte des données de l’inflation en juillet. Elles ont été moins bonnes que prévu. Cette mauvaise surprise a fait émerger des doutes quant à une hausse de taux supplémentaire cette année et a affaibli le dollar à 1.18 contre euro. Le dollar avait déjà bien baissé récemment à cause des aléas politique de Trump. Uniquement pour le mois de Juillet, il avait baissé de 2.6% face à un panier de devises étrangères et cote à 93.30 (DXY).

…Et de valorisations élevées

Les résultats des publications des sociétés arrivent à terme. Le bilan est en positif pour les entreprises américaines où plus du 2/3 des sociétés cotées dépassent les attentes des analystes. Mais leurs valorisations sont relativement élevées qu’il s’agisse en termes de P/E ou du CAPE ce qui motiverai les investisseurs à des prises de bénéfices.

Lexique :

P/E = Price on Earning : ce ratio indique le nombre de fois que l’on paie pour les bénéfices de la société :  il mesure la cherté d’un titre

CAPE = Cyclically Adjusted Price on Earning ou Shiller P/E:  C’est le P/E ajusté à l’inflation

L’indice de volatilité (VIX) au plus bas

Le VIX – jauge de la nervosité des investisseurs-  est nettement en-dessous de sa moyenne depuis 1990. Cela traduit une totale complaisance de la part des marchés. Comme le montre le graphique, un pic de saisonnalité  n’est pas exclu pour la rentrée.

 

IMG_0202

Chronique boursière : Mois de juillet positif pour les bourses américaines portées par les résultats des entreprises

 

Indice 31.07.2017 Perf. YTD
S&P 500 (US) 2’476.35 10.6%
Dow Jones (US) 21’963.92 11.1%
Nasdaq (US) 5’895.17 21.1%
Euro Stoxx 50 3’477.39 5.7%
DAX (ALL) 12’251.29 6.7%
FTSE 100 (UK) 7’423.66 3.9%
Nikkei 225 (JP) 20’082.09 4.6%
SMI (CH) 9’055 10.2%
Hang Seng (HK) 27’5430.23 25.2%
Gold 1’267.25 10.2%
Oil (WTI) 48.83 -8.9%

                                               Source : FUW

 

Le mois de juillet a été haussier pour les bourses américaines, soutenu par des résultats d’entreprises généralement satisfaisants :  deux tiers des sociétés ayant déjà publiés leurs résultats ont dépassé les attentes des analystes. Le Dow Jones a établi un nouveau record et flirte avec les 22’000 points tout en affichant une solide performance de plus de 11% depuis le début de l’année. En revanche, le mois de Juillet a été légèrement négatifs en Europe. Le VIX – la jauge de la volatilité – s’est maintenue très basse durant le mois de juillet, touchant même les 9%.

Parmi les sociétés financières américaines, les résultats trimestriels présentés étaient mixtes. Citigroup a dépassé les attentes mais n’a pas satisfait les investisseurs. Il en va de même pour Bank of America et Goldman Sachs dont les activités de courtage ont déçu.

Les deux grandes banques suisse, UBS et Crédit Suisse, ont publié des solides résultats. UBS a vu ses activités de gestion de fortune croître ; elle enregistre un afflux net de capitaux à hauteur de 32 milliards. Chez Crédit Suisse, le bon résultat est principalement dû à son programme de réduction des coûts. En Angleterre, HSBC a publié de bons résultats grâce à une bonne maitrise des coûts malgré la menace du Brexit.

Parmi les perdants du secteur bancaire, on relève surtout les établissements dont le trimestre a été pénalisé par des démêlés judiciaires divers… Barclays a annoncé une perte suite à une provision de 700 millions de livres pour la commercialisation litigieuse de produits d’assurances de prêt. Wells Fargo et Lloyds sont chacune empêtrées dans des scandales d’assurances crédit. Société Générale a eu un mauvais trimestre impacté par le litige libyen. Les chiffres de Deutsche Bank étaient mauvais suite à des affaires judiciaires. Enfin, JP Morgan, qui a déçu les investisseurs, va devoir verser 71 millions de dollars pour des manipulations de taux d’intérêts.

Beaucoup de banques ont été pénalisées par la faible volatilité qui s’est répercuté sur les activités de trading. Néanmoins, elles devraient bénéficier de l’environnement de hausse de taux actuel ainsi que, pour les banques américaines, de la nouvelle possibilité d’effectuer des buybacks et d’augmenter les dividendes.

Dans le secteur de la consommation courante, les chiffres publiés sont généralement encourageants. Aux Etats-Unis,   Procter & Gamble et Mac Donald ont sorti de bons résultats. En Europe, Adidas a augmenté ses prévisions. Nestlé et Danone ont tous deux excédés les attentes. Inbev dépasse aussi les attentes après son acquisition de SABmiller. Malgré ces bons résultats, ce secteur est devenu relativement cher et affiche des P/E (Price on Earnings) au-dessus de la moyenne.

Dans le secteur du luxe, LVMH (Dior, Louis Vuitton, Hublot), Hugo Boss et Richemont (Cartier, MontBlanc) excédent les attentes. LVMH émet des prévisions prudentes. Kering (Gucci, YSL) et Swatch, dont les résultats n’ont pas été en ligne avec les attentes émettent des prévisions optimistes pour 2017.

Les compagnies pétrolières américaines n’ont pas brillé. Les activités d’exploration et d’extraction d’Exxon ont déçu (Upstream business), mais sa croissance des bénéfices reste bonne. Chevron a raté les attentes en termes de bénéfice par actions. Les pétrolière européennes ont mieux performé et elles ont présenté des résultats au-dessus des attentes : Total a renforcé sa position financière et Royal Dutch Shell a amélioré son cash-flow. Elles ont bénéficié d’un prix du baril moyen légèrement plus cher pour le deuxième trimestre. 

Avec plus de 21% de hausse depuis le débit de l’année, le secteur de la Technologie, malgré sa récente correction, affiche la meilleure performance sectorielle. Dans les gagnant, Microsoft a présenté de bons chiffres grâce à ses activités de « cloud ». Netflix et Verizon ont aussi publié des chiffres supérieurs aux attentes.  Ceux d’Apple sont sorti meilleurs que prévu grâce à un accroissement des ventes. Parmi les perdants ; Twitter accuse une perte et souffre d’une stagnation du nombre d’utilisateurs. Google (Alphabet) a été pénalisé par une amende record de 2.4 milliards de dollars en Europe. Ebay et Amazon ont publiés des chiffres décevants.

 INDICATEUR MACRO-ECONOMIQUES

Les derniers indicateurs économiques publiés furent bon. Aux USA, le GDP va continuer a cru de 2.6%. L’IFO  en Allemagne est sorti très bon à 116. En Angleterre le PMI a augmenté à 55.4

Le FOMC (Federal Open Market Committee) maintient sa position face à un ralentissement de l’inflation qui reste en-dessous de son objectif de 2% mais n’a pas précisé de date quant à la réduction de son bilan. Ces commentaires, qui ont été perçu comme « dovish » (complaisant) par les marchés ont fait baisser le rendement du 10 ans ainsi que le dollar qui se traite à 1.18 contre EUR. Cette faiblesse persistante du  billet vert a aidé non seulement le pétrole à toucher la barre des 50 dollars et mais a aussi aider l’or à se reprendre quelque peu durant le mois de juillet.

La modification de la loi sur la santé s’est soldée par un échec. Ce revers remet en doute la capacité de Donald Trump à respecter son agenda économique sur la loi fiscale. Une réforme fiscale promises attendue par les marchés attendaient…

Chronique boursière du 10 au 14 juillet

Cette semaine, nous avons assisté à une avalanche de chiffres macro-économiques positifs aux Etats-Unis et en Europe. Le Dow Jones et le S&P 500 ont atteint des niveaux records.

PERFORMANCE DES INDICES DEPUIS LE 01.01.2017

Euro Stoxx 50 3’525.94 7.2%
DAX (ALL) 12’631.72 10 %
FTSE 100 (UK) 7’378.39 3.3%
SMI (CH) 9’034.57 9.9%
Dow Jones (US) 21’637.74 9.5%
S&P 500 (US) 2’459.27 9.8%
Nasdaq (US) 5’838.08 20 %
Nikkei 225 (JP) 20’118.86 5.3%
Hang Seng (HK) 26’389.23 19.9%
Gold 1’226.68 6.7%
Oil (WTI) 46.54 -7.11%

Source : FUW

ETATS-UNIS

Les chiffres de l’emploi américain sont sortis au-dessus des attentes avec la création de 220’000 nouveaux postes au lieu des 173’000 attendus. Les indicateurs macro-économiques pour le mois de juin sont sortis en amélioration comparé au mois de mai : l ’indice ISM (57.4), l’indice des nouvelles commandes (60,7) ainsi que le PMI Markit des services sont en augmentation, signe d’une économie en pleine forme.

Le taux de chômage a néanmoins légèrement augmenté à cause d’une hausse du taux de participation. Seul bémol : les salaires horaires moyens stagnent ce qui empêche le niveau de l’inflation d’atteindre l’objectif des 2% fixées par la Fed.

Janet Yellen, la Présidente de la Fed, s’était montrée précédemment inquiète par le niveau elevé du marché des actions. Cette semaine, elle a tenu devant le Congrès un discours complaisant et sans surprise. Convaincue que l’économie américaine est assez robuste pour absorber un nouveau resserrement monétaire, elle a déclaré que la Fed sera prudente dans ses décisions. Les hausses des taux ainsi que la diminution du portefeuille obligataire de la Fed vont être effectué de manière graduelle. Elle a précisé que la Fed commencerait à réduire son bilan probablement avant la fin de l’année. Enfin, elle a ajouté que le taux d’intérêt ne devrait pas beaucoup augmenter à terme.

Ses propos ont rassuré les intervenants du marché qui ont interprété cela comme un ralentissement de la hausse des taux. Le marché des actions ainsi que le marché obligataire ont donc bénéficié de ces propos. Le Dow Jones et le S&P 500 ont touché de nouveaux records historiques. Le rendement du 10 ans américain a baissé à 2.34 et le dollar,  aussi lié au taux d’intérêt,  à également baissé contre le panier de devises étrangères.

Le Nasdaq, quant à lui, avait été pénalisé par la correction des « FAANGS » mais affiche tout de même une belle performance de 20% depuis le début de l’année.

Le secteur de l’énergie a été poussé par un pétrole qui s’est repris : dans la semaine le prix du WTI (West Texas Intermediate) a augmenté de 5.3% et le Brent de 4.5%.

 

EUROPE

Les chiffre sortis en Europe ont aussi été encourageants tels la production industrielle en Allemagne, en France et en Espagne. Le PMI de la zone Euro a augmenté à 57.4 bien en-dessus du seuil des 50 caractérisant une économie en expansion. Suite à ces chiffres positifs, l’euro s’est raffermi contre franc suisse. Une faiblesse du CHF contre EUR démontre une pause de l’aversion au risque de la part des investisseurs.

 

Publication de résultats trimestriels des entreprises…

Nous sommes en début de saison des publications trimestrielles des résultats des entreprises. Vendredi, les financières américaines ont publié des résultats au-dessus des attentes. Cette semaine, des publications de poids lourds de l’économie devraient donner une orientation au marché. En attendant ces résultats, je vous souhaite une excellente semaine.

GLOSSAIRE :

ISM Manufacturing Index : Index basé sur 300 compagnies du secteur manufacturier par l’institut ISM

Chronique boursière du 26 au 30 juin : Premier semestre 2017 positif sur les actions et l’or.

 

PERFORMANCES DES INDICES DEPUIS LE 01.01.2017

 

S&P 500 (US) 2’423 8.2%
Dow Jones (US) 21’349 8.0%
Nasdaq (US) 5’646 16.1%
Euro Stoxx 50 3’441 4.6%
DAX (ALL) 12’325 7.4%
FTSE 100 (UK) 7’312 2.4%
Nikkei 225 (JP) 20’033 4.8%
SMI (CH) 8’906 8.4%
Hang Seng (HK) 25’764 17.1%
MSI World Index 1’916 9.3%
Gold 1’241.68 7.8%
Oil (WTI) 45.87 -16.4%

                                   Source : FUW

 Vers la fin de divergences de politiques monétaires ?

Mario Dragui, le Président de la Banque Centrale Européenne (BCE), a donné cette semaine un discours optimiste. Il a annoncé qu’il ne voyait plus de risques déflationnistes pour la zone Euro. Bien que son discours ait été sujet à des spéculations quant à la direction future de la politique monétaire de le BCE, cela a envoyé l’Euro au plus haut depuis un an. La devise européenne a terminé le semestre à 1.14 contre dollar. Elle a pris 8.78 % depuis le début de l’année.

Après une augmentation ce mois-ci du taux directeur américain de 25 points de bases de la part de la Reserve Fédérale Américaine (FED), La Banque Centrale Européenne (BCE), Bank Of England (BOE) et Bank of Canada (BOC) semblent envoyer elles aussi des signaux moins dovish (complaisants) aux marchés. Ces signaux inattendus ont fait baisser le dollar contre les autres devises car dans ces conditions, le billet vert perd de son attractivité ; son rendement devient relativement moins intéressant. En revanche, cela à fait augmenter le rendement du bon du trésor américain à 10 ans à 2.29%.

Ce premier semestre a été caractérisé par une volatilité basse malgré le lot d’incertitudes politiques dont nous avons discuté dans nos précédentes chroniques. Mais à fur et à mesure que les banques centrales retireront leurs liquidités des marchés, cette volatilité devrait augmenter.

Au niveau macroéconomique, l’inflation peine toujours à décoller. L’inflation sous-jacente pour la zone Euro (l’inflation exemptée des éléments volatils tels que l’énergie et l’alimentation) est sortie à 1.3% pour le mois de juin (contre 1.4% pour mai). Pour les Etats-Unis, le PCE (l’indice suivis de près par la Fed) a également ralenti et est sorti à 1.4% pour mai.

Rotation sectorielle : Des performances disparates

Affichant une généreux 16% depuis le début de l’année, le secteur de la technologie conserve la meilleure performance semestrielle du S&P 500 malgré les faiblesses des FAANG (Facebook-Amazon-Apple- Netflix- Google) qui lui ont couté -3% de baisse cette semaine.

Le secteur de la santé affiche la deuxième meilleure performance du S&P 500 avec 15% bien que le report du vote sur la réforme de la santé au 4 juillet l’ait fait faiblir cette semaine de -1.7%.

Le secteur de la finance a bien performé cette semaine suites aux bonnes nouvelles parues. La FED va autoriser l’augmentation des dividendes et des rachats d’action à 35 banques. De plus, toutes les banques américaines ont passé les stress tests avec succès (ce sont des tests de résistance bancaire face à des situations de crises). Enfin, les valeurs bancaires ont aussi été aidées par la hausse du taux américain car cela accroit leurs marges. Le secteur a pris 4.1% dans le mois.

Le secteur de l’énergie a été le gros perdant du semestre ( -14.7%). Il a été entraîné par la chute du pétrole. Uniquement sur le mois de juin, il a perdu 10 USD à cause d’une offre de brut excédentaire. Cela dit, la faiblesse récente du dollar américain a limité quelque peu la casse.

LES PRINCIPAUX INDICES AMERICAINS DEPUIS LE 01.01.2017

 

Capture d_écran 2017-07-03 à 10.36.25

Source : Swissquote

Fortement influencée par les marchés américains, la bourse européenne (Stoxx 600) a eu des performances sectorielles pour le semestre très similaire. Les secteurs de la technologie et de la santé (respectivement 12.4% et 13.7% de performance) sont en tête et la plus mauvaise performance a été attribuée au secteur de l’énergie (-11%). L’Euro sera à surveiller car sa hausse récente pourrait pénaliser les entreprises européennes exportatrices.

Cette semaine, nous serons en attente du rapport mensuel des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis et des enquêtes PMI (Purchasing Managers Index). Nous serons aussi en attente de la saison des publications trimestrielles des entreprises.

 

Un marché de divergences…

Secousses sur le Nasdaq

Le Nasdaq ( l’indice phare des valeurs technologiques) ne s’est pas totalement remis des turbulences récentes qu’il a subi suite au mini crash des « FAANG » (Facebook-Apple- Amazon-Netflix- Google). Ces valeurs avaient emporté dans leur sillage les autres valeurs technologiques de l’indice. Les FAANG ont vite remonté ; des traders ayant profité d’acheter ces titres sur faiblesse. Cela dit, elles accusent tout de même des pertes de l’ordre de 4% depuis leur plus hauts.

Pendant ce temps, le Dow Jones – un indice plus défensif regroupant 30 majors américaines – continuait son ascension à des records historiques . Nous avons assisté à une divergence entre le Nasdaq et le Dow Jones. Ces 5 dernières années, le Nasdaq a pris 135% alors que le Dow Jones a augmenté de 69%. Depuis le début de l’année, le Nasdaq affiche une performance de près de 19% alors que le Dow Jones affiche une performance plus modérée de 8.27 %.

Au niveau sectoriel c’est le secteur de la santé – qui inclue les grands groupes pharmaceutiques, les « medtechs », des assureurs ainsi que la « biotech » – qui a le mieux performé cette semaine. Cette performance est due à la proposition de réforme sur la loi de la santé proposée par les Républicains,

Les valeurs pétrolières en chute libre

Les valeurs pétrolières ont poursuivi leur chute libre à cause d’un excès d’offre de pétrole sur le marché. Elles sont pénalisées par un pétrole qui est également en chute libre depuis le début de l’année (environ 20%). L’indice DJ US Oil and Gas (indice sur les valeurs pétrolières américaines) a perdu près de 16% depuis son pic en mi-décembre. De plus, une pléthore de titres pétroliers ont été revu à la baisse (downgrade) par des analystes ce qui ne devrait pas jouer en leur faveur.

Réunion de la Banque Centrale Américaine ..

La dernière réunion de la Banque centrale Américaine (la Fed) s’est achevée par un relèvement du taux directeur de 25 point de bases déjà largement anticipé par le marché. De plus, elle a annoncé qu’elle commencera cette année à réduire la taille de son bilan. C’est le deuxième outil de normalisation que la Fed a à sa disposition. L’on attend également dans l’année une hausse de taux supplémentaire de 0.25 % ainsi que 3 hausses de taux pour 2018. Mais le rendement du 10 ans américain est tombé à 2.15. La courbe des taux s’aplatit. Cette divergence s’explique par le fait que les investisseurs n’anticipent pas d’inflation. D’ailleurs, l’inflation n’a pas encore atteint le chiffre de 2 % qui est l’objectif de la FED. Cette inflation est aussi pénalisée par un prix du pétrole en chute libre.

…Puis décision de la BOE (Bank of England)

En Angleterre, Theresa May perd la majorité. Ce qui augure un « Brexit » moins « smooth » que prévu. Du coup, la Livre Sterling continue de chuter. Elle se traite à 1.27 contre USD . La BOE a adopté un « Statu Quo » : malgré les dernières données inflationnistes, elle n’a pas augmenté ses taux pour ne pas risquer d’entraver une croissance jugée faible.

Chronique boursière de 1 au 5 mai : En attendant dimanche.

 Cette semaine nous ne pouvions pas échapper au thème de l’élection présidentielle française qui aura lieu dimanche.

Comme évoqué lors de notre dernière chronique, les marchés se comportent sereinement car ils escomptent une victoire du centriste Macron. Cela se reflète aussi dans le mouvement de hausse de l’Euro qui a fait un pic contre dollar (aujourd’hui il se traite à 1.097). Mais cela ce reflète aussi dans une volatilité – qui est la jauge du niveau de panique des investisseurs – au plus bas.

Une victoire de Le Pen, dont la ligne politique est anti-euro, aurait des  conséquences catastrophiques pour l’Euro et les marchés boursiers.  L’euro chuterai contre le dollar. De plus, le franc suisse s’en trouverait aussi renforcé au désespoir de la Banque Nationale Suisse.

Leur unique débat télévisé de mercredi soir fut des plus violents. La véhémente Le Pen, dont la moins bonne connaissance des dossiers économiques a été flagrante, a très vite pris une position agressive cherchant à mettre KO son adversaire. M Macron – plus pragmatique- a été plus convaincant selon 63% de téléspectateurs sondés.

Lors de la réunion de mercredi, la banque fédérale américaine (Fed) a laissé ses taux inchangés. Elle a argumenté que le ralentissement économique révélé par les derniers chiffres PMI (Purchase Manager Index) est jugé temporaire. Les prévisions de la Fed tablent toujours sur deux hausses de taux d’ici la fin de l’année.

Les chiffre de l’emploi d’avril aux USA sont sortis aujourd’hui bien au-dessus des attentes avec une création de 211’000 emplois ce qui rabaisse le taux de chômage à 4.4%.

Les résultats trimestriels de Apple n’ont pas été à la hauteur des attentes. Bien que le revenu soit en hausse, les vente d ’iPhones ont décliné. L’augmentation de leur revenu s’explique par les ventes de iWatch (les montres connectées). Le CEO, Tom Cook, a justifié cette performance due à un dollar trop fort.  De plus, la compagnie est confortablement assise sur 250 milliards de dollars en cash détenus à l’étranger. Le problème pour Apple est d’éviter un prélèvement fiscal (actuellement de 35%) si elle rapatrie ce cash aux USA. Facebook, dont le bénéfice est nettement en hausse, va atteindre 2 milliards d’amis !

Trump a réussi à faire accepter l’abrogation de l’Obamacare à la Chambre des Représentants. Mais l’acceptation de cette réforme au Sénat risque d’être plus ardue…affaire à suivre…

Je vous souhaite une excellent week-end et vous donne rendez-vous la semaine prochaine afin de découvrir si les marchés ont eu raison de tant de sérénité. Ou si nous allons assister à un retournement de situation dimanche.

Chronique boursière du 24 au 29 avril : Les marchés rassurés par le 1er tour des élections présidentielles françaises

Lors de notre dernière chronique, le marché s’inquiétait d’un éventuel scénario catastrophe avec un duo Le Pen – Mélenchon au premier tour.  Mais les votes ont été à la faveur d’un duel Macron – Le Pen, ce qui rassuré les marchés qui ont terminé leur semaine en hausse. Le CAC a clôturé à 5’267 points et le DAX à 12’438 points.

L’Euro a aussi été renforcé et a touché brièvement les 1.09 contre dollar. Ce pic est le plus haut atteint depuis l’élection de Donald Trump.

A l’heure actuelle, le marché s’attend clairement à une victoire du centriste Macron, un ancien banquier d’affaires de 39 ans. Cela est notamment reflété dans le spread OAT (Obligation assimilable du Trésor) contre le Bund allemand qui s’est détendu. Mais aussi, face au soulagement de l’exclusion d’une finale entre deux candidats eurosceptiques, le rendement du Bund allemand est également redescendu. Il en va de même avec les primes de risques des pays périphériques tels que l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce.

Rappelons qu’une victoire de la candidate du front national serait catastrophique pour la zone Euro. Dans son programme, Mme le Pen soutient la suppression de l’Euro ce qui conduirait à une grande instabilité sur les marchés.

Au plan domestique, la réponse à ce résultat n’a pas tardé à se faire sentir en France par une manifestation antifasciste à Paris en guise de protestation. Effectivement, les partis de gauche ont été complétement sanctionné par ce scrutin.

Lors de la réunion de la Banque centrale européenne, M. Dragui, a gardé ses orientations de politiques monétaires inchangées en dépit de la reprise qu’il a qualifiée «de plus en plus solide ». Pour rappel, les chiffres macroéconomiques européens étaient sortis globalement bons, mais M. Dragui attend des signes d’inflation plus persistants.

Aux Etats-Unis, le Président souhaite faire baisser les taxes des entreprises actuellement de 35% à 15% pour stimuler l’emploi. Cette mesure vise aussi à inciter les entreprises à revenir sur le sol américain. Mais aussi, bien évidemment, à rapatrier leurs bénéfices aux Etats-Unis. Cette réforme fiscale n’est pas gagnée, car à l’instar de l’échec cuisant de la suppression de l’Obamacare, elle risque de rencontrer de vives oppositions au congrès d’autant que les membres de celui-ci préféreraient un taux d’imposition à 20%. A côté de cela, Monsieur Trump, a aussi déclaré qu’il était prêt à renégocier les accords de l’ALENA (l’Accord de libre-échange Nord-Américain) avec le Canada et le Mexique.

La Banque du Japon a maintenu sa politique de relance inchangée tout en réduisant ses prévisions d’inflation. En Suède, la Riksbank a décidé de manière inattendue d’étendre son programme d’achats d’obligations au deuxième semestre de cette année.

Les résultats trimestriels des entreprises américaines sont globalement bons, ce qui dénote un retour à la croissance des bénéfices. On cite Unilever, Mac Donald et Pepsi qui dépassent les attentes des investisseurs. En revanche, son éternel rival, Coca-Cola n’a pas eu des résultats très pétillant et a annoncé des suppressions d’emplois. Les chiffres de Boeing étaient aussi en-dessous des attentes.

En ce qui concerne les entreprises technologiques, Amazon et Twitter ont sortis des chiffres au-dessus des attentes des analystes. Il en est de même pour Alphabet (Google) qui a établi son record en bourse. Microsoft a fait de bons chiffre grâce à ses activités dans le Cloud. Le Nasdaq a franchi pour la première fois la barre des 6’000 points. Il se traite à environ 20% de plus qu’en 2000 lors de l’éclatement de la bulle technologique.

Les entreprises suisses ont eu des résultats positifs ce qui confirme une conjoncture encourageante. Nestlé, UBS et Roche ont présenté de bons résultats. Les bénéfices de Swiss se sont envolés malgré un pétrole qui a bien augmenté. Swiss doit cette bonne performance à une amélioration de son taux de remplissage. Le SMI se rapproche au plus haut de tous les temps (8837) et vendredi soir il a clôturé à 8812.

Cette semaine nous aurons des chiffres macro-économiques tels que les chiffres de l’emploi aux Etats-Unis, une réunion de la Réserve Fédéral ainsi que les résultats d’Apple. Je vous dis à la semaine prochaine pour en connaître la teneur.

Revue de marché de Pâques

Nous sommes en pleine saison des résultats trimestriels. Goldman Sachs et Johnson & Johnson ont publié des résultats décevants. En revanche, JPMorgan et Citigroup ont publié des chiffres au-dessus des attentes.

Le match Xi vs Trump s’est soldé par un revirement de position de ce dernier. En totale opposition avec ses discours de campagne présidentielle, M. Trump, dorénavant, ne considèrera plus la Chine comme manipulatrice de devises.

Cela dit, de son côté, M Trump a aussi déclaré « que le dollar était en train de devenir trop fort ». Cette mise en garde avait eu comme effet de faire baisser la devise américaine et monter l’or dont la corrélation est généralement inverse.

Le paradoxe réside dans le fait que les politiques fiscales envisagées par le président américain sont en contradiction avec son souhait d’un dollar plus faible. En créant une surchauffe de l’économie,  les taux d’intérêt monteront plus vite que prévu ; ce qui devrait renforcer le dollar.

A côté de cela, Mme Yellen a déclaré être préoccupée par l’indépendance de la Banque Centrale Américaine dont elle assure la présidence. Plusieurs projets de loi déposés devant le congrès américain pourraient faire surgir des pressions politiques dans ce sens. Il n’est pas inutile de rappeler que l’indépendance d’une banque centrale vis-à-vis des politiques est une condition « sine qua non »  pour assurer son bon fonctionnement.

Dans les préoccupations actuelles sur la scène géopolitique, on relève la crise syrienne et les tensions avec la Corée du Nord. Ces incertitudes orientent les valeurs dites « de refuge » telles que l’or, le franc suisse et le yen à la hausse. Cela se traduit sur les marchés par une volatilité qui augmente doucement mais surement. Le VIX – indice de volatilité du S&P 500 –  a atteint son plus haut point depuis l’élection présidentielle début novembre 2016.

En Angleterre, l’inflation britannique a encore gagné du terrain. Mme May, a convoqué la tenue d’élections législatives anticipées le 8 juin afin de renforcer sa majorité pour négocier le Brexit. Ces deux éléments ont lifté la Livre Sterling à 1.2795 contre USD. Cela dit, depuis le referendum du Brexit en juin dernier, la devise britanique avait baissé de l’ordre de 16% contre dollar.

En France, les instituts de sondages envisagent l’élection de Marine le Pen improbable. Mais souvenez-vous, ces mêmes enquêtes avaient aussi prédit l’élection de Donald Trump comme impossible… Il est donc sage de ne pas trop se fier à ces enquêtes qui, de par leur nature, peuvent s’avérer biaisées.

Dans son programme, Marine Le Pen préconise un Franxit et un retour au franc français. Ce serait un scénario catastrophe pour l’Europe. De l’autre côté du spectre politique, une victoire de Mélenchon serait aussi catastrophique pour les marchés.  Le spread du OAT (obligation assimilable au trésor) contre le Bund allemand sera à surveiller de près. C’est le baromètre du niveau de panique des investisseurs. De plus,  une attaque perpétrée à Paris à un moment politiquement délicat pourrait bouleverser la campagne présidentielle en faveur de l’extrême-droite. Pour l’instant l’euro s’est affaibli face aux autres devises et traite à 1.07 contre dollar.

Note finale positive au niveau macroéconomique en Europe ; les indices PMI (manufacturiers et services) d’avril en sont sortis globalement assez  encourageants.

Lundi nous aurons en France le 1er tour de l’élection présidentielle qui pourrait s’avérer crucial pour les marchés. Pour l’instant les bourses restent prudentes à la veille du scrutin. Je vous dis à la semaine prochaine pour décortiquer ces nouveaux résultats.

Chronique boursière du 3 au 7 avril : fin de trimestre sur une note positive

Ce premier trimestre 2017 a terminé en hausse sur la plupart des marchés actions des pays développés, à l’exception du Japon, qui n’a pas eu un trimestre très percutant.

Si l’on ne prend en compte que le mois de mars, les marchés américains sont rentrés pour la première fois de l’année en terrain négatif, avec le S&P clôturant à 2’355 points et le Dow Jones à 20’656 points. Les États-Unis sont-ils en perte de souffle ?

En Europe, malgré des incertitudes politiques, les indices européens terminent le mois sur une note positive. Les élections françaises préoccupent les investisseurs, qui se couvrent par le biais d’options contre une possibilité de crash du CAC40 (l’agence Standard and Poor’s reste beaucoup plus détendue que lesdits investisseurs et a maintenu ses perspectives stables sur la France, de même que confirmé la note AA de la dette française à long terme).

De L’autre côté de la Manche, le Brexit reste un sujet de préoccupation actuel, même si sa matérialisation ne se fera vraisemblablement sentir qu’après une longue période de négociation avec l’Union Européenne.

En début de semaine, le Crédit Suisse a subi des accusations de fraudes. Cela a mis les valeurs bancaires suisses sous pression…

Mercredi, aux États-Unis, les chiffres ADP ont dépassé les attentes, avec la création de 263’000 nouveaux emplois. On relève aussi l’annonce de la baisse du déficit américain ; mais cela n’a pas pour autant réjouit les marchés, qui sont restés prudents en attendant les chiffres de l’emploi du vendredi publiés par le gouvernement.

Les fameuses minutes de la Fed (compte-rendu de la dernière réunion de la banque centrale américaine) sont sorties ! La banque envisage de commencer à diminuer son bilan (actuellement de USD 4’500 milliards) en papiers du bon du trésor et de titres hypothécaires dans le courant de l’année. Ces titres avaient été précédemment achetés par la banque pour soutenir l’économie. Leur revente va probablement ralentir la hausse des taux d’intérêts pour 2017. Cette nouvelle n’a bien sûr pas enthousiasmé les marchés.

Jeudi, la communauté financière avait les yeux rivés sur la rencontre Trump, versus Xi, pour un round de négociations. Rencontre très attendue, puisqu’à eux deux, ils couvrent le tiers de l’économie mondiale ! Cette rencontre sera capitale pour déterminer leurs relations économiques et politiques futures. Dans ce match, Trump a comme opposant un adversaire expérimenté. Aura-t-il l’envergure nécessaire pour ce genre de négociations ?

En marge de cette rencontre, Trump a déclenché des frappes aériennes en Syrie ; ce qui a irrité Poutine au plus haut point. Conséquence logique : les marchés se sont mis en mode « risk-off » et le rendement du bon du trésor américain a continué sa descente. En fin de semaine, le rendement du 10 ans américain valait 2.38. De même, l’or (autre actif refuge par excellence) a quelque peu grimpé et se traitait à USD 1’254 l’once.

Dragui, président de la Banque Centrale Européenne, a répété que l’inflation Européenne n’était pas suffisamment forte pour justifier une hausse des taux. Après ses commentaires, l’euro a naturellement baissé contre le dollar américain. Il se traitait en fin de semaine à 1.059. En Angleterre, même son de cloche, où l’inflation seule ne justifie pas plus une hausse des taux. La livre sterling est descendue à 1.237 par rapport au dollar.

Pour finir la semaine, les chiffres mensuels de l’emploi, tant attendus du premier vendredi du mois, émergeaient de très mauvaise façon, à la grande surprise de la Réserve Fédérale elle-même. Le rapport a annoncé la création de 98’000 nouveaux emplois au lieu des 180’000 prévus. En revanche, le taux de chômage pour le mois de mars est descendu à 4,5%. C’est là le taux le plus bas en dix ans ! Le revenu moyen par heure a quant à lui augmenté de 2,7%, en glissement annuel.

Lundi, nous assisterons au début des publications trimestrielles. Cette semaine nous aurons également des poids lourds bancaires américains, tels que JP Morgan, Bank of America, Wells Fargo et Citigroup…

Merci d’avoir lu cette chronique ! Je vous donne rendez-vous à la semaine prochaine, pour connaître les résultats trimestriels ainsi que la teneur de leurs « forward guidances ».